Logan Paul et la carte Pokemon qui l'a rendu riche

Les Pokémon ont trente ans et s'achètent à prix d'or

Né il y a trente ans, relancé par le Covid, l’échange de cartes Pokémon est devenu un véritable business. Le trading card game, ce sont des boutiques, des plateformes de reventes, des influenceurs et beaucoup de fans.

Les Américains aiment faire les choses en grand. Le 15 février 2026, l’influenceur et catcheur Logan Paul organisait pour ses 23,6 millions d’abonnés un live de plus de cinq heures. L’enjeu : mettre aux enchères sa carte Pokémon Illustrator, une pièce collector à la rareté immense – seulement 39 cartes de ce type ont été mises en circulation en 1998 et celle de Logan Paul est en parfait état (on parle de grade), critère majeur dans le monde de la collection. Il l’avait acheté en 2021 pour 5,3 millions de dollars, avant d’en vendre la moitié sur sa plateforme Liquid Market Place, dans des circonstances un peu troubles en encore non résolues. Cinq ans plus tard, il vient de revendre cet objet de collection pour 16,5 millions de dollars, record certifié par le Guinness Book de la carte Pokémon, et la carte à collectionner en général, la plus chère jamais vendue.

Une jolie plus-value de 11,2 millions de dollars, avec les compliments de AJ Scaramucci, l’acheteur. « Surprise » , le fils de Anthony Scaramucci, ancien directeur de la communication de Donald Trump, se trouvait sur place. La magie d’Hollywood en direct sur YouTube.

Une jolie mise en scène et un coup de projecteur massif sur une tendance bien réelle: le trading card game (TDG), ou les cartes à jouer et à collectionner. Champion invaincu toute catégorie, avec 97,2 % des collectionneurs sur ce segment, selon une étude de l’acteur spécialisé Fuji Store : Pokémon, franchise japonaise dont le premier jeu sortait il y a tout juste 30 ans, le 27 février 1996. Challenger sérieux, avec 23,5 % des collectionneurs : One Piece, « livre le plus lu au monde après la Bible », souligne le co-fondateur du Fuji Store Miser Fuji, et devenu symbole de résistance à travers le monde.

Le trading card game : des ouvertures chaque semaine

Mister Fuji et son associé Kévin Escaffre ont ouvert leur première boutique en 2023, dans le 11ème arrondissement de Paris. « On a commencé comme tout le monde sur leboncoin, eBay, on faisait des conventions. Naturellement, on s’est rendu compte que le besoin de boutiques physiques se faisait sentir », nous explique Mister Fuji depuis le Japon. Ils s’inscrivent dans un secteur qui ne cesse depuis de croître : Fuji Store a ouvert une boutique à Lille fin 2024 puis à Lyon en 2025, tandis que Le Coin des Barons, réseau de boutiques spécialisées dans le TCG lancé en 2017 à Bordeaux a désormais des boutiques à Lyon, Marseille, Lille, Narbonne, Boulazac, en Belgique et vient d’ouvrir un espace Pokémon immersif, en collaboration avec The Pokémon Company, dans leur boutique parisienne. 

La communauté des kidultes

Si les cartes à collectionner se portent si bien, c’est qu’elles s’inscrivent dans la « kidult economy », soit « des adultes qui continuent à consommer des produits culturels associés à l'enfance, mais avec une approche adulte avec un pouvoir d’achat (investissement, expertise, collection raisonnée) », analyse le baromètre du Fuji Store. Le segment représente désormais 31 % du marché du jouet européen. L’année dernière King Jouet a lancé des boutiques éphémères King’dultes tandis que JouéClub consacre un onglet Ados et Adultes sur son site web.

La passion pour l’univers (84,8 %) et la nostalgie (74,4 %) sont en tête des motivations citées par les répondant·es de l’étude. Pour plus de 35 %, c’est aussi une occasion de lien social. « Les gens viennent à la boutique pour se rencontrer, ils font des échanges devant la boutique et on organise beaucoup d'évènements où on invite notre communauté à se retrouver. On propose des gâteaux et des boissons, des vitrines thématiques, il n’y a pas forcément d’acte d’achat. »

Pikachu est-il la nouvelle sneaker ?

La communauté c’est bien, si elle rapporte de l’argent c’est encore mieux ! Plus de 7 répondant·es sur 10 estiment que le TCG est, en partie au moins, un investissement financier. Pour près d'1 collectionneur sur 4, c’est un asset patrimonial de transmission intergénérationnelle. « Le profil type du collectionneur TCG français ressemble davantage à celui d'un amateur de sneakers ou d'art contemporain qu'à l'image d'Épinal du "geek renfermé". L’achat de cartes n’est d’ailleurs plus un simple hobby mais un poste de dépense structurel, assumé et régulier », analyse Fuji Store. Une façon aussi de s’initier à l’éducation financière, revendique Mister Fuji. 

Preuve que le marché mûrit, les circuits classiques s’intéressent de plus en plus à ce nouvel objet d’investissement. Drouot, Aguttes, Sotheby… Les maisons de ventes aux enchères réalisent désormais des ventes spécialisées. Il faut dire qu’avec un retour sur investissement de plus de 200 %, s’il l’on en croit Logan Paul, on aurait tort de s’en priver.

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