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Gneu : le média 100% vidéo qui parodie Brut

Le 1 févr. 2018

Gneu détourne les codes du média 100% social Brut. Que de la vidéo, et des textes réduits à leur plus simple expression : Gneu ! Interview second degré des fondateurs qui ne veulent pas dire leurs noms.

Vidéos courtes, sujets archi anglés, Brut, le média « 100% vidéo, 100% digital » a fait un carton en 2017. Les millennials l'adorent, à tel point que d'autres médias se sont lancés en appliquant les mêmes recettes (comme LoopSider ou AJ+, dont nous vous parlions ici).

Cette fois-ci, c'est un média un peu particulier qui reprend les codes à son compte : Gneu des vidéos «à la Brut.». Le résultat est franchement drôle. Quel que soit le sujet (le plus souvent léger à base de rats ou des singes qui font des trucs bizarres), le format reste toujours identique : une vidéo carrée, forcément carrée, avec du texte, en jaune et blanc, forcément jaune et blanc, réduit à sa plus simple expression : « gneu » et puis encore « gneu gneu ».

Depuis son lancement, le 19 janvier dernier, le média 100% digital, 100% parodique a séduit plus de 6 000 followers sur Twitter et un peu plus de 770 fans sur Facebook. Et l'engagement peut faire pâlir d'envie les community managers : 731 retweets et 720 likes pour la vidéo de la crue de la Seine. Est-ce qu'il suffirait de placer sur une vidéo du texte jaune et blanc sans aucune signification pour susciter du « like » ? La question a de quoi faire flipper dans les rédactions...

Petit clin d'oeil, le seul compte suivi par Gneu sur Twitter est celui du prix Albert Londres, une institution créée en 1933 qui récompense les meilleurs des meilleurs journalistes francophones de la presse écrite, de la télévision et du livre. Une sorte d'Oscar du monde journalistique.

Nous avons voulu en savoir plus sur ceux qui ont hacké Brut. Ils ont refusé de nous dévoiler leur identité mais ont accepté de répondre à nos questions avec plus ou moins d'honnêteté, mais beaucoup, beaucoup d'humour.

 

 

Qui se cache derrière Gneu ?
Gneu - On pense qu'offrir un visage à Gneu aurait un effet négatif, susceptible de créer des a priori.

À quels objectifs répondait la création d’une parodie de Brut ?
G - Contrairement aux apparences, Gneu n'est pas une parodie de Brut. Gneu a simplement misé sur un format et des codes qu'ont décidé d'utiliser la plupart des médias aujourd'hui. Après, n'ayant pas de graphiste en interne, il est très pratique et peu couteux de pouvoir dessiner le logo directement dans le logiciel Word.

Quel est le message que vous voulez faire passer ?
G -
Il n'y a pas à proprement parler de « message ». Nous ne sommes pas des étudiants en fac de Lettres, nous sommes des entrepreneurs ! Dès que nous avons vu les dernières annonces de Facebook concernant le newsfeed, nous nous sommes dit : « allez banco, on le fait ! ». Après c'est vrai que nous ne parlons pas forcément très bien anglais...

À quelle date précise vous êtes-vous lancés ?
G -
En pleine Saint Marius, le 19 janvier dernier.

Comment choisissez-vous vos sujets ?
G - Nous ne traitons que ce que les autres traitent déjà, cela nous permet de savoir que cela va plaire à tout le monde. C'est notre équipe de data analysts qui remontent les sujets, grâce à un algorithme dont nous sommes propriétaires.

Comment expliquez-vous votre succès ?
G - Je pense que c'est notre singularité sur la forme qui plait.

Quel est votre modèle économique ?
G - Là pour l'instant, dans les paramètres Facebook ou Twitter nous n'avons trouvé que les options pour sponsoriser les posts avec notre propre argent. Nos équipes cherchent actuellement à comprendre comment marche la rémunération des vidéos sur Facebook et Twitter. On n'a pas encore « cracké le modèle » ! Sur YouTube c'est beaucoup plus simple : apparemment la plateforme de vidéos vous rémunère si vous faites un certain nombre de vues.

Vous êtes présents sur Facebook et Twitter, comptez-vous vous développer sur d’autres réseaux ?
G -
Au départ, nous voulions ouvrir un compte Snapchat, mais on a rien compris ! Les vieux sont sur Twitter. C'est bien, mais il faudrait qu'on s'adresse aux « millenials » et à la « Génération Z » ! Il faudrait aussi qu'on entame une levée de fonds pour « pivoter » et passer au format vertical.

Quel est votre vision d’un média 100% social ?
G -
On préfère garder notre vision pour nous. Ça évitera que d'autres se lancent en faisant la même chose que nous. Ce serait un comble.

Avez-vous une dent contre les médias classiques ?

G - Absolument pas. Si nous n'étions pas des web-entrepreneurs à succès, nous aurions adoré être journalistes. Par contre, c'est vrai que ces derniers temps, on a un peu l'impression qu'ils viennent marcher sur nos plates-bandes. On voit passer beaucoup de vidéos... Souvent avec du texte animé, en blanc et jaune. Comme par hasard...

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