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Couverture de la revue de L'ADN 24 Génération Z

La Gen Z... Big Brother aurait-t-il fait des petits ?

© L'ADN - photo couverture Cécilia Poupon

La revue de L'ADN vient de sortir. Avec ce nouveau numéro, on vous emmène à la rencontre des juniors, les fameux "Z". À tous les plus de 25 ans, on promet la prise d'un grand coup de jeune – de quelques coups de vieux aussi– mais surtout d'un carton plein de conversations à lancer avec cette nouvelle génération qui ne demande que ça : prendre part aux débats.

« Z » , vous en prendrez bien une tranche ?

Petite précision liminaire sur qui sont les Z... Les Z sont comme les X et les Y avant eux, une tranche d’âge. Par convention, ils sont ceux nés après 1996, en toute logique donc, en 2020, aucun Z n’a plus de 25 ans. Ensemble, ils représentent 32 % de la population mondiale, et, comme ils aiment à le rappeler, l’avenir se fera surtout avec eux. De fait, dès 2025, ils composeront 50 % des effectifs des entreprises et en tiendront les commandes d’ici quinze à vingt ans. Bref. Si les Z sont déjà les enfants de la patrie, un jour pas si lointain, ils seront vos boss, vos élus, votre président.e de la République.

Little Brother, fils de Big !

Évidemment, avoir (plus ou moins) 20 ans en 2020, c’est d’abord et avant tout avoir (plus ou moins) 20 ans tout court. Il ne faudrait pas s’étonner, donc, de découvrir les Z plus agités, plus passionnés et davantage prêts à en découdre que la moyenne des quinquas. C'est le fameux "effet d'âge".

Toutefois, les Z ne sont pas des vingtenaires tout à fait comme les autres. Ils ont réellement un truc en plus. Ils sont la première génération à être nativement hybridés avec le numérique. « Génération frontalière, transfrontalière » , résume l’essayiste Élisabeth Soulié, et affûtée pour faire « des allées et venues permanentes » entre deux mondes – le réel, et le virtuel. Et, ils s’avèrent être très à l’aise avec les règles des deux bords. Côté IRL (*), on l’a vu cet été, quand une bande de jeunes Britanniques scandaient « Fuck the Algorythm » , furieux qu’ils étaient que leurs affectations post-lycée aient été confiées à un ordinateur. Le résultat leur semblait injuste, alors ils exigeaient réparation du gouvernement. Et l’on obtenue. Côté numérique, les Z maîtrisent aussi. Big Brother les observe ? Évidemment qu’ils le savent ! Alors, quitte à être vus, ils n’hésitent pas à aller regarder. Comme Éloi, 20 ans, qui utilise un outil autrefois connu des seuls pros pour savoir qui vient voir son profil Instagram. Ça lui en coûte 2 euros par mois. « Mais ça vaut le coup. Ça me permet de savoir quelles filles j’intéresse !  » T’as capté ? L’éducation sentimentale s’apprend sur des Tinder bricolés à la mano.

Cash-Clash et sans filtre

Les Z se revendiquent authentiques. Pour eux, pas besoin de jouer à cache-cache en se planquant derrière – au choix – ses diplômes, sa carte de visite, ses savoirs encyclopédiques. De toute façon, les followers ne viennent pas du tout pour voir ça. Ils adoubent celui ou celle qui partage sa vie sans filtre. Montrer qui on est, dire ce qu’on vit. La base ! Avec une grosse tolérance pour les dégoulinades d’émotions.

