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Jean-Claude Van Damme devant un drapeau américain

ASAP, next step, feel free... ces anglicismes qui nous cassent les balls

Le 8 nov. 2018

À force de vouloir penser outside the box, on finit par tous avoir le même pitch. Next step ? On arrête le franglais au travail. Merci.

Avoir une langue commune, c’est parfois bien pratique – surtout dans les entreprises internationales. Mais comment expliquer tous ces anglicismes qui pullulent même dans les petites boîtes franco-french ? Dans son ouvrage Les 100 expressions à éviter au bureau et ailleurs, le journaliste et chroniqueur du Figaro Quentin Périnel recense les plus énervants. Florilège.

Outside the box

Penser « outside the box », c’est ne pas réfléchir comme tout le monde. Une formule toute faite pour décrire un ambitieux projet. Problème : si tout le monde pense outside the box, est-ce qu’on ne risque pas de dépasser les bornes ?

 

Les best practices

Est-ce que ça donne vraiment l’air plus intelligent que de parler de « meilleures pratiques » ? Non. Sans compter que c’est plus difficile à prononcer, et que vous risquez de buter en cours de phrase.

 

Next step ?

On vous l’accorde – c’est plus rapide que de demander quelles sont les prochaines étapes. Mais ça a un petit côté expéditif assez désagréable…

 

Feel free !

« Voilà le plan, après, si tu as des idées, feel free ! » Le problème de cet anglicisme, c’est qu’il peut être utilisé à double sens. Ça peut être une véritable proposition – « je t’en prie, apporte ton éclairage sur le sujet » -, ou une tentative de dissuasion – « fais comme tu le sens mon gars, mais à ta place, je ne ferais pas le malin ».

 

 

Prends le lead

Attention. Si on vous laisse prendre le lead sur un projet, ce n’est pas forcément parce que l’on croit en vos qualités de leader. C’est aussi parce qu’on n’a pas envie de se mouiller soi-même, et de risquer de prendre la mauvaise décision…

 

Je vous donne mon go

On a un peu l’impression qu’il s’agit du départ d’une course de fond… Mais non… C’est en général un manager qui donne son accord. Pour commencer un projet, envoyer un mail, ou prendre une pause dej’.

 

C’est quoi ton pitch ?

À ne pas confondre avec la célèbre brioche du même nom, le pitch doit permettre d’expliquer en accéléré et simplement une idée, un projet, ou un positionnement en y mettant une touche d'émotion, et en coupant tous les détails so old school... du genre : est-ce que ça marche ? ou à quoi ça sert ?

 

On fait une conf call ?

Petit plus de la réunion téléphonique par rapport à la réunion de visu : on peut y assister en pyjama. Mais c'est valable en français et en anglais.

 

On va « brainstormer » ?

Encore plus irritant que le brainstorming, son diminutif « brainsto ». Dans les deux cas, cet anglicisme sert souvent à désigner une réunion bancale à l’objectif mal défini. Résultat : on perd du temps, et on ressort souvent sans idées mais crevé.

 

C’est sur la roadmap

Si un projet qui vous tient à cœur est sur « la roadmap » (la feuille de route, donc), vous pouvez vous en inquiéter. Au mieux, vos collègues concernés n’en font pas une priorité. Au pire, ils n’en ont carrément rien à carrer.

 

Sky is the limit

L’expression traduit les ambitions parfois complètement démesurées des entrepreneurs. Pour un peu on se croirait presque dans une chanson de R. Kelly.

 

Shooter un mail

La technique est aussi agressive que l’expression : shooter un mail, c’est bombarder une info au plus grand nombre de destinataires, sans distinction, histoire de tirer dans le tas !

 

ASAP

As Soon As Possible – soit « dès que possible ». C’est comme « Lol » ou « hashtag ». A la rigueur, vous avez le droit de l’écrire. Mais pas de le dire. Pitié.


Quentin Périnel, Les 100 expressions à éviter au bureau & ailleurs, Le Figaro - disponible ici

Couverture du livre de Quentin Périnel, les 100 expressions à éviter au bureau et ailleurs


Crédit photo : Jean-Claude Van Damme

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