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une bande de jeunes adossée contre un mur
© France tv Slach/SKAM

SKAM : la série qui va (enfin ?) réinventer le transmédia

Le 10 avr. 2019

Une série qui raconte les premiers émois adolescents, ça n'a rien d'original. Ce que SKAM a d'original, c'est que tous les personnages ont des réseaux sociaux alimentés au quotidien, que les épisodes sont diffusés au moment où se déroule l'action, et que le tout donne une vraie impression d'immersion.

Depuis maintenant quatre saisons, la série SKAM, diffusée sur la chaine 100% numérique France tv Slash fait un carton. Avec ses 28 millions de vues sur YouTube, cette série, adaptée d'un concept venu de Norvège, a triplé son audience en un an. Il faut dire qu’elle rassemble des personnages attachants, un humour féroce et un traitement sensible des thématiques actuelles. Après des premières saisons qui évoquaient la popularité au lycée, SKAM s’est attaquée au cyber harcèlement, à l’homosexualité, la dépression ou le port du voile. Le fil rouge de la série se trouve justement sur l’acceptation de soi-même et la manière de surmonter le regard des autres. Le tout est joué dans des saynètes de moins de 5 minutes, qu’il est facile de picorer quand on veut.

Bon tout ça, c’est bien beau. Mais ça ne suffit pas à expliquer les vraies raisons du succès. À la différence des autres séries télé pour jeunes, SKAM aime surtout brouiller la frontière entre fiction et réalité. Ainsi, les épisodes ne sont pas diffusés à heure fixe, mais au moment où est censée se dérouler l'action. Si les personnages interagissent en soirée vers 23h, l’épisode est diffusé à la même heure. Et pour ceux qui auraient raté un épisode, pas de problème. Un récap’ est proposée le weekend.

Quand les personnages tiennent à jour leurs comptes Insta

Pour prolonger encore plus cette impression d’immersion, la société de production de la série, Banijay, a collaboré avec l’agence Bigger Than Fiction. Cette dernière est chargée d’alimenter quotidiennement les quinze comptes Instagram des personnages principaux. De quoi donner un second niveau de lecture aux fans qui peuvent prolonger l’expérience de la série sur les réseaux sociaux.

 

 
 
 
 
 
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Expectations vs Reality

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Madame Beuverie.

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Le transmédia : du gadget à l'outil narratif

Ce dispositif transmédia n’est pas si neuf que ça. En 2013 par exemple, la série britannique Misfits, qui mettait en scène des adolescents dotés de super pouvoirs, proposait déjà de suivre les héros sur Twitter. Plus récemment, la série Westworld proposait aux spectateurs de naviguer sur le site web de la firme fictive Delos afin d’y découvrir des vidéos cachées et inédites.

En France cependant, les tentatives du genre étaient souvent timides. « Pendant longtemps, on était sur du transmédia gadget et caricatural », explique Timothée Magot, réalisateur du dispositif pour SKAM. « On arrivait après l’écriture et le montage et on ne faisait que créer un argument de communication pour atteindre une cible marketing. Avec SKAM, c'est un tout autre niveau. On travaille en amont avec les scénaristes sur les textes et les personnages. On est aussi présent sur les tournages pour filmer les acteurs et deux community manager travaillent à plein temps pour alimenter les stories sur Instagram. »

Plus d'interactions avec le public

Cette différence de traitement apporte une véritable plus-value à la narration. Non seulement elle donne l’impression que les personnages ont une vraie vie en dehors des épisodes, mais les interactions avec les fans sont bien plus fortes. « On aborde des sujets sensibles comme la religion ou le harcèlement, poursuit Timothée Magot. Avec ce système, on peut utiliser les messages que les personnages s’envoient sur les réseaux sociaux comme un moyen supplémentaire de dialoguer avec le public. La plupart des échanges sont prévus en amont, mais on peut aussi clarifier certains choix scénaristiques qui laissent le public perplexe. C’est du jamais vu en France et on espère que ça donnera envie aux chaînes de s’impliquer un peu plus dans cette nouvelle forme de narration. » SKAM cumule actuellement 500 000 abonnés tous comptes confondus. Un bon argument pour voir d’autres séries de ce type éclore en France.

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Commentaires
  • Tout à fait - mais vous oubliez la série Netflix 13 Reasons Why qui avait déjà mis en place cette transposition des personnages principaux sur Instagram avec des comptes à leurs noms

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