Sniper allongé dans la neige avec visage flouté

Les 4 réflexes de l’investigateur pour éviter d’être traumatisé par les images de guerres sur Internet

Ce n'est pas parce qu'on peut tout voir sur Internet qu'il faut croire qu'on est prêt à tout regarder. Et surtout quand on se lance sur les terrains de guerre. Le média d'investigation Bellingcat fourni quelques conseils. 

Avez-vous déjà entendu parler de l’OSINT ? « L’Open Source Intelligence » , ou « Renseignement de Source ouverte » constitue aujourd'hui un élément fondamental des opérations de renseignement des gouvernements. En fouillant scrupuleusement l’information sur Internet et les réseaux sociaux, les investigateurs peuvent parvenir à résoudre des enquêtes, identifier des zones de conflit ou même retrouver des suspects. Condamnés à écumer des images et des films émanant du terrain, les investigateurs en open source doivent être prêts à affronter d’éventuelles séquelles traumatiques et psychologiques. Spécialisé dans des enquêtes basées sur des indices trouvables en ligne, le média Bellingcat a dressé un guide pour éviter de sacrifier sa santé mentale au nom de l’information, notamment au Moyen-Orient. En voici les grands points clés.

Pour anticiper le burn-out, analyser sa propre sensibilité

Dans l’ensemble, la détresse mentale générée par la recherche en open source n’arrive pas immédiatement. Elle vient plus tard, après de longues heures à scroller sur les atrocités dont seul le genre humain est capable. Pour Bellingcat, il faut se connaître, et déterminer quel type d’image vous affecte le plus. Pour certains, la vue de blessures physiques est la principale source d’anxiété. Pour d’autres, le simple son de cris d’enfants en détresse peut suffire à flancher. Ainsi, Bellingcat invite les journaliers de l'OSINT à se préparer mentalement et donne quelques conseils avisés.

Éviter l’affect, préserver son cocon et celui des autres 

Pour mieux s’en sortir, Bellingcat préconise de prendre en compte la résonance de sa propre histoire et de son environnement avec les images étudiées, pour éviter que le parcours de l’investigateur puisse être trop connecté aux images qu’il étudie. Lier l’affect, la culture, l’identité à ce que l’on observe à l’écran peut non seulement altérer la qualité du traitement de l’information, mais vous toucher plus profondément encore. L’aura de ces images et de ce travail est telle qu’il est d’ailleurs préférable, si possible, d’éviter de faire ce travail depuis chez soi, afin d’éviter de polluer son espace de vie par les terribles ondes émanant de ces images. Entre collègues investigateurs d'ailleurs, pas question de montrer des vidéos sans annoncer ce que l'on s'apprête à partager. Tout choc possiblement évitable doit être évité.

Les 4 réflexes de l’investigateur au travail sur les réseaux sociaux :

Sur Twitter, YouTube et Facebook, il existe plusieurs manières pour réduire le risque de traumatisme secondaire lorsque l’on se lance en recherche en open source.

1 - Règle n°1 : Placer les vidéos sur « mute »

En convergeant les regards de plusieurs analystes, Bellingcat s’est rendu compte que l’impact du son sur l’investigateur pouvait être plus difficile à supporter que l’image elle-même. 

2 - Règle n°2 : Ne pas forcer la relecture des scènes violentes

Quand la vidéo est en pause sur YouTube par exemple, il est possible de glisser sa souris au bas de l’écran pour prévisualiser la suite. Une bonne façon d’éviter le face-à-face avec une scène trop difficile, et de noter à quel moment de la vidéo elle se trouve pour mieux l’esquiver.

3 - Règle n°3 :  Désactiver  « l’auto-play »

Sur les réseaux sociaux, une fonctionnalité vous invite à lancer automatiquement une nouvelle vidéo suggérée quand l’une se termine. Pour tout investigateur, cette fonction doit être désactivée pour éviter toute mauvaise surprise. 

4 - Règle n°4 : Traduire les titres des vidéos

Dans le cadre d’une vidéo étrangère, traduire le titre et y déceler certains mots-clés peut aussi permettre de savoir à quoi s’attendre. Si les termes  « bombes » ou  « tortures » apparaissent dans le titre, mieux vaut prendre ses précautions effectivement…

Source : Bellingcat

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