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une bande de jeune assis sur des escalier qui regardent leur portables.
© nemke via Getty Images

Facebook, YouTube, Insta... Où les jeunes adultes vont-ils chercher leurs infos ?

Le 25 juin 2019

Fake news, défiance dans les médias... pas facile de chercher une info fiable dans le contexte ambiant. Est-ce une raison pour que les jeunes adultes aillent chercher leurs infos à la source ? Pas vraiment !

​Qu’ils fassent partie de la génération Y (25-34 ans) ou la génération Z (18-24 ans), les jeunes adultes ont un mode de consommation des médias bien plus complexe que leurs ainés. C’est ce qui ressort du rapport annuel Reuters 2019 qui décrypte ces comportements dans plus de 35 pays.

Les jeunes utilisent Facebook pour l'actu...

La première chose qui sort de ce rapport sonne comme une évidence : oui, les jeunes accèdent aux médias et à l’information via leur smartphone. Oubliez cependant les applications ou les sites dédiés à un média en particulier. 57% de la génération Z et 43% de la génération Y privilégient les réseaux sociaux et les applications de messagerie pour s’informer. Cependant, Instagram n’est pas la première plateforme sur ce créneau.

Quand il s’agit d’accéder aux news, c’est Facebook qui est privilégié pour 48% des 18-24 ans et 52% des 25-34 ans. Vient ensuite YouTube pour environ 32% des plus jeunes. Instagram est juste derrière pour 24% des générations Z, mais pas pour les générations Y qui sont 20% à privilégier WhatsApp.

...mais passent beaucoup plus de temps sur Instagram (pour le reste)

Ce constat reste bien évidemment à nuancer. Certes, Facebook est la première plateforme sociale utilisée pour la consommation d’information. Mais c’est bien Instagram qui reste l’application la plus installée sur les smartphones. Il s’agit aussi du réseau social dont le temps d’utilisation a le plus augmenté cette année avec 25 points de progression. À titre de comparaison, YouTube a gagné 24 points de progression et Facebook, un seul point. Snapchat a quant à lui perdu 19 points cette année.

Considéré comme « un truc ancien, réservé aux mamans » par une jeune fille interrogée pour cette étude, Facebook confirme donc son statut de ringard que l’on ouvre par réflexe, mais sur lequel on passe le moins de temps possible. À l’inverse, Instagram est surtout considéré comme une plateforme dédiée à l’entertainment. Alors que de nombreux médias s'y installent pour atteindre une audience jeune, ces derniers ne considèrent pas la plateforme comme un bon environnement pour s’informer.

Une ligne éditoriale pas toujours bien perçue 

Au-delà des modes de consommation, le rapport Reuters s’est aussi arrêté sur la perception de l’actualité. D’après le chercheur Antonis Kalogeropoulos qui signe l’étude, les jeunes sont souvent frustrés par la négativité des informations et leur aspect sensationnaliste. « Parfois, ils ont l’impression que les thématiques qui les concernent, comme le dérèglement climatique ou les droits des minorités, ne sont pas suffisamment représentées dans les lignes éditoriales, explique-t-il. Mais ils ne veulent pas que les médias changent de style ou abaissent le niveau pour mieux les attirer. »

Ainsi la plupart seraient mécontents du ton utilisé par les bots de conversation, considéré comme trop familier. Enfin, même si Instagram rend populaires les contenus vidéo, la grande majorité des jeunes adultes préfère s’abreuver d’actualité en format écrit. Pour Reuters, la vidéo n’est pas le moyen le plus sûr d’engager cette audience.

Les médias ne pourront plus échapper aux réseaux sociaux

En conclusion de ce rapport, Antonis Kalogeropoulos assène l’analyse suivante : « Habituées à des services personnalisés par des algorithmes, ces générations n’ont pas envie de travailler dur pour obtenir l’information souhaitée. Les médias doivent être amusants et faciles d’accès, mais ils doivent aussi présenter une ligne éditoriale authentique, juste et pleine de sens. »

Pas facile, dans ces termes, d’établir une stratégie qui satisfasse aussi bien les jeunes que les plus de 35 ans qui sont toujours attachés aux formats plus anciens. Infidèles envers les médias, les jeunes générations n’abandonneront plus les plateformes sociales et le rapport Reuters insiste bien sur ce point : trouver des moyens d’atteindre et monétiser des audiences sur les réseaux sociaux va devenir l’un des objectifs les plus importants de cette industrie.

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