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un homme assis sur son bureau regarde son patron

Ne courez pas ouvrir une fromagerie, il est possible de transformer votre bullshit job

WAT
Le 16 oct. 2018

L’intitulé de votre poste comporte les termes « stratégique », « créatif » ou « vice-président » ? Selon l’anthropologue et économiste américain David Graeber*, vous exercez certainement un authentique « bullshit job ». Mais pas de panique ! Vous, communicants, n’êtes pas complètement perdus pour la cause et vous pourriez même aider les salariés de votre entreprise à trouver du sens à leur travail. L'agence WAT vous explique comment en 5 conseils pratiques.

Ils sont nombreux les salariés du secteur tertiaire à quitter leurs CDI douillets pour s’aventurer dans le merveilleux monde… de l’artisanat. Envahis par un puissant sentiment d’inutilité au travail, ils sont prêts à casser leur PEL (et leurs illusions ?) pour financer leur formation en permaculture, monter une fromagerie, lancer leur marque de bière bio… À l’origine de cette tendance à la reconversion, prédomine le sentiment d’exercer un « bullshit job ». Il s'agit d’un de ces emplois inutiles qui déprimeraient fortement ceux qui les exercent, au point de faire tourner à plein régime la fabrique à néo-artisans. Si le phénomène alimente largement les réseaux sociaux, tous les boulangers ne sont pas d’anciens traders et tous les fleuristes des ex-attachés de presse en burn-out. En y regardant de plus près, on est plus sur un microphénomène qu’une tendance de fond. Mais cela dit quelque chose de notre époque, de notre rapport au travail, et même de notre métier de communicant.

Une cause, des raisons multiples 

Ça va mieux en le disant : si les salariés changent radicalement de job, c’est bien souvent parce qu’ils souffrent au travail. À coups d’explosions de boîtes mails et d’abus de visio-conférences, nos métiers sont devenus moins concrets et l’humain se dilue dans la multiplication des process et l’émiettement des tâches. Et les dircoms dans tout ça ? En bonne place dans la communauté des présumés bullshit jobs, la Communication a quand même un sérieux rôle à jouer pour éviter que les salariés se sentent inutiles. Donner du sens au travail, aider chacun à avoir confiance dans l’entreprise… Trop ambitieux ? Insurmontable ? Si la Communication n’a pas tous les pouvoirs (ça se saurait), elle peut contribuer aux grandes transformations de l’entreprise et même les impulser. Cinq conseils pour commencer...

Conseil n°1 : donner un cap à vos salariés

Le constat : Le sentiment d’exercer un métier vide de sens résulte d’une équation à deux inconnues : quelle est ma place dans l’organisation ? Où va mon entreprise ? Face à ces questions existentielles, les salariés se retrouvent souvent face à un grand silence…

L’idée : Les équipes ne peuvent pas se sentir impliquées dans un projet dont elles ne voient pas la finalité. À vous de les aider à y voir plus clair.

Les bonnes initiatives : Expliquez votre stratégie, parlez des tendances du secteur. Bref, projetez-vous dans l’avenir ! De grands dirigeants le font déjà. Parmi eux, Pascal Demurger, le directeur général du groupe MAIF, qui utilise les réseaux sociaux pour partager sa vision et donner les grands enjeux du marché de l’assurance. De son côté, la présidente du Conseil national de l’Ordre des Pharmaciens a choisi le podcast pour adresser à ses confrères sa vision d’une profession au service de la santé publique.

Conseil n°2 : oser dire la souffrance (et savoir l’écouter)

Le constat : Si le bonheur est à la mode, son expression s’avère rapidement creuse. Tandis que la colère et ses cousines peur et frustration sont, elles, souvent dignes d’intérêt. Couplées aux rêves, elles peuvent même s’avérer pleines de créativité…

L’idée : Sortez du « je vais bien, tout va bien » pour dire ce qui ne fonctionne pas, ce qui dérange et encourager les salariés à le faire.  Votre communication gagnera en crédibilité et vous pourriez même avoir une chance de trouver de vraies solutions à de vrais problèmes.

Les bonnes initiatives : Comme chez BMW France, valorisez, via vos médias internes, les exemples à suivre.  Vous pouvez aussi décrypter les difficultés voire les échecs rencontrés par de votre entreprise, à l’instar du magazine 2 mois d’événements sécurité édité par SNCF. Ce dernier revient en temps quasi-réel sur les dysfonctionnements en proposant des solutions concrètes. Chez WAT aussi, on encourage nos clients à exprimer leurs « souffrances » et leurs rêves grâce à la value proposition design. Derrière ce nom barbare, une idée toute simple pour co-construire avec eux : intégrer leurs frustrations (« personne ne lit le rapport annuel ») et leurs rêves (« j’ai envie d’avoir un Lion à Cannes ») dans une proposition de valeur créative et innovante. 

