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Cyprien youtubeur
© Capture d'écran YouTube / Cyprien

YouTubeur : faut-il rejoindre un network pour exister ?

Le 17 janv. 2019

Pour augmenter ses revenus quand on est vidéaste, faut-il rejoindre un « network » ?« Ça dépend », selon l'expert en marketing et auteur de l'ouvrage YouTubeur Jean-Baptiste Viet. On vous explique.

Vivre de ses vidéos sur YouTube : quelques pointures y arrivent et gagnent gros. Mais soyons honnêtes, dernière les strass et paillettes, pour la majorité des vidéastes, c'est la galère. Même avec des milliers de vues, les revenus ne sont pas au rendez-vous. Dans son ouvrage Youtubeur, créer des vidéos et des millions de vues sur YouTube (Eyrolles,  2ème édition, 16€), Jean-Baptiste Viet fait le point sur les possibilités de monétisation. La plus connue ? Le revenu généré par la publicité AdSense, la régie de Google. Problème : les revenus sont aléatoires et faibles (environ 70 centimes pour mille vues). Alors, la tentation de se tourner vers un « Network » est forte.

Quoi, t'as pas de « network » ?

Presqu'inconnus du grand public, ces MCN (« multi-channels network ») sont l'équivalent d'agents pour les youtubeurs. Nombreux sont ceux qui ont le leur. Mister V chez Studio Bagel (Canal+), Clara Channel chez Rose Carpet et Golden Moustache (M6), Emma CakeCup chez Finder Studios (TF1), ou Norman et Cyprien chez Mixicom (Webedia). Avant, on avait son agent. Aujourd'hui, on a son Network.  

« Ils aident les chaînes à se professionnaliser en offrant des lieux de tournage, des moyens techniques, de l'expertise, des conseils pour grandir, de nouvelles opportunités de business grâce au brand content (partenariats avec les marques), des facilités pour créer des collaborations avec d'autres youtubeurs, des catégories de musiques, etc. », explique l'ouvrage. 

En contrepartie, les « networks » se rémunèrent 30% en moyenne sur les revenus publicitaires. Comment ? « La marge (...) se fait (...) sur les revenus nets AdSense que vous verse YouTube et sur les partenariats en direct avec les marques qu'ils arrivent à vous vendre. » Si vous touchiez 55% des revenus AdSense, vous n'en toucherez plus que 38%. 

Dans quel cas faut-il rejoindre un Network ? 

Jean-Baptiste Viet scrute les tendances de l'influence depuis 10 ans. Pour lui, le constat est sans appel : si l'on est une petite chaîne, on n'a pas intérêt à rejoindre un « network » : « Lâcher 30% de ses revenus publicitaires, c'est vraiment beaucoup. Auparavant, ces groupes protégeaient les petits créateurs. Ils leur apportaient des conseils juridiques et négociaient pour eux les droits d'auteur, en cas d'utilisation d'images ou de sons externes. Mais aujourd'hui, l'arrivée de l'article 13 sur la propriété intellectuelle, couplée aux outils de détection automatique de YouTube, mettent networks et créateurs sur le même plan. » Par ailleurs, l'expert précise que les « grosses boîtes n'ont pas le temps de s'occuper des petites. Elles vont préférer miser sur les grands ». Avec plus de potentiel pour les marques

Attention aux arnaques 

Certaines boîtes sont reconnues par la profession... Mais d'autres font miroiter aux petites chaînes des idées de grandeur, sans les atteindre jamais. « Je recommande aux petits de faire attention. Ces networks ont le contrôle de la publication puisqu'ils deviennent souvent co-éditeurs, et donc co-propriétaires de la chaîne. Le créateur doit partager les droits d'accès. J'ai encore reçu aujourd'hui un mail de youtubeur cuisine aux 700 000 abonnés. Il est embarqué jusqu'en 2020 alors que son network ne lui rapporte rien ». 

Vers un modèle mixte 

Si une chaîne est trop petite, il existe un autre moyen pour les vidéastes de travailler avec un « network » : mettre à profit son expérience d'écriture vidéo. Golden Moustache, par exemple, fait appel à de nombreux auteurs, youtubeurs ou pas. « L'artiste est rémunéré, que la vidéo fonctionne ou non, sans être obligé de construire une communauté. » 

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