Un pacte pour demain, épisode 1 :  data et entreprise

Un pacte pour demain, épisode 1 : data et entreprise

© L'ADN

Le rapport 2022 du GIEC est très clair : nous pouvons encore agir pour préserver notre planète, mais nous devons agir dans les trois années qui viennent. Si nos actions individuelles sont importantes, le levier crucial, ce sont les choix stratégiques des pouvoirs publics et les actions des entreprises qui cherchent des solutions et qui souhaitent opérer leur transition. Alors, comment changer le monde de demain ?

L’ADN et So good, soutenus par Pernod Ricard France dans le cadre de son programme Ensemble et engagés, se sont réunis pour vous proposer un pacte. Un-pacte pour demain (il y a un jeu de mot dans le titre), c’est un podcast dédié aux entreprises qui cherchent des solutions. Une conversation sincère entre des représentants d’entreprises et des activistes sur des sujets très précis pour aider les entreprises à opérer leur transition. Dans ce premier épisode, on parle données et entreprises. 

On en parle avec :  

Théo Alves Da Costa, responsable de la data au service de la transition écologique chez Ekimetrics
Jérome Caubert, Head of Product Analytics & Data Science chez Criteo 
Mouloud Dey, directeur Business solutions chez SAS et
Lou Welgryn, présidente de Data for good

Le tout animé par Alexandre Kouchner

Publicité, consommation, rencontres, déplacements… Dans notre civilisation largement digitalisée, les algorithmes façonnent notre vie quotidienne. Les données qu'ils génèrent et qu'ils traitent sont devenues le nouvel or noir, le pétrole de la e-économie. Et quand on connaît les conséquences environnementales de l'économie extractive fondée sur les énergies fossiles, il est indispensable que cette économie ne reproduise pas les erreurs de la précédente. 

Et si, plutôt que d'envoyer des pubs mal ciblées, ces données devenaient des outils pour guider les entreprises dans leur transition écologique ? Et si, plutôt que de générer des matchs mal pensés, elle permettait de mesurer et d'ajuster nos stratégies environnementales ? Alors quelles données collecter ? Et surtout, de quelle manière les employer ?  

La donnée, un marqueur qui doit laisser le moins de traces possible

Avant de plonger dans le dur, une question fondamentale se pose : la donnée, qu’est-ce que c’est ? « La data est une trace digitale qui peut venir de toutes formes, de toutes provenances, qui peut venir de différents systèmes informatiques. Elle vient également des consommateurs et des producteurs. Dès qu'il se passe quelque chose et qu'on enregistre ce moment quelque part, ça constitue une data », explique Théo Alves Da Costa, responsable de la data au service de la transition écologique chez Ekimetrics, avant de préciser : « C’est également une case dans un Excel ». Ces données peuvent être disparates, hétérogènes ou encore non structurées. 

Pour une entreprise comme Criteo, dont l’activité est le reciblage publicitaire produisant près de 6 millions de calculs algorithmiques par seconde, le gros challenge est de faire en sorte que les données produites génèrent « le moins de traces possible » , alors que l’objectif reste de prendre « l’empreinte numérique » des individus, tout en changeant le business dans le bon sens. Un exemple de cet usage positif ? Permettre à une entreprise de prédire les invendus pour éviter de produire pour rien. « Un exemple de data for good parlant, c’est celui d’une collectivité locale aux États-Unis qui a équipé tous ses foyers de compteurs d’eau intelligents produisant et analysant de la data. Tout cela leur a permis d'anticiper des fuites, des coupures d’eau, d'économiser de manière durable l'utilisation de l'eau sur l'ensemble de la communauté » , raconte Mouloud Dey, directeur Business solutions chez SAS.

Identifier les axes d’amélioration en utilisant la donnée

Des millions de données sont collectées chaque seconde. Comment, dès lors, mesurer leur impact sur l’environnement ? La plupart du temps, ce sont les émissions directes (celles liées au stockage des données, aux appareils utilisés pour produire ces données, à leur conception) qui sont mesurées. Alors que le plus important, ce sont les émissions indirectes liées à l’usage du produit commercialisé par l’entreprise. « Par exemple, quand il s’agit de publicité ciblée, l’entreprise a une responsabilité dans la consommation des individus » , explique Lou Welgryn, présidente de Data for good, une association ayant pour ambition de faire en sorte que les entreprises s’engagent pour l’intérêt général. « Ainsi, l’objectif de Data for good est d’analyser et de mesurer ces émissions indirectes, d’évaluer l’impact qu’elles ont sur la société et à quel point elles intègrent les enjeux environnementaux, précise sa présidente. Ce diagnostic va permettre d'identifier les plus gros postes d'émissions. Ensuite on peut mettre en place des actions pour les réduire. Mais si on ne sait pas, on ne peut pas agir. »

Aujourd’hui, les entreprises de plus de 300 salariés sont obligées de reporter ces impacts, mais plus de la moitié ne le fait pas. « Une entreprise qui voudrait bien faire d'elle-même, n'est pas incitée financièrement à le faire. Parce qu'en fait, ça signifierait qu'elle décide d'elle-même d'internaliser les coûts environnementaux de ce qu'elle produit. Et du coup, elle fait face à la concurrence et elle sera forcément plus chère. Donc tant qu’il n’existe pas de normes et de lois qui obligent les entreprises à se hisser à un certain niveau d’exigences environnementales, il n’y aura qu’un nombre limité d'entreprises qui auront vraiment envie d'agir et qui auront les moyens de le faire aussi », reprend Lou Welgryn.

Il reste encore du boulot pour changer le monde dans le bon sens. De quoi s’occuper en attendant notre prochain épisode !

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