Un adolescent au milieu de pouces en l'air ou baissés

Les réseaux peuvent influencer la santé mentale des ados… en bien

© Bulat Silvia via Getty images

Les jeunes sont plus sensibles aux effets négatifs des réseaux au moment de la puberté. Mais ils peuvent aussi s’en servir y trouver du soutien psychologique. C'est le résultat d'une très grande étude scientifique.

Dépressions d’adolescentes sur Instagram, propagation de tics sur TikTok, visionnage de vidéos ultra violentes… Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont présentés comme l’alfa et l’omega de tout ce qui ne tourne pas rond chez les plus jeunes. Et si les les réseaux n’étaient pas si mauvais que ça pour la santé mentale des adolescents ? C’est la question, plutôt audacieuse, que pose une étude d’Amy Orben, une psychologue expérimentale britannique qui est chef de groupe à l'Unité des sciences de la cognition et du cerveau du conseil de recherche médicale britannique (MRC). Basé sur l'analyse d'un échantillon exceptionnellement large de 84 000 filles et garçon âgés de 11 à 19 ans, l’article scientifique publié dans le dernier numéro de Nature Communication se penche avec nuance sur les liens existant entre les émotions positives ou négatives des adolescents et leurs usages des réseaux sociaux.

Des ados sensibles aux réseaux… pendant la puberté

Contrairement à ce que pensent les parents inquiets, les liens entre troubles mentaux et usages des réseaux sociaux sont relativement faibles. Cette affirmation s'appuie sur une méta-analyse de plus de 220 études portant sur le sujet. Cependant les chercheurs ont identifié deux périodes distinctes chez les filles et les garçons, durant lesquelles l’usage massif de plateformes sociales peut générer des scores de « satisfaction de vie » relativement bas. Ces périodes sont principalement liées à l’entrée dans la puberté et s’étalent de 11 à 13 ans pour les filles et de 14 à 15 ans pour les garçons. Les deux genres peuvent connaitre une période commune d’insatisfaction aux alentours de 19 ans. D’après les chercheurs, cet âge bascule marque l’entrée dans les études supérieures ou le monde du travail ce qui change la manière dont on interagit avec les réseaux sociaux.

Les réseaux peuvent aider à guérir

En se reposant sur des centaines d’études, Amy Orben tente de déterminer si les jeunes se sentent mieux ou moins bien après des périodes d’utilisation intense des réseaux sociaux et si à l’inverse cet usage s’intensifie ou se raréfie après des périodes de vie jugée satisfaisante. Là aussi, les résultats sont contre-intuitifs. Quels que soient l’âge et le sexe, les participants qui se sont sentis mal dans leur tête à un moment donné de leur vie ont vu leur usage des réseaux sociaux augmenter dans l’année qui a suivi ce mal-être. Cet usage tend à confirmer l’hypothèse selon laquelle l’activité sur les médias sociaux permet d’avoir un soutien et d’aller mieux pendant une période difficile plutôt que l’inverse. L’étude conclut d’ailleurs sur une note d'espoir et espère que la manière dont nous abordons les influences des réseaux sur la santé mentale prend aussi en compte les effets bénéfiques.

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