Zuckerberg en vilain empereur de Star Wars

Révélation : Meta a payé une campagne de presse bidon pour ternir la réputation de TikTok

© Zuckerberg en vilain empereur de Star Wars

Une enquête du Washington Post a révélé que la maison-mère de Facebook a financé une campagne de dénigrement de son concurrent via de multiples tribunes publiées dans la presse américaine. 

Facebook veut dénigrer TikTok dans la presse

« TikTok est un danger pour la santé mentale des adolescents », « Ce challenge qui pousse les lycéens à saccager leur école ou à frapper leur professeur » … Depuis le début de l’année 2022, plusieurs tribunes inquiétantes sont parues dans la presse américaine avec comme angle récurrent, la volonté de présenter TikTok comme un réseau social dangereux. D’après une enquête du Washington Post, ces multiples articles sont en fait le résultat d’une campagne de dénigrement orchestrée par son concurrent direct : Meta. 

Une campagne organisée par l’agence Targeted Victory 

Cette campagne est déployée par Targeted Victory, une agence de communication qui accompagne la firme depuis la fameuse audition de Mark Zuckerberg devant le Sénat en 2018. Il s’agit aussi de la firme qui a le plus contribué à la campagne présidentielle de Donald Trump en 2020. Elle s’appuie sur les médias locaux pour lancer des articles parfois très proches de la rumeur ou bien des lettres de « parents inquiets » sur la manière dont la plateforme exploite les données de ses utilisateurs les plus jeunes. D’autres articles ont aussi été diffusés, mettant en avant les « qualités » de Facebook sur des sujets variés comme celui de son support aux commerces tenus par des Afro-Américains. 

Quand Facebook dénonce ses propres manquements 

Plusieurs tribunes étaient notamment centrées sur plusieurs challenges TikTok jugés violents ou dangereux comme celui du « devious licks » dans lequel on peut voir des étudiants saccager leur école. Comble de l’ironie, l’enquête du Washington Post a révélé que ce fameux challenge était justement né… sur Facebook. Même chose pour les rumeurs d’un challenge consistant à frapper un professeur, qui était lui aussi né sur des groupes Facebook. Ces articles ont même poussé le sénateur Richard Blumenthal à réclamer une audition des responsables de TikTok devant un sous-comité du Sénat américain. 

Facebook et Instagram en perte de vitesse

Cette initiative intervient dans un contexte difficile pour Meta. La firme a connu pour la première fois de son histoire une baisse de ses utilisateurs et a été secouée par les révélations de la lanceuse d’alerte Frances Haugen. TikTok, qui n’est pas non plus exemplaire en matière de protection des données ou de problèmes de modération, reste toutefois l’application qui connait la plus grosse croissance de jeunes utilisateurs. De quoi faire peur aux vieux géants de la Silicon Valley. 

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