bâtiment

Oslo met tout le monde au vert : entreprises, startups, élus et citoyens

© Alexandra von Gutthenbach-Lindau - Pixabay

La course à l’innovation, pourquoi pas, si elle nous permet d'aller dans le vert. C'est le pari de la Ville d’Oslo qui vise à réduire ses niveaux de consommation carbone de 90 % d’ici 2030. Et cela semble fonctionner.

La Ville d’Oslo n’échappe pas à l’exercice : tous les ans, à la même période, chaque service de la municipalité doit se soumettre au sacro-saint exercice de l’établissement du budget annuel. Sauf qu’à Oslo, depuis quelques années, l’exercice prend une teinte climatique, grâce au « budget climat » . Chaque adjoint doit déterminer quelles sont les émissions de gaz à effet de serre associées aux projets et les ressources sont allouées en fonction. C’est que la municipalité s’est engagée à réduire ses niveaux de consommation carbone de 90 % d’ici 2030. Un objectif ambitieux que la municipalité maintient contre vents et marées. À titre de comparaison, Paris s’est fixé l’objectif de réduire de 50 % d’ici 2030.

À Oslo, les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre tiennent à quatre secteurs : le traitement des déchets, la production d’énergie, les transports et la construction. Des chantiers sur lesquels la Ville a planché activement en finançant la recherche universitaire d'abord et quelques startups dites « climate tech » et « circular tech ».

Une main de fer dans un gant de velours avec le secteur privé

Regardons du côté des politiques publiques. La Ville semble adopter la technique de la carotte : « Les entreprises privées qui répondent à nos appels d’offres gagnent des points si elles utilisent des machines zéro émission carbone », commente Victoria Marie Evensen, l’adjointe au Maire, en charge du développement économique lors d’une prise de parole dans le cadre de l’Oslo Innovation Week (semaine qui a réuni et célébré l’écosystème de l’innovation locale du 26 au 29 septembre derniers à Oslo).

La ville dépense plusieurs milliards d'euros chaque année. Une majorité de ces deniers vont aux entreprises qui s’engagent à réduire leur impact carbone. À partir de 2025, la Ville ira plus loin que distribuer des bons points à ceux qui s’équipent green. Tous les projets de construction portés par la Ville devront être zéro émission. Pareil pour les nouveaux projets résidentiels : le chauffage au fioul est prohibé.

Il y a quelques semaines, Carine Smith Ihenacho, en charge de la gouvernance et de la compliance du fonds souverain norvégien confirmait : « Nous fixons un objectif de zéro émission d’ici 2050 au plus tard pour toutes les entreprises ». Rappelons que ce fonds est le plus important de la planète – il pèse 1 200 milliards d’euros – et est présent au capital de quelque 9 000 entreprises dans le monde, grâce à – ô ironie – l’exportation d’énergies fossiles.

À l’Oslo Innovation Week, organisé par l’Oslo Business Region, on porte haut et fort les valeurs écolos. « Les startups climate tech sont beaucoup plus nombreuses qu’auparavant, explique un journaliste, habitué de l’évènement. Dans ce pays dont la capitale ne comptait, il y a encore dix ans, que deux ou trois incubateurs de startups (contre 50, aujourd’hui), « la clean tech aurait attiré en 2020 trois fois plus de capitaux qu’en 2019, estime Victoria Maria Evensen. Soit deux fois plus d’investissements ». 

À la cérémonie d'ouverture de l'Oslo Innovation Week (Photo par Gorm. Gaare)

Se déplacer « carbon-free »

Mais revenons à Oslo. Pour se déplacer, la ville arbore aussi le tout green. Il est devenu ainsi moins cher dans la capitale norvégienne d’acheter, mais aussi de garer une voiture électrique. Prochainement, l’accès motorisé au centre-ville devrait être réservé aux propriétaires de voitures électriques. Une autre manière, outre la taxation sur les véhicules à moteur thermique, de pousser les citadins, ainsi que les livreurs, à opter pour un véhicule électrique.

La municipalité s’applique cette exigence en tant que prestataire de services. « L’année prochaine, nous deviendrons la première capitale à offrir des transports en commun neutres en carbone, se réjouit Victoria Marie Evensen, l’adjointe au maire. Bus, métros, trams, trains et ferrys compris ».

commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.