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Un utilisateur japonais de Yahoo dans le train

Yahoo Japan sait tout de vous… mais ne vous le dit pas

Le 7 nov. 2017

Dans la course aux données, il ne faut pas oublier de respecter la culture des internautes. Rencontre avec Fumihiko Sakurai, Manager de Yahoo Japan.

« Rendre les Japonais plus heureux en analysant leurs données ».

Un brin utopiste, et peut-être un poil cynique selon nos critères d’internautes européen·ne·s. Pourtant, c’est bien le motto des équipes de Yahoo Japan : les analytics doivent améliorer la vie de leurs utilisateur·trice·s. « Notre vision est de collecter et de comprendre les données de tou·te·s les Japonais·e·s », nous explique Fumihiko Sakurai, Manager de Yahoo Japan, à l’occasion de Partners, conférence organisée par Teradata. « Nous avons une approche différente des écosystèmes fermés comme Google ou Facebook : l’idée est de suivre un·e internaute tout au long de son parcours et aux différentes étapes de sa vie pour proposer des solutions à ses problèmes et les anticiper ».

Un exemple ? « Nous pouvons détecter si l’un·e de nos utilisateur·trice·s va avoir un enfant. Ainsi, nous pouvons lui proposer des produits utiles dans son nouveau rôle de parent, mais aussi le·la rassurer, l’accompagner ».

D’un point de vue business, l’enjeu est clair : se rendre indispensable au quotidien, et incarner non pas un écosystème clôt mais une espèce de hub où les internautes peuvent trouver tout ce dont il·elle·s ont besoin – et ce, avant même de le savoir.

Etre ou ne pas être intrusif ? Tout est une question de culture…

D’un point de vue de l’internaute, en revanche, on se pose plus de questions. Notre sort est-il scellé ? Sommes-nous destiné·e·s à être épié·e·s et, par extension, assisté·e·s par nos moteurs de recherche ?

Je me risque à poser la question du respect de la vie privée, et du sentiment qu’une telle technologie pourrait engendrer… Les Japonais·e·s sont-il·elle·s moins sensibles au côté intrusif de la publicité ? « Je dirais qu’au Japon, nous sommes dans une sorte de ‘’zone grise’’. Ici, les gens réagissent vraiment différemment selon le type de données collectées ». Fumihiko Sakurai m’apprend ainsi que si, au Pays du Soleil Levant, on est assez à l’aise avec la collecte d’informations sur la santé, par exemple, ce qui pose un vrai problème, c’est la géolocalisation. « Les Japonais·e·s ne supportent pas l’idée d’être suivi·e·s. S’il·elle·s souhaitent qu’on leur propose un itinéraire, nous sommes capables de déterminer leur position. Mais plutôt que de leur dire, nous allons les laisser indiquer leur adresse de départ : ainsi, il·elle·s n’ont pas l’impression d’être sous surveillance ».

Amoindrir sa performance pour respecter le ressenti du public… Le concept paraît incroyable. « Nous n’avons pas de régulation aussi établie qu’en Europe, et certains acteurs n’hésitent pas à pénétrer le marché de manière agressive. Certes, ils sont performants… mais les internautes sont sceptiques vis-à-vis de ces techniques. Nous pensons qu’il est plus judicieux de respecter l’histoire et la culture d’un pays ».

Yahoo! JAPAN: Collaborating & Innovating with Analytical Ecosystems

S’allier à d’autres puissances pour suivre les tendances

En 20 ans, les utilisateur·rice·s ont délaissé l’ordinateur pour accéder majoritairement aux services de Yahoo via mobile. « Nous devons suivre ces usages de près si nous voulons proposer le service le plus adapté ». Pour y parvenir, les équipes envisagent de se rapprocher d’autres acteurs – et pas forcément du secteur internet ! « Nous ne cherchons pas le profit à tout prix, mais une meilleure compréhension de nos audiences. En ce sens, nous cherchons à nouer des partenariats avec d’autres entreprises. Avant, nous faisions beaucoup d’acquisitions… Mais je pense qu’à l’avenir, ce qui fonctionnera le mieux, ce sera les partenariats », conclut Fumihiko Sakurai.
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