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snapchat chirurgie esthétique

Snapchat : des chirurgiens esthétiques tirent la sonnette d’alarme

Le 6 mars 2018

Sur la Toile, on parle de « dysmorphisme Snapchat » : un trouble de la perception de soi provoqué par la plateforme qui pousserait certains internautes à recourir à la chirurgie pour ressembler à leurs filtres préférés.

Il y a encore peu, certains et certaines voulaient les lèvres de Pénélope Cruz, le nez de Natalie Portman ou les abdos de Ryan Gosling. Une époque révolue, presque ringarde car balayée par une inquiétante recrudescence de requêtes chirurgicales et esthétiques basées sur les filtres fantaisies de Snapchat.

I miss you, like everyday

Une publication partagée par Kim Kardashian West (@kimkardashian) le

Grain de peau lissé, pommettes rehaussées, yeux de biche éplorée… sur la plateforme, les filtres utilisés au quotidien par les internautes influenceraient et biaiseraient la vision qu’ils ont d’eux-mêmes. Pire, ils les pousseraient à redoubler d’efforts pour leur ressembler dans la vie réelle. Et il y a désormais un nom pour désigner cette pathologie naissante : le « dysmorphisme Snapchat » selon la formulation du Docteur Matthew Schulman, ce chirurgien plastique basé à New-York réputé pour filmer et publier sur les réseaux sociaux les opérations qu’il réalise sur ses patients.

« Tout le monde utilise ce type de fonctionnalité sur ses photos, et il y en a même qui vont jusqu’au bout de leur démarche en me les présentant littéralement comme des objectifs esthétiques », rapporte-t-il au Huffington Post. « Et si tous ne vont pas jusque-là, c'est avec cette image en tête qu'ils me demandent "une peau plus lisse, un regard élargi ou une bouche pulpeuse"…»

Watch 365 layers of makeup applied in one day in "Natural Beauty" by Lernert & Sander
Le phénomène de fond n'est pas si nouveau – la chaîne média NOWNESS l’adressait déjà dans sa campagne satirique « Define Beauty » - mais  ce dernier semble s’intensifier et cristalliser les témoignages alarmistes de nombreux chercheurs et chirurgiens autour de l’influence des réseaux sociaux. En 2016, une étude montrait déjà que l’exposition à des selfies sur Instagram menait à une baisse de l’estime de soi chez les adolescentes âgées de 14 à 18 ans, certaines jugeant même que les photos retouchées via Photoshop ou via les filtres de la plateforme leur paraissaient « réalistes ».

« Notre société est de plus en plus obnubilée par l'image », affirmait le Docteur Schulman à Daily Mail Online. Davantage conscients de leur corps et de celui des autres par le biais des réseaux sociaux, les internautes n’ont qu’à scroller pour passer d’une célébrité à une autre, d’un filtre à l’autre, et en définitive, d’une lubie esthétique à la suivante.

Alors que les magazines people et leurs photos retouchées faisaient déjà leur part du boulot, l’accès facilité et amplifié aux selfies et aux outils déformants pourrait bien accélérer le phénomène et fabriquer dans le même temps de nouveaux standards de beauté, encore et toujours impossibles à atteindre.

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