Marine le Pen et Emmanuel Macron avec une station essence en fond

Mais où est passée l’écologie ? Les 4 questions-clés pour les candidats du second tour des présidentielles

Éclipsé par une actualité internationale marquée par la guerre en Ukraine et ses conséquences économiques, le grand enjeu de notre temps semble être passé à la trappe. Le Shift Project propose 4 questions à poser aux candidats dans la perspective du second tour.

À l’approche du débat d’entre-deux-tours qui se tiendra mercredi 20 avril, et du second tour de l’élection présidentielle du dimanche 24 mars, le Shift Project se penche sur les quatre questions incontournables en matière d’énergie et de climat. Ce think-tank a su se tailler une place de choix dans le débat public. On lui doit d’avoir imposé la notion de planification écologique, une idée centrale à gauche dans le programme des Insoumis et des Verts, que l’on retrouve également dans la bouche du président-candidat Macron. Depuis ce weekend, celui-ci s’emploie à repeindre en vert un programme où la question écologique n’était présente que par touches. D’écologie, il n’est quasiment pas question dans le programme de Marine Le Pen. La candidate rejette même l’idée de sobriété énergétique et de décarbonation de l’économie. Et pourtant, le ou la prochain·e président·e aura à fort à faire pour inscrire la France dans la trajectoire des Accords de Paris. Pour le moment, aucun des deux ne relève le défi.

Axe 1 : Équité sociale

La question : Comment allez-vous concilier les mesures destinées à limiter la hausse des coûts des carburants et vos objectifs de sortie des énergies fossiles ?

Pourquoi c’est important : La hausse des prix à la pompe n’est pas un phénomène passager. Dans les mois et années à venir, il deviendra plus cher de se déplacer dans des véhicules à essence. Un phénomène lié à la raréfaction des ressources pétrolières. Ce choc d’offre sera plus difficile à absorber pour les ménages les plus modestes et ceux dépendant de leur voiture. Le mouvement des Gilets Jaunes l’a démontré. Dès lors, la question d’une sortie des énergies fossiles est cruciale. Cette sortie doit être planifiée. Pour le moment, on continue de foncer plein gaz vers l’iceberg qui pourrait couler nos économies très dépendantes du pétrole.

Axe 2 : Emploi

La question : Que prévoyez-vous pour les secteurs qui risquent d’être impactés négativement par la sortie des énergies fossiles (aviation, agroalimentaire, construction automobile, transport routier…) ?

Pourquoi c’est important : Essor de nouvelles compétences, reconversions, transferts d’emplois… Une politique écologique d’ampleur devra prendre en compte la question centrale de l’emploi. Le sujet est sensible, tant il est mobilisé comme argument bouclier pour justifier l’immobilisme en matière de transformation écologique. Et pourtant, l’écologie recrute. L’économiste Gaël Giraud estime ainsi que la rénovation thermique du bâti en France pourrait créer en moyenne 15 emplois par million d’euros investi. Soit 500 000 emplois en 3 ans.

Axe 3 : Sobriété

La question : Quelles mesures concrètes de sobriété prévoyez-vous de mettre en œuvre ?

Pourquoi c’est important : L’efficacité énergétique appartient aux années 2000. Vingt ans plus tard, il faut viser la sobriété, c’est-à-dire la limitation collectivement organisée de notre consommation d’énergie. Seulement, notre monde ultra-connecté est chaque jour plus énergivore. Un accroissement des usages que ne suffisent pas à compenser les sources d’énergies non-carbonées comme le nucléaire et le renouvelable. Dès lors, la sobriété énergétique est la seule voie pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Soit pour la France, une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à leur niveau de 1990.

Axe 4 : Pilotage

La question : Quels instruments politiques comptez-vous mobiliser pour accompagner, contrôler et soutenir les acteurs dans la mise en œuvre de la transition, à chaque échelon de la société ?

Pourquoi c’est important : « L’énergie est le sang de la société. Réussir la sortie des énergies fossiles, c’est réussir une opération à cœur ouvert », note le think-tank. Une pareille opération nécessite des outils de précision : chiffrages, instruments de gouvernance et de pilotage de la transformation sur le long terme. Mais il faut aussi un plan. Une vision détaillée dans le plan de transformation de l’économie française réalisé par le Shift Project.

commentaires

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  1. Moulin Marc dit :

    Les politiques, petits ou grands, élus gouvernementaux ou locaux, ne sont pas conscients de l'urgence climatique, des enjeux énergétiques. ( ou alors ils font semblant afin de séduire un électorat )
    Dés lors, comment leur poser de manière compréhensible pour eux les 4 questions-clés citées plus haut ??
    De plus, il y a des enjeux également environnementaux tout à fait cruciaux pour pouvoir continuer à vivre dans un milieu supportable. La déforestation, l'urbanisation, l'artificialisation des terres avec la disparition de la faune et de la flore sont à prendre en compte de façon urgante également !!
    Devant l'ampleur de la tâche les politiques sont incapables ......... La démocratie également.

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