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Sundy Jules
© YouTube / Sundy Jules

À la rencontre de Sundy Jules, influenceur Tik Tok et riche... grâce à son talent et son agent

Le 12 févr. 2019

Le jeune influenceur Sundy Jules attire les followers par millions et les marques comme des mouches. Mais comment fait-il ?

Il fait partie de la nouvelle génération d’influenceurs qui surfe sur des réseaux dont vous connaissez à peine l’existence. Même pas 20 ans, et déjà plus de 3,5 millions d’abonnés au compteur sur Instagram, YouTube et Tik Tok, la nouvelle manne de ceux qui veulent toucher les 13-17 ans. Ce réseau social a déferlé dans les cours de récré en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer « génération Z ». Depuis, l’appli revendique 500 millions d’utilisateurs mensuels dont 2,5 en France en 2018. La communauté de Sundy Jules a tapé dans l’oeil des marques avec lesquelles il travaille régulièrement, sous l’égide de Foll-ow, son agence.

« La création de contenu est plus importante sur Tik Tok que sur Instagram. Et l’engagement est multiplié par deux parce que les jeunes ont un téléphone accroché à la main », explique Ruben, co-fondateur de Foll-ow. Le directeur du management des influenceurs de Foll-ow analyse pourquoi Sundy Jules séduit des marques auxquelles on ne s’attendrait pas forcément : « Pour la MAIF, c’était un moyen de toucher un public jeune aux gestes de premiers secours ». Un « message fort », en cohérence avec « l’image de grand frère » que revendique le vidéaste de 19ans.

Alors, dans une vidéo mise en ligne sur YouTube en novembre 2018, Jules se met en scène pour sensibiliser ses fans. En un peu moins de 5 minutes (et 223 000 de vues), il détaille comment il a pu apprendre les gestes qui sauvent. « Moins de 20% des gens connaissent les gestes de premiers secours. Et c’est très important, ça peut sauver des vies.»

Sur Tik Tok, Jules a travaillé avec Sodexo. Le concept pour les participants ? Reproduire l’une des performances de l’influenceur avec le hashtag « SodexoChallenge ». Cette mécanique clé est au coeur de Tik Tok, qui chaque semaine incite ses inscrits à participer à des challenges, et donc produire du contenu, avec l’espoir d’être repris et vu par des millions de personnes. L’opération a généré plus d’un million de vues sur la plateforme.

Trente pour cent

Pour gérer de telles opérations, Sundy Jules fait confiance à son agent. Foll-ow encaisse 30% de commission sur les contrats. Un pourcentage estimé « important » par Ruben. Cet ancien des partenariats avec les influenceurs pour la boutique en ligne Rad.com explique ce prix par la rareté : « Clairement, ce que l’on fait n’existe pas ailleurs. On est spécialiste dans le management d’influenceurs, avec une vraie barrière à l’entrée. On ne dit pas oui à tout le monde. »

Avant de signer un influenceur, l’agence a mis au point un questionnaire pour mieux connaître ses talents. « On veut connaître ses objectifs, ce qu’il aime, les marques qu’il affectionne, son univers, les opérations qu’il aimerait faire, des sujets qu’il a envie de défendre, ses projets pour plus tard. Quand on reçoit les demandes, on est déjà orientés. Ensuite, on va voir s’il y a une affinité avec la communauté de Jules, s’il a envie de parler de cette marque, ce voyage ou cet hôtel. Ensuite, on entre en négociation avec la marque, on voit les différents canaux : YouTube, Tik Tok, Instagram. Une fois qu’on a mis en place le budget, on s’occupe du contenu créatif. »

Succès express

Pour de très jeunes influenceurs, qui n’y connaissent souvent rien en négociation ou en contrat, c’est l’opportunité de bénéficier d’un cadre rassurant et de nouveaux projets avec des marques. « On peut vraiment devenir connu du jour au lendemain, explique Sundy Jules, et certains essayent d’en tirer profit, pas toujours de manière bien intentionnée. » Pour le jeune homme aux lunettes circulaires, tout s’est passé très vite. « J’ai débuté il y a environ cinq ans sur les réseaux sociaux. Un an plus tard, ma communauté a commencé à interagir avec moi, et les marques à me démarcher », se remémore le vidéaste.

Un succès tel qu’il a fini par se faire virer de son lycée public de Vaucresson. « Certains fans commençaient à appeler le lycée et à venir me chercher à la sortie pour prendre une photo. Mon établissement n’a pas du tout été compréhensif. J’ai dû finir mes deux dernières années de lycée dans un lycée privé ». Son BAC STMG en poche, il peut alors s’adonner à 100% à sa passion. Sauf que son succès le dépasse, la machine devient trop lourde à gérer.

Multiples talents

Aujourd’hui, il peut s'enorgueillir de faire fonctionner son business. « Je suis jeune, l’influence ne fait que commencer. Je surfe sur la vague. Pour le moment, je suis très satisfait. » Son agent a un peu plus d'ambition. « Jules a différents talents. C’est un artiste à part entière. Il a un profil atypique et pourrait devenir modèle, ou acteur. Jules a aussi de vraies compétences en chant. Aujourd’hui, il est catégorisé influenceur, mais c’est sûr qu’à force d’apprendre et de continuer sur cette voie, il se découvrira une passion et saura capitaliser dessus. Sa communauté le suit partout et le suivra encore de longues années sur d’autres projets. » D’autant que cette fameuse communauté de fidèles sera probablement un vrai atout dans un milieu artistique archi concurrentiel.

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