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Minnie et Mickey sur un char à Disneyland Paris
© Bastiaan Slabbers via Getty Images

L'Oréal, Disney, Danone, Accor... Ces marques qui agissent contre le dérèglement climatique

Le 26 mars 2019

Les grands groupes sont à la source de tous les dérèglements écologiques. Peu à peu, ils s’emparent du sujet. Oui, il reste du taff. Mais c’est un début…

DÉFORESTATION

LES FAITS 

À cause de la déforestation, les forêts émettent désormais plus de CO2 qu’elles n’en absorbent. En 2017, une étude publiée dans la revue Science démontrait que les régions tropicales dégageaient aujourd’hui environ 425 milliards de kilos de CO2 dans l’atmosphère par an – en comparaison, en Europe, les voitures rejettent annuellement 4,9 milliards de kilos de C02.

LES GESTES

Avec plus de 60 millions de tonnes par an, l’huile de palme est l’huile végétale la plus produite au monde. Pour obtenir un tel rendement, on détruit les forêts naturelles pour planter des palmiers. Conscientes du problème, certaines entreprises ont commencé à agir. C’est notamment le cas de L’Oréal, qui, depuis 2007, travaille à garantir un approvisionnement durable des matières à l’origine de la déforestation. Pour rappel, l’entreprise achète près de 400 tonnes d’huile de palme chaque année et utilise 74 000 tonnes de dérivés d’huile de palme. Depuis 2010, 100 % de cette production répond aux normes de la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), et, d’ici 2020, le groupe devrait assurer les objectifs de sa politique Zéro Déforestation publiée en 2014.

Mais l’industrie cosmétique n’est pas la seule concernée. Épinglé par le Rainforest Action Network (ONG basée à San Francisco qui lutte pour la protection des forêts), Disney a annoncé en 2012 changer ses fournisseurs de papier, évitant ainsi d’utiliser les feuillus tropicaux.

AGRICULTURE

LES FAITS

Les engrais chimiques sont responsables de 12 % des gaz à effet de serre du secteur et la vente de pesticides ne cesse d’augmenter (la France est le 1er consommateur européen), entraînant destruction de l’écosystème, pollution des sols et de l’eau et maladies des agriculteurs.

LES GESTES

Danone collabore avec plus de 140 000 agriculteurs. Depuis 2017, l’entreprise valorise une agriculture régénératrice. Elle a mis en place des fonds permettant aux agriculteurs d’accéder à des formations, des équipements et des financements. Objectif : n’utiliser que des ingrédients produits en France d’ici 2025. Emmanuel Faber, PDG de l’entreprise, a d’ailleurs annoncé vouloir être « l’entreprise globale la plus locale de son secteur ». La société a fait un don de l’équivalent d’un jour de ventes (environ 5 millions d’euros) dans ce cadre sur l’année 2018. Pour ce qui est des animaux, Danone n’utilise désormais que des œufs de poules élevées en plein air et les produits végétaux représentent désormais 15% de son portefeuille de produits « laitiers ».

Les distributeurs s’y mettent aussi. Carrefour veut accompagner 500 agriculteurs dans la conversion au bio. La demande explose, mais 31 % du bio consommé en France en 2017 était importé. L’entreprise souhaite donc augmenter les surfaces dédiées à cette agriculture. La conversion demande du temps pour se former et changer les modes de production, et coûte cher aux agriculteurs. Les aides publiques mettent du temps à être perçues. Le programme d’accompagnement de Carrefour garantit un volume d’achat et la méthode de fixation des prix pour une durée couvrant la période de conversion et au-delà.

ZÉRO DÉCHET

LES FAITS

Entre déchets plastiques et déchets alimentaires, la planète et les océans subissent. Leur traitement coûte cher, et ceux qui ne sont pas valorisés terminent bien souvent leur vie dans la nature.

LES GESTES

Le premier visé, c’est le packaging. Less is more et les entreprises s’emparent du credo. La marque de cosmétiques LUSH a abandonné les emballages pour 35 % de ses produits – avec sa gamme « Naked ». Bonus : les produits ne contiennent que peu (ou pas) d’eau.

Une autre avancée vient de certains mauvais élèves de la grande conso. Coca-Cola, Milka, Eviantous ont choisi de rejoindre l’initiative Loop, lancée au printemps 2019. Cette plateforme de e-commerce les fait passer à des contenants réutilisables au moins 100 fois. Le principe est simple : on commande en ligne, le produit arrive dans un emballage durable. Une fois qu’il est vide, Loop le récupère.

AccorHotels réduit ses déchets alimentaires dans le cadre du plan Planet 21 élaboré en 2015. Le groupe déploie une charte alimentation saine et durable dans ses restaurants et mettra en place 1 000 potagers d’ici 2020 dans ses hôtels. Certains hôtels sont déjà engagés : le Pullman d’Auckland fait de la marmelade à partir de pelures d’oranges pressées, le MGallery Hotel St-Moritz de Queenstown transforme le lait non consommé en fromage, le Novotel de Nantes Carquefou utilise les viennoiseries non consommées pour en faire du pudding et le Sofitel Bangkok Sukhumvit a réduit ses déchets de 50 % en 4 mois grâce à la mise en place d’un système de mesure.

BÂTIMENT & ÉNERGIE

LES FAITS

Les chantiers produisent 70 % des déchets des villes, selon la Fresque du Climat, et les bâtiments, qui utilisent des énergies fossiles et de l’électricité, sont responsables de 20 % des gaz à effet de serre.

LES GESTES

Saint-Gobain Distribution (l’une des principales entreprises de distribution de matériaux de construction) a soutenu Les Ripeurs au côté du Possible Future French Bureau. Il s’agit d’un service permettant aux artisans du bâtiment de mieux gérer leurs déchets. Pour rappel, aujourd’hui, ce sont 18 000 tonnes de déchets qui sont évacués chaque jour en Île-de-France (dont la majorité finit en décharge sauvage ou municipale). L’initiative repose sur un principe de collecte, assurant que les déchets finiront en déchetterie professionnelle et seront revalorisés. Un an après le lancement, Les Ripeurs enregistrent 600 000 euros de chiffre d’affaires.

Bouygues Immobilier expérimente un chantier zéro déchet près de Lille. Les bâtiments existants représentent 30 000 tonnes de béton, 10 000 m2 de parquet et 4 500 luminaires. Les équipes ont identifié ce qui pouvait être réutilisé sur place ou récupéré par des associations ou des entreprises.

Niveau énergie, les modèles se réinventent complètement. Économie d’Énergie a construit son business sur une logique contre-intuitive : celle de vendre moins. L’entreprise pense long terme : il s’agit de rénover des logements (ou d’en construire de nouveaux) pour en faire des bâtiments à énergie positive. In fine, les consommateurs doivent devenir producteurs de leur propre énergie.

Commentaires

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  • Dites donc, cela sent un peu le green washing pour ces grands groupes qui d'un côté peuvent certes lancer des actions qui vont dans le bon sens mais continuent de l'autre d'avoir des pratiques douteuses. Pour exemple Danone et son combat pour avoir la main mise sur les sources d'eau potable....cela sent un peu l'article nourrit uniquement de communiqué de presse...