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Faux médias, faux influenceurs, trafiqueurs d’étoiles... le florissant business du fake

© Engin Yakurt

Le business sur Internet draine toute une industrie du fake. Et c'est comme pour le dopage : beaucoup savent, nombreux sont ceux qui en profitent... et la réglementation tarde.

Faux médias, experts bidons, likes truqués, trafiqueurs d’étoiles... il existe un véritable écosystème du fake. On y trouve des influenceurs peu scrupuleux, des entreprises qui en ont fait leur modèle économique, des marques qui se laissent tenter, et bien sûr, les plateformes qui tardent à faire le ménage. Généralement, ce sont ceux qui signent les chèques qui se font avoir. Encore que, eux aussi, parfois, y trouvent leur compte. Tours d'horizon de ces petites arnaques qui envahissent le web.

Le coup des followers fantômes pour se faire passer pour un influent qui pèse

Connaissez-vous le célébrissime David Michigan ? Influenceur et coach de vie tout en muscles, il cumule plus de 11 millions de followers sur Instagram, soit presque le double de Squeezie, et pas loin de David Guetta. Le vidéaste BABOR LELEFAN a mené l'enquête. Il a découvert que pour obtenir cet impressionnant résultat, l'influenceur a usé de la méthode la plus triviale qui soit : il a payé ! Il a sans doute fallu compter une centaine de milliers d’euros. 

Une trentaine de sites français proposent ce genre de services. Les faux followers s'achètent par packs et tous les  réseaux sont disponibles : Instagram, TikTok, Twitter, YouTube, Twitch...  

Les trafiquants d'étoiles sur Amazon pour mieux vendre son produit

Le réflexe est bien acquis : sur Internet, on sélectionne son produit au regard de sa note obtenue. Elle est censée représenter la moyenne de toutes celles laissées par de généreux internautes, qui ont acheté avant nous, et sont revenus sur le site pour dire combien ils sont satisfaits.

Hélas... comme il existe de faux followers, la grosse majorité de ces notes sont bidons.

C'est ce que démontre l'enquête menée par deux journalistes de Libération, Vincent Coquaz et Ismaël Halissat. Dans leur livre La nouvelle guerre des étoiles, publié fin août chez Kero, on apprend que sur Amazon, sur des produits de grande consommation comme des écouteurs et des protections d’écrans, le taux de faux avis serait de 60 à 70%.

Mais ils dévoilent surtout les mécaniques mises en place pour générer des commentaires totalement bidons et comment des internautes sont rémunérés pour laisser des avis sur des produits qu'ils n'ont jamais eu en main et qui s'avèrent parfois de piètre qualité... Et si les plateformes ne font pas grand chose, les internautes eux ne peuvent pas s'empêcher de tenir compte de ces avis.

Et pour boucler la boucle : les faux influenceurs et les faux médias pour faire passer des idées frelatées

Il n'y a pas que les faux followers... il y a aussi, les influenceurs en carton. Leur but ? Diffuser de fausses informations en tachant de la crédibiliser. Il en existe trois types. Les premiers sont les plus basiques. Ce sont des « bots » qui se contentent de partager de manière automatique tous les contenus sur un sujet. Les seconds, un peu plus sophistiqués : en plus du clic automatique, ils produisent aussi des contenus grâce à des logiciels de réécriture. Pour un seul article, ils peuvent produire 10 posts, qui vont évidemment tous dans le même sens. Enfin, au-dessus de tous, il y a l’influenceur fictif. Faux chercheur, faux professeur ou faux universitaire, il va signer des contenus qui doivent faire autorité. 

Pour approfondir le sujet, on ne saurait que vous conseiller deux excellents documentaires :  La Fabrique de l’Ignorance, à revoir sur Arte, et FAKE FAMOUS : la fabrique de l’influence d'HBO.

À revoir ici : L'industrie du fakeTendance, l'émission de L'ADN.

Tendance, l'émission de L'ADN - tous les vendredis, de 12 heures à 12 heures 30, en direct de la rédaction

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