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Maman d'influenceuse

« Haters », insultes et business... mère d'influenceuse, c'est un vrai métier

Le 19 oct. 2018

Léa Élui, 17 ans, a pour le moment fait un parcours sans faute dans le monde de l'influence. Elle pèse déjà lourd, très lourd. À ses côtés, sa manageuse de maman veille au grain. Quel rôle jouer lorsque l'on doit gérer la carrière de sa fille ? Un rôle qui apprend à composer...

« C'est bien, mais c'est parfois conflictuel ! » Delphine Giai-Checa - « c'est italien » - est devenue, presque malgré elle, la manageuse de sa fille, Léa Élui. 

En à peine deux ans, la jeune fille de 17 ans, est devenue l'une des influenceuses les plus suivies en France. Son compte Instagram comptabilise plus de 7 millions d'abonnés. Mais c'est sur Tik Tok (anciennement Musical.ly) que Léa a explosé : 7,5 millions de fans la suivent. Sur l'application, elle publie des vidéos où on la voit danser. Repérée par Triller, application de création de musique vidéo en 2015, elle en est même devenue l'égérie. 

« Maman, j'ai 100 000 abonnés ! »

« Au début, je ne comprenais pas trop, explique sa mère de 40 ans. Quand elle venait me voir "Maman ! J'ai cent mille abonnés, deux-cents mille". Elle me disait "ça monte, ça monte"... Je me disais "elle est gentille, elle est mignonne", mais je ne comprenais pas un tel engouement. Elle n'a pas monté ou fait quelque chose de fou ! Maintenant, je comprends mieux. » 

Du tourisme à manageuse

Quand Léa Élui commence a rencontrer le succès, sa maman, elle, est en pleine reconversion. Elle veut travailler comme secrétaire. Quand l'appli Triller propose à sa fille de devenir son égérie, la chose tombe plutôt à pic. Mais Delphine Giai-Checa est d'abord réticente. « Je connaissais l'application, mais rapidement. » « Claude » (Claude Crevelle, manager général de Triller) a dû se rendre chez Léa pour convaincre ses parents. « Je leur ai dit que nous croyions beaucoup en Léa et que nous étions prêts à lui fournir les moyens nécessaires pour réaliser ses projets. ». La famille de Léa finit par se laisser convaincre. Delphine arrête sa formation et s'improvise manageuse. 

« Je prends souvent ma fille en photo »

Aujourd'hui, mère et fille semblent très complices. « Nous étions déjà très proches, explique Léa. Mais ma mère avait ses trucs, moi, j'avais le lycée. Alors que maintenant, nous passons beaucoup de temps à deux, plutôt qu'à cinq en famille. Je pense que l'on a appris plein de choses l'une de l'autre. » Même si la jeune fille avoue qu'il peut y avoir des frictions : « Ce n'est pas le fait que ça soit ma mère, mais c'est comme avec n'importe quelle personne avec qui vous passez beaucoup de temps. Il y a des moments où c'est un peu conflictuel.» 

Maman ou manager ?

Outre le temps passé ensemble, Delphine avoue être parfois en proie au conflit intérieur. « Ce sont de petits détails, explique-t-elle timidement. Quand, le matin, je vais la réveiller, et qu'elle ne veut pas se lever parce qu'elle est fatiguée, elle râle un peu. Je suis partagée entre la maman qui est dans la douceur, et la manageuse qui dit "dépêche-toi maintenant parce qu'on a des engagements et qu'il faut te lever !". Je suis obligée de lui imposer des choses qu'une maman normale ne ferait pas. » 

Sexualisation et haters 

Les danses que met en scène et publie Léa attirent les likes, mais aussi des « haters » qui n'hésitent pas à la polluer avec des commentaires négatifs et parfois des insultes. « C'est assez bizarre, parce que quand Léa est touchée par un commentaire, je vais la rassurer ». Mais parfois, devant la violence des commentaires - « t'es qu'une grosse s****» - la situation s'inverse et c'est au tour de la jeune fille de rassurer sa maman. « Je fais la part des choses », affirme la jeune fille qui préfère se concentrer sur ses réussites.

Quant à la mère, elle veille à l'image de sa fille pour éviter les débordements. « Je la conseille beaucoup sur les tenues, le maquillage. Elle n'a que 17 ans ! Même si je suis ouverte sur le sujet, il m'arrive de lui dire "Léa, là non", lorsque l'on voit le soutien-gorge sous un crop-top par exemple. Dans ces cas-là, je demande une brassière ou un petit top en-dessous. Pareil pour les vêtements trop courts ». 

 
 
 
 
 
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Photoshop ? Never heard about it!☺️ #confidentforlea Before anything I just wanted to let you know that my mom took this picture.🦋 Our insecurities make us beautiful in our own way, nobody is perfect never forget that. The secret is to embrace your flaws and to turn them into strength. I can’t really teach you how to be confident because it’s something you have to learn by yourself, step by step. I know how hard it is to be confident... It took me 16years to realize that I was worth it. We’re all worth it and we all deserve the best. We deserve to be happy. Social Media and more specifically you guys helped and still help me to love myself everyday. We’re young and we’re still learning a lot about who we are and who we really want to be so don’t be scared or feel bad if you make mistakes. You’re human, we’re human babies. I love you guys thank you so much for everything you did for me♥️

Une publication partagée par Lea Elui G (@leaelui) le

Passe ton Bac d'abord

Après avoir financé ses futures études à l'étranger grâce à un appel aux dons sur l'appli Triller, la lycéenne lance sa première collection de vêtements, baptisée Fearless. Les vêtements seront disponibles directement sur son profil. Une nouveauté tant que la jeune fille que pour la plateforme. « Tout commence avec Léa », résume Claude Crevelle. 

Que souhaiter à la jeune fille ? Si elle semble pour le moment comblée, sa mère reste, elle, catégorique : « D'abord, elle doit passer son Bac. » Etre manageur, c'est aussi préparer l'avenir. Et c'est sans doute mieux de l'imaginer avec... ou sans l'appli.

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