Les limites de l’intime auraient-elles reculé de quelques bons mètres ? Heu, oui, carrément, et sans se gêner. L’essentiel, c’est d’y aller cash, quitte à monter au clash si ça devait déplaire. À ce jeu du grand étalage, les angoissés sortent de leur réserve. Ça ne tourne pas rond dans leur tête ? Y’a pas de souci ! Ils en font le sujet de leur compte Insta. Frayeurs nocturnes, énurésies tardives, internements..., dans le fil des commentaires, on se raconte. Ici, pas de psy, d’experts, de gens de métier. On dédramatise ces (a)normalités entre pairs, car, comme dit l’homme autoproclamé « le plus flippé du monde » , Théo Grosjean : « Je ne vois pas trop l'intérêt d’être pudique sur des éléments de la vie quotidienne que tout le monde ressent. » Tout le monde, peut-être, tout le talent étant de les sublimer comme personne.

Hors case et hors piste, et, pour cela, préfère le fluide

Les Z ne rentrent pas dans nos cases, et quand ça dépend et que ça dépasse..., ben, ça dépasse, et on s’en balek’ (NDLR : abréviation de : "on s'en bat les couilles"). Pas besoin de définitions, de cadres, d’autorisation de déplacement pour être fluide et passer d’un état à un autre. Transfrontalier, oui, mais de soi-même avant tout ; à charge pour chacun d’assumer ses contradictions. Hasni nous raconte. Il est un garçon. Il se maquille – en fille. Des fois l’une, des fois l’un, ni complètement l’une et ni complètement l’un, les deux à la fois, en même temps et en décalé. C’est pas clair pour vous ? Débrouillez-vous avec. De toute façon, le temps n’étant plus aux destins tout tracés façon autoroute du soleil, les Z ont bien l’intention de faire dans le hors-piste.

Passe ton bac d’abord ? C’est le bout du max de la reco’ qui pourrait rester audible. Quant au « métro, boulot, dodo » , ce sera sans eux, merci. Les plans sur l’horizon, c’est trop loin. À la recherche du kiff perdu, c’est déjà pas si mal, pourvu que ça puisse quand même faire un peu d’oseille. Sur la plateforme Twitch, les streameurs en herbe apprennent vite que tout se vend – leur passion pour commencer. Et que tout s’achète – au bon cœur de leur communauté...

Engagez-vous, se disent-ils !

Les Z ont les deux pieds dans l’actu, « swipant » de scandales en lâchers d’opinions. Mais, attention, ils ne se contentent pas de liker des vidéos – fussent-elles de poussins broyés ou de statues qu’on déboulonne. On les a pris pour des Greta ? On a eu raison. Ils sont convaincus, comme Camus en son temps, que leur génération n’est pas tant « vouée à refaire le monde » qu’à « empêcher que le monde ne se défasse » . Ils ont montré qu’ils savaient prendre la rue et distribuer des coups de gueule dans les grandes assemblées. Aucune envie de se faire mener par le bout du vote électronique : ils veulent qu’on les écoute, face à face, et les yeux dans les yeux.

Le monde selon les Z

Est-il possible de faire le portrait d’une génération en 200 pages ? Pas sûr. D’autant moins quand elle aime brouiller les codes. Peut-on imaginer à quoi ressemblera le monde selon les Z ? Pas évident non plus. Qui aurait prédit que les zazous construiraient des barres HLM, que les soixante-huitards donneraient dans le néolibéralisme, et que les noceurs des années 80 accoucheraient de véganes sensibles aux circuits courts... ?

Ce qui est certain, en revanche, c’est que les Z débarquent, qu’ils sont déjà là, en fait. Pour les connaître, pas besoin de brancher le WiFi, de tenter de les ranger par catégories, ni de leur trouver des qualificatifs, il suffit d’aller les rencontrer. On l’a fait, on a tous pris notre petit coup de vieux, mais on a adoré. Ils sont vraiment sympas, très marrants en plus, et ont vraiment plein de trucs à nous dire. Alors... OK boomer ?

 


Vous êtes juste à un clic de vous procurer le numéro 24 de la revue de L'ADN, et c'est par là ! Très bonne lecture à tous, et n'hésitez pas à nous envoyer vos questions / contributions ... pour entretenir la conversation. 


 

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