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Le journalisme dans le métavers, ça donne quoi ? Crash-test avec Tracks, l'émission d'Arte

© Itw LaTurbo Avedon dans Star Citizen

L’émission avant-gardiste a rencontré l’artiste LaTurbo Avedon dans le métavers Star Citizen. Un reportage qui marque une nouvelle étape dans le journalisme d’immersion ?

« Pendant ce tournage, mon avatar est mort noyé et l’équipe de tournage a dû attendre que je sorte de réanimation pour relancer l’interview » . Journaliste et réalisateur pour l’émission de télévision Tracks sur Arte, Matthieu Foucher a fait l’expérience d’une interview réalisée et filmée dans le métavers. Avec son équipe, ils sont allés à la rencontre de LaTurbo Avedon un·e avatar-star, artiste et curatrice, qui vit depuis près de 15 ans dans les mondes virtuels. Le rendez-vous a été fixé au sein de Star Citizen, un jeu vidéo de simulation spatiale en cours de développement. Pour accéder à ce monde ouvert multijoueur, le journaliste a lui-même créé son propre avatar, avant d’embarquer dans un vaisseau spatial à la rencontre de l’artiste.

Le journalisme est-il soluble dans le Web3 ?

Inédite et expérimentale, cette expérience journalistique contribue à renouveler les codes du journalisme. « On s’est demandé comment les journalistes pouvaient accompagner cette nouvelle étape d’internet non pas en se contentant de parler du métavers, mais en s’y rendant et en y vivant des expériences, expose le journaliste et réalisateur. C’est une approche qui est vraiment à l’opposé d’un point de vue extérieur, surplombant et donc abstrait. »

Le journalisme du Web3 n’en est qu’à ses balbutiements mais il offre déjà aux journalistes des possibilités narratives, créatives et interactives infinies. Mais, entre bugs et évènements inopinés, réaliser un reportage dans le Web3 peut s'avérer compliqué. Le journaliste Matthieu Foucher a ainsi dû composer avec les limites de l'univers développé par Star Citizen, un monde virtuel en cours de développement où les bugs sont fréquents. L'interview a ainsi dû être interrompue à plusieurs reprises, notamment parce que son avatar et celui du cameraman sont morts brutalement. Une fois ressuscités, tous deux ont pu reprendre leur échange avec LaTurbo Avedon. Une expérience que le journaliste qualifie de fascinante, car « expérimentale et fragile » mais aussi « délirante, pleine de poésie et d'émerveillement » .

« Ce tournage m’a demandé beaucoup d’énergie »

Dans le métavers, le principal défi reste celui de l'interactivité. Pour entrer en interaction avec son interlocuteur, le journaliste était équipé d’un casque de gaming et connecté à une caméra qui analysait les mouvements de son visage pour les retranscrire sur celui de son avatar. Il souligne les difficultés rencontrées pour établir et maintenir un lien de qualité avec son interlocuteur. « Ce tournage m’a demandé beaucoup d’énergie parce que les repères habituels comme le non-verbal, l’accompagnement physique par le langage corporel transparaissent moins dans les échanges virtuels. »

Les deux rédacteurs en chef de Tracks, David Combe et Jean-Marc Barbieux, en sont convaincus, le métavers ne doit pas échapper au journalisme. Pourtant des questions se posent déjà sur les marges de manœuvre possibles au sein de ces espaces virtuels contrôlés par des géants du gaming. « On peut se demander si les journalistes auront à gérer des problèmes juridiques avec les éditeurs de jeu vidéo, ou s'ils auront véritablement toute la liberté pour enquêter, filmer et diffuser leurs programmes » , relève ainsi David Combe.

Tracks a pour ambition de suivre cette révolution de près, en devenant le premier média français du métavers avec la chaîne franco-allemande. Rendez-vous le 26 février pour visionner l'émission spéciale « Desired reality » sur Arte.

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