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© Malchev via Getty Images

CES 2020 : l’avenir de la mobilité est-il vraiment dans les airs ?

Le 17 janv. 2020

Hyundai et Bell ont marqué le CES 2020 avec leurs concepts de taxi volant. Pourtant, l’avenir de la mobilité se joue en grande partie ailleurs.

Stands XXL, carrosseries rutilantes et moteurs imposants bien en évidence… cette année au CES 2020, il était impossible d’échapper aux taxis volants de Bell et de Hyundai (associé à Uber). Ces concepts ont compté parmi les vedettes du salon, débridant les imaginaires et concrétisant le vieux fantasme de la voiture volante. Il faudra pourtant attendre quelques années avant de pouvoir commander un Uber volant. La commercialisation de ces vols est attendue au plus tôt en 2023. Et il faudra compter avec le tarif sans doute élevé d’une telle course (un sujet éludé lors du CES) et anticiper la construction d’infrastructures capables d’accueillir ces eVTOL. Bref, à ce stade, la voiture volante reste un (beau) gadget.

Voiture électrique : on passe à l’échelle

L’avenir s’écrit plutôt au tout électrique. Selon une étude du BCG dévoilée début janvier, les voitures électriques et hybrides devraient représenter un tiers des ventes en 2025 et plus de la moitié en 2030. Alors oui, à force d’en parler depuis des années, on pensait que l’électrique percerait plus vite. Malgré un petit retard à l’allumage, les prochaines années devraient être celles de la transition. Les acteurs du secteur font tout pour se mettre au niveau du consommateur et l’inciter à franchir le cap.

Vous ne voulez pas acheter de véhicule électrique ? La start-up française Canoo, basée à Los Angeles, en propose à la location. Vous craignez qu’un véhicule électrique soit plus difficile à recharger, faute de bornes ? La start-up américaine SparkCharge vous dépose une batterie portable chez vous. Bref, l’objectif est simple : faire de 2020 l’année pivot vers la voiture électrique… et un tremplin pour préparer l’arrivée des voitures autonomes, véritable enjeu du secteur ces prochaines années.

Voiture autonome : premières expérimentations IRL 

La course est lancée et Toyota prend une petite longueur d’avance avec sa ville du futur, un espace de 70 hectares au pied du Mont Fuji, avec 2000 vraies personnes pour y vivre. La ville, baptisée Woven City (la « ville tissée »), sera construite par le cabinet d’architecture Bjarke Ingels Group et devrait être prête courant 2021. Objectif : expérimenter sa smart city et ses véhicules autonomes en conditions réelles. Car comme souvent, si l’innovation produit va vite, les infrastructures ont, elles, du mal à suivre. Or, mobilité et smart city vont de pair, et tant que les villes ne seront pas prêtes à les accueillir, les véhicules autonomes ne pourront pas circuler.

« L’un ne va pas sans l’autre. L’automobile est plus mûre pour l’instant, même si elle a encore beaucoup à apprendre, note Guillaume Gerondeau, VP Industrie Transports & Mobilité de Dassault Systèmes, mais la ville a un rôle de leadership à assumer dans les nouvelles formes de mobilités. » Certaines villes comme Dijon ou Angers ont déjà signé de gros partenariats avec des entreprises françaises pour se muer en smart cities, mais priorité est donnée à la réduction de leur consommation énergétique.

À LIRE AUSSI : Tech : les 5 tendances fortes que nous avons repérées au CES 2020

Deux ans pour préparer l’arrivée des voitures autonomes en France

Ces deux prochaines années seront pourtant décisives, avec les premières mises en circulation des voitures autonomes (de niveau 3 et 4) sur les routes françaises. En novembre dernier, les députés ont en effet adopté l’article 12 de la loi d’orientation des mobilités (Lom) qui donne au gouvernement le pouvoir de réformer par ordonnances pendant deux ans, afin de faciliter le déploiement de services commerciaux de véhicules autonomes. Une manière d’avancer, en attendant que l'ONU réforme la convention automobile de Vienne pour y intégrer les véhicules autonomes.

Côté infrastructure, on se prépare aussi. Eurovia (filiale du groupe Vinci) a lancé tout récemment une machine autonome, « E-Liner », pour effectuer les marquages routiers sans intervention humaine, créant au passage une base de données qui pourra servir aux futurs véhicules de transport autonomes. Bref, la voiture autonome est la promesse de lendemains qui (re)chantent pour l’industrie automobile. Mais pas seulement.

Une moto BlackBerry ou une voiture Sony

Les acteurs historiques du secteur automobile doivent désormais compter avec des concurrents qu’ils n’avaient pas vu venir. « Les frontières sont en train de disparaître. On voit des acteurs de l’électronique exposer des voitures, des acteurs de l’automobile développer des villes ou des objets volants… Aujourd’hui, on voit que les rôles de chacun sont en train de se réinventer », note ainsi Guillaume Gerondeau. Les acteurs de l’aérien se positionnent sur le coeur même du métier : la construction de véhicules... mais volants. Ce sont les fameux eVTOL sur lesquels planchent notamment Airbus et Boeing, entre autres.

Les géants de la tech surtout, qui investissent des véhicules toujours plus connectés. Ainsi, BlackBerry s’est associé à la start-up canadienne Damon pour réaliser la plateforme technologique de sa moto « intelligente », Sony a présenté sa propre voiture électrique, Amazon s’est associé avec Lamborghini pour équiper sa Huracan Evo avec son assistant vocal Alexa, Devialet s’associe à l’équipementier Faurecia.... Bref, les lignes se brouillent. Et dans ce secteur en pleine mutation, le pouvoir pourrait bien échoir… aux concepteurs de logiciels.

Un logiciel pour les gouverner tous

Car il est une tendance qui se confirme d’année en année, au CES ou au Mondial de l’auto : les véhicules embarquent toujours plus de technologies. Capteurs pour assurer la sécurité, tableau de bord intelligent, pare-brise connecté, système pour adapter sa conduite et sa position, park assist… Plus rien ne se fait sans électronique. D’ici 2023, 775 millions de véhicules privés seront connectés, contre 330 millions en 2018, d’après un rapport de Juniper Research. Et dans ce royaume de datas, le logiciel est roi.

« Tout est à réinventer pour demain. Il faut être capable d’imaginer non seulement un objet, mais également sa place dans la ville. Il faut raisonner en flotte de véhicules, en système de recharge et d’énergie, en infrastructures, en commerce… tout va être réinventé en même temps, d’où l’importance du system engineering, estime Guillaume Gerondeau. C’est un domaine qui va énormément croître dans les années à venir. » Avec deux enjeux clé : l’interopérabilité des systèmes et leur (cyber)sécurité. La bataille ne fait que commencer.

À LIRE AUSSI : La voiture du futur fait-elle rêver ?

Sandrine Cochard - Le 17 janv. 2020
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