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Une scène de la série Girls dans laquelle Hannah travaille dans son lit, avec son ordinateur
© Girls - HBO

Oui, on peut être désorganisé, dormir la journée, ne pas mettre de réveil et tenir ses objectifs

Le 20 nov. 2018

Qu'ils soient pros ou persos, tout le monde se fixe des objectifs. Sauf qu'à la différence de vous et moi, certaines personnes les tiennent... Allez, on est sympa : on vous explique comment elles font. 

31 décembre 2008. Entre un petit four et une coupe de champagne, Mark Zuckerberg a une illumination : cette année, il va prendre une bonne résolution. Et parce que Mark aime faire les choses en grand, il ne se contente pas d’afficher ses objectifs sur son frigo. Sa bonne résolution, il la partage avec toute sa communauté, sur Facebook ! C’est ainsi que le 1er janvier 2009, le monde entier apprenait que Mark Zuckerberg allait porter tous les jours une cravate au travail.

Anecdotique ? Parfaitement ! Mais depuis, les défis annuels du patron de Facebook sonnent comme un rendez-vous à ne pas manquer. Apprendre le mandarin, devenir végétarien, se remettre au code, remercier celles et ceux qui rendent le monde meilleur, lire deux livres par mois, développer sa propre intelligence artificielle, découvrir une personne de chaque État américain... Des objectifs qu’il mène à bien et qui inspirent ses fans – même si, en 2018, le ton change puisqu’il prend la décision résolument business de « réparer Facebook ».

Être désorganisé n'est pas un fléau

Le phénomène prend de l’ampleur et fait des petits. Dans l’Hexagone, Soraya Khireddine en est un bon exemple. Ses livres préférés ? Le moine qui vendit sa Ferrari et Les Quatre Accords toltèques.

Quand on la suit sur Instagram, on a l’impression que tout, dans les journées de Soraya, est millimétré. Chaque matin, elle partage son petit rituel – « un thé et une citation de mon livre de méditation ». Mais – preuve qu’il faut se méfier des médias sociaux –, elle admet qu’elle est en réalité « très mal organisée ». C’est justement pour pallier cela qu’elle fait des listes pour tout ce qu’elle entreprend avec la volonté de « ne plus être spectatrice » de sa vie, « d’en écrire le scénario ».

Cette entrepreneuse, qui a entre autres cofondé MinuteBuzz, a ainsi fait le pari ambitieux de se fixer 12 objectifs par an – qu’ils soient personnels ou professionnels. Apprendre le portugais, écrire un livre, lancer un magazine, passer le permis bateau… Elle garde certains privés, et partage les autres avec sa communauté qui s’élève sur Instagram à plus de 16 000 abonnés. Ses « 12 goals », comme elle les appelle, la « structurent totalement ». « Si j’étais une plante, je dirais que ces goals sont comme un tuteur qui me permet de me développer. Ça ne veut pas dire que je ne vais pas aller un peu à gauche ou un peu à droite. Mais je vais grandir. »

Quand tu parles de tes objectifs, tu es obligé de les tenir

Elle lance le projet il y a cinq ans. À l'époque, elle a 25 ans et beaucoup d’exigence envers elle-même. « C’était un peu le marathon des goals : ils étaient tous très ambitieux et fixés en début d’année. Aujourd’hui, c’est différent. Je laisse couler, certains me prennent six mois, d’autres beaucoup moins. Ce qui n’a pas changé en revanche, c’est que je continue de prendre les gens à témoin. » Ses amis, sa famille, son entourage professionnel, sa communauté… Soraya partage toujours ses goals. « Ça t’oblige à les tenir. Plus tu en parles, plus tu as de chances d’aller au bout. » Quand elle a voulu lancer le magazine papier d’Influenth, elle en a parlé en story. « Résultat : mes abonnés l’attendaient, ils me posaient des questions, voulaient s’abonner. Quand ça se passe comme ça, tu n’as pas envie de décevoir ! »

Elle a concocté la recette qui lui convient. « Les bouquins type Miracle Morning, non merci. J’ai trouvé le rythme qui me correspond. Je ne suis pas sûre qu’en me levant tous les matins à 5 heures comme Richard Branson, je serais plus efficace… » La seule chose qu’elle s’impose, c’est d’écouter son corps. « Si je ne suis pas fatiguée, je vais travailler la nuit, quitte à rentrer dormir une heure pendant la journée si j’en ressens le besoin. C’est la raison pour laquelle les gens ont l’impression que j’en fais plus que la moyenne : mes journées n’ont pas de format imposé. »

Il lui arrive de ne pas travailler en semaine, de ne pas mettre de réveil – ou, au contraire, de travailler tout un week-end. Ça peut donner un sentiment de désorganisation, mais ses journées sont en fait très structurées. « Je m’astreins à ne lire mes e-mails que deux fois par jour. Je time les réunions clients pour ne pas tuer ma productivité. Le matin, je lis mon livre de méditation. Le soir, je fais mes to-do lists du lendemain. Avant de me coucher, je réfléchis à ma journée, à ce que j’ai aimé, moins aimé, et à la façon dont j’aurais aimé que ça se passe… Je ne suis pas une psychorigide du temps. Mais avoir des rituels permet de se structurer et de se sentir en phase avec soi-même. »

Elle en est convaincue, à tel point qu’elle voudrait que les écoles s’intéressent au sujet. « Ce n’est pas aux entreprises de faire ce boulot vis-à-vis des employés. Pour que ça entre dans les mœurs, il faut que ça devienne un sujet d’éducation. Tout le monde n’a pas le même rythme, le même fuseau horaire. Les gens doivent trouver les leurs, c’est un réel enjeu. Sinon, ils risquent d’être jetlaggés. »

Alors, prêt à fixer vos goals ?


Cet article est paru dans la revue 16 de L'ADN consacré aux nouveaux rituels. Vous en voulez encore ? Vous pouvez commander votre exemplaire ici.

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