Conseil n°3 : créez un sentiment d'appartenance

Le constat : du personnel d’accueil au président, chacun sait ce qu’il doit faire et le fait bien. Seulement voilà, malgré les open-space qui rassemblent et les team-building qui rapprochent, chacun reste cantonné à sa tâche, sa fonction. Bien souvent, les interactions se limitent à de brefs échanges autour d’une machine à café récalcitrante ou d’une barquette de salade industrielle…

L'idée : On se sent plus investi et en confiance quand on appartient à une communauté dans laquelle on se reconnait.

Les bonnes initiatives : Comme le groupe Saint-Gobain, valorisez votre communauté en réalisant des portraits de vos salariés partout dans le monde. Utilisez un format vidéo qui détourne les codes des réseaux sociaux. Une stratégie payante car la série #WeAreAllSaintGobain a enregistré plus de 3 millions de vues. Vous pouvez aussi encourager et fédérer les communautés, à l’instar de BNP Paribas Cardif qui a choisi de célébrer le premier anniversaire de ses collaborateurs dans l’entreprise. Cet afterwork « Happy first year » a réuni près de 300 jeunes embauchés qui ont pu tester en avant-première « Ages of Cardif », un social game sur l’histoire de l’assureur. Et puis pour développer la solidarité entre les collaborateurs, inspirez-vous du dispositif digital « I Tag You » créé par AXA Banque. Sur une plateforme, les salariés peuvent éditer une marque de reconnaissance de leurs collègues, un « tag » convertible en chèque cadeau dématérialisé. Résultat : plus de 80 % des collaborateurs utilisent leurs 3 tags alloués tous les mois.

Conseil n°4 : sortir du diktat du baby-foot  

Le constat : Qu'elle est cool et Google-compatible l’idée de dépenser 10 % de votre chiffre d’affaires dans un authentique babyfoot Bonzini, quatre poufs géants, une PS4 et un distributeur de pop-corn ! Sauf que tout cet attirail n’a pas grand-chose à voir avec l’identité de votre entreprise et que tous les salariés de votre entreprise ne sont pas des adeptes de la kermesse au travail. 

L’idée : Ne reniez pas votre ADN ! Osez montrer le vrai visage de votre entreprise et vous éviterez la désertion des salariés qui auraient le sentiment d’avoir été trompés sur la marchandise.

Les bonnes initiatives : Dévoilez les coulisses de l’entreprise aux nouveaux venus comme chez Adecco où, chaque année, un stagiaire devient « PDG pour un mois ». Votre secteur d’activité manque d’attrait pour les nouvelles générations ? Affichez la couleur dès le recrutement, comme MBDA, le leader européen de l’industrie missilière, qui opte pour la transparence à l’égard des futures recrues en leur parlant clairement de la réalité des métiers de la défense et de l’engagement que cela représente.

Conseil n°5 : passer du discours à l’action

Le constat : La plateforme de marque de votre entreprise consacre des pans entiers à vos valeurs, votre raison d’être, votre mission... Seulement, malgré toute votre bonne volonté (et un super beau ppt !), vous vous rendez compte que vos collaborateurs ne se sentent toujours pas concernés et que les discours ne sont pas toujours traduits en faits...

L’idée : Passez de l’aspirationnel à l’opérationnel en traduisant concrètement en actions votre vision, votre stratégie, vos valeurs et votre métier.

Les bonnes initiatives : Le groupe Clarins a traduit ses valeurs d'entreprise (respect, engagement, coopération, audace, passion) en comportements opérationnels. Ces attitudes attendues de la part de ses collaborateurs, mais aussi de ses managers, ont même été intégrées dans les grilles des entretiens d’évaluation. De son côté, Orange a créé « le Cube », un jeu d’entreprise à destination de l’ensemble des collaborateurs aux quatre coins du monde pour s’approprier de façon ludique la stratégie d’entreprise.

Pour en savoir plus sur l’ensemble de ces thématiques et passer en revue les bons leviers qui créent de la confiance avec vos collaborateurs, rendez-vous lors de notre prochaine WATinée. Ce tout nouveau format de rendez-vous créé par l’agence mêle décryptage et design thinking.

*Bullshit jobs – Un phénomène mondial ! de David Graeber, éd. Les Liens Qui Libèrent, 2018

Crédit photo : Fight Club de David Fincher

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