Personne tenant un carton dans ses mains avec ses affaires de bureau

La tech européenne fait face à une vague de licenciements

© Anna Shvets - Pexels

Après les États-Unis, c'est au tour des entreprises tech européennes comme Klarna, Gorillas ou encore Getir de multiplier les plans de licenciements.

Après la numérisation à tout-va des premiers confinements, la conjoncture est moins favorable aux startups de la tech. Freinées dans leur élan, les jeunes pousses qui peinent à trouver des fonds doivent faire face à des difficultés financières. Si jusqu'ici l'Europe semblait épargnée, la voici rattrapée à son tour par la conjoncture. Rien que pour le mois de mai 2022, la newsletter « Cafétech » a recensé 50 plans sociaux dans la tech au niveau mondial. Sur le site Layoffs.fyi, qui liste les plans sociaux des startups dans le monde, on en comptabilise une dizaine en Europe pour le seul mois de mai, et une soixantaine depuis fin 2020.

Après une année 2021 riche en croissance, l'heure est à la rationalisation des budgets

Si en 2021 les levées de fonds ont atteint des records – plus de 120 milliards en Europe dont 11,6 milliards en France – l’économie montre depuis quelques semaines ses premiers signes de ralentissement. Résultat : Wall Street plonge et les valeurs tech accusent une baisse de 30 % en un an. En réaction, les investisseurs se réfugient vers des investissements moins risqués et exigent des réductions de coûts aux sociétés de leur portefeuille pour atteindre la rentabilité plus rapidement que prévu. À l'image de Bilal Zuberi, associé de la société de capital-risque Lux Capital qui a partagé un message troublant : « Les startups doivent commencer à réduire les coûts, ce qui signifiera presque invariablement des suppressions d'emplois. Le monde s'effondre et nous devons agir en conséquence. »

Tributaires de leurs investisseurs, les startups font le dos rond et licencient pour rationaliser leur business en attendant des jours meilleurs. Ainsi le britannique Hopin (logiciel événementiel virtuel) se sépare de 128 personnes, le suédois Klarna (service de paiement fractionné) a annoncé la semaine dernière un plan de licenciement qui concernera 700 employés, pour renforcer l'orientation de l'entreprise vers la rentabilité Gorillas (startup de livraison rapide d’épicerie) se sépare de 300 salariés basés à son siège social. Son concurrent turc Getir (livraison de courses à domicile) vient quant à lui d'annoncer un plan qui touchera 4 000 salariés... Un coup d'œil au site layoffs.fyi. suffit à se rendre compte de l'ampleur du phénomène.

« La chute des valeurs tech s'explique par la montée forte qu'il y a eu ces deux dernières années. Le point commun est que ce sont des entreprises qui dépensent beaucoup d'argent pour financer leur croissance et, à côté, elles perdent beaucoup d'argent. Elles dépensent beaucoup plus que ce qu'elles gagnent. Avant, on regardait beaucoup la croissance du chiffre d'affaires. Aujourd'hui, on va plus regarder des indicateurs de performance, de rentabilité » , explique à Europe 1 Jérôme Marin, fondateur de la newsletter Café Tech.

Selon Elon Musk, fondateur et PDG de Tesla, cette récession pourrait être bénéfique. Il a déclaré dans une vidéo à All-In (conférence technologique de Miami) que la récession pourrait permettre une « purification économique » providentielle, laissant les entreprises construites sur du vent mourir et permettant à celles qui fournissent des biens et services utiles de survivre. Pas sûr que cette analyse console les milliers d'employés qui se retrouvent au chômage.

Aux États-Unis, les licenciements touchent aussi les géants

Cette vague de licenciements a commencé il y a déjà quelques mois aux États-Unis et touche les startups, mais aussi des sociétés tech de plus grande ampleur. Selon Bloomberg, PayPal, qui cherche à consolider ses bénéfices, aurait commencé à licencier des employés qui travaillent dans la gestion des risques et les opérations. De son côté Meta a annoncé ralentir ses embauches dans le cadre d'une campagne de réduction des coûts. La semaine dernière c'est Snapchat qui a perdu près de 40 % en bourse après avoir indiqué abaisser ses prévisions pour le second semestre de 2022. Le PDG d'Uber, Dara Khosrowshahi, a quant à lui indiqué à ses employés : « Nous traiterons l’embauche comme un privilège et nous déciderons quand et où nous ajouterons des effectifs. Nous serons encore plus intransigeants sur les coûts à tous les niveaux. »

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