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Neutralité du Net : les Américains se rebellent

Le 2 mars 2018

Les Etats-Unis s’apprêtent à mettre fin au principe de neutralité du web. C’est sans compter la fronde des internautes et, de dernière minute, des députés.

Au début étaient une volonté, une utopie et ses principes. Le réseau Internet et ses penchants libertaires devait permettre de faite circuler l’information librement, sans aucune limitation d’ordre technique, économique ou politique. De ce souhait a découlé le principe de neutralité du réseau. Il suppose que le Web, et les contenus qui y transitent, ne puisse être bloqué, dégradé ou priorisé pour des considérations mercantiles.

Il existe donc une impérieuse nécessité que l’accès à Internet soit le même pour tous. Le principe implique d’exclure toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau. En conséquence, les fournisseurs d’accès à Internet ne peuvent être autorisés à déployer des « services optimisés » avec de meilleurs débits.

 

De son côté, la FCC (l’organe américain de régulation des télécommunications) compte instaurer un Web à deux vitesses ouvrant la possibilité pour les fournisseurs d’accès de bloquer certains sites… ou de faire payer les internautes qui désirent accéder aux contenus ou même avoir une meilleure connexion. Une position critiquée de toutes parts.

Les hacktivistes entrent dans le game

Pour contrer la FCC, soutenue par l’administration Trump, des collectifs d’internautes ont lancé l’opération #OneMoreVote. Son objectif est de mobiliser les élus américains afin qu’ils votent sur le sujet en toute connaissance de cause. Des forums de discussion ainsi que des campagnes sont ainsi publiés sur les sites tels que Reddit, Medium ou encore Github.

Cette action s’accompagne de mouvements IRL (In real life, ou « dans la vraie vie »). Au sein même du Capitole (le bâtiment dans lequel siège le Congrès américain, le pouvoir législatif) des manifestants se sont rassemblés à l’extérieur des représentations de plusieurs sénateurs républicains (Marco Rubio, John Kennedy, Dean Heller, Jerry Moran…). Là encore, l’idée est de faire office de contre-pouvoir afin d’expliquer les méfaits de la fin de la neutralité. Le tout, de manière interactive via une carte recensant les manifestations en cours, ou à venir.

Enfin, les activistes en ligne mettent à disposition des bannières Web pro-neutralité, utilisables gratuitement pour ceux qui ont un site Web. Par ailleurs, une lettre ouverte en ligne peut être signée par n’importe qui, dans l’unique but de rassembler les soutiens de ce principe fondateur de la toile.

Les politiques s’en mêlent

Soutenue par Donald Trump, la fin de la neutralité du réseau aura irrémédiablement pour conséquence de rendre plus difficile l’accès aux contenus (la vidéo par exemple) gourmands en ressources à ceux qui auront des forfaits à Internet moins chers.

Face à ce changement majeur, la fronde vient également des parlementaires démocrates. Ils ont déposé une proposition de loi dans l’unique but de mettre fin à cette entreprise. Les élus considèrent que le fait de mettre un terme à la neutralité du réseau est de nature à attenter à la liberté des internautes.

one more vote

Une initiative est louable mais qui a peu de chances d’aboutir, le Sénat étant majoritairement républicain. Le parti soutient Donald Trump et devrait logiquement se ranger derrière les propositions de la FCC. Du côté du Parlement, les démocrates risquent également d’être mis en difficulté. Enfin, dernier écueil, et il est de taille, une telle proposition doit être signée du Président des Etats-Unis. Peine perdue.

Pourquoi les Etats-Unis veulent abolir la Net neutralité ?

Ajit Pai, le président de la FCC estime que la mise au ban de la neutralité du réseau sera de nature à encourager les investissements. Une fois libérés de ces contraintes, les fournisseurs d’accès seraient davantage enclins à investir dans de nouveaux réseaux de télécommunication, notamment la 5G. Toujours est-il que selon Wired, ce système donnant-donnant serait, par hypothèse, profitable.
Un point critiquable au regard de la situation en Europe. Le « Vieux continent » a en effet adopté des dispositions en faveur de la protection du principe de neutralité du réseau, sans pour autant obérer l’investissement sur les réseaux mobiles 4G. Ces décisions européennes sont d’ailleurs vertement critiquées par les opérateurs européens, Orange en tête, qui considèrent qu’il s’agit là d’un véritable frein à leur développement. La battle ne fait donc que continuer.
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