habillage
Michel Vanhaesbroucke

La philosophie de l’intrapreneuriat

Le 29 août 2017

Michel Vanhaesbroucke est le directeur d’EDF Nouveaux Business. Il revient pour nous sur le rôle, les missions et les objectifs de cette société.

 

Vous êtes à la tête d’EDF Nouveaux Business, pouvez-vous nous expliquer la fonction de cette nouvelle société qu’EDF vient de créer ?

 

MICHEL VANHAESBROUCKE : L’ambition de cette société est de créer de nouveaux leviers de croissance pour le Groupe, via des projets que nous allons lancer en combinant à la fois les compétences internes de nos salariés et celles très précieuses de start-up. EDF Nouveaux Business, c’est à la fois un fonds d’investissement, qui a pour objectif d’investir près de 40 millions d’euros sur les deux prochaines années. Et c’est aussi un incubateur qui peut accompagner la création de jeunes pousses. Dans ce sens, nous pouvons aider un salarié d’EDF qui aurait une idée de développement à passer de l’idée au projet, et du projet à la start-up. Pour cela, nous fonctionnons avec un processus assez classique composé de plusieurs étapes ; l’identification de projets que l’on juge pertinents et innovants ; puis l’étape où l’on décide de sélectionner un projet et d’investir et de l’appuyer avant d’entrer dans une phase d’incubation qui permettra de créer la start-up et de l’accompagner dans son développement et sa croissance. Dans ce processus de détection, nous portons autant d’attention à l’interne qu’à l’externe. Grâce notamment aux Prix EDF Pulse et à la fonction open innovation de notre direction de R&D, qui vont chercher l’innovation où elle se trouve, notamment pour nouer des partenariats. Nous avons la chance d’avoir les moyens humains et financiers pour détecter ces projets et les accompagner.

Avez-vous déjà des projets issus de cette nouvelle société ?

M. V. : Ils sont nombreux mais je peux vous donner l’exemple d’une offre de bornes de recharge intelligentes pour véhicules électriques permettant de rendre la recharge moins chère pour les usagers. L’intérêt pour le client est par exemple de diminuer le coût de la recharge en privilégiant les heures où l’électricité est la moins chère. C’est un projet en cours de développement, que nous appelons « Smart Charging » et qui sera lancé en 2018.

En parlant de « smart », vous dites que nous sommes aujourd’hui dans la recherche du « smart everything »…
Oui ! Nous essayons de « smartiser » (rendre intelligent) tous les modèles d’activités. Pour prendre un deuxième exemple, nous allons lancer l’année prochaine un produit qui s’appelle « Metroscope ». C’est un système d’intelligence artificielle qui permet d’analyser la performance des usines. Il permet par du traitement de données et des analyses mathématiques, de détecter et d’expliquer des écarts par rapport à la performance théorique.
Si nous restons sur l’idée de Metroscope, comment est-elle née au sein d’EDF ?

M. V. : C’est typiquement une idée qui arrive de l’interne du Groupe. Des mathématiciens d’une équipe d’intelligence artificielle et d’analyse de la performance dans un labo de la R&D d’EDF ont imaginé que l’analyse des performances des centrales nucléaires pourrait aussi servir pour nos clients industriels à analyser la performance de leurs installations. Étant donné que cela entre dans notre activité et notre objectif de satisfaction client, nous avons encouragé l’intrapreneuriat pour ce projet.

C’est le rôle d’EDF Nouveaux Business d’encourager le développement de ces idées en mettant à disposition le temps, l’argent et les compétences nécessaires. Favoriser l’intrapreunariat en donnant la possibilité à un salarié d’exprimer sa vision et de développer son idée est aussi un enjeu de transformation d’entreprise et d’instauration de nouvelles pratiques. C’est un engagement du Groupe EDF dans le cadre de sa stratégie CAP 2030  et une des missions centrales d’EDF Nouveaux Business. Metroscope est un exemple parmi d’autres.

 

Concrètement, comment accompagnez-vous un tel projet ?

M. V. : Nous aidons les intrapreneurs aussi bien dans l’écriture des statuts de la société que dans leur financement ou dans le montage du conseil d’administration de la société. Le temps de l’incubation, nous faisons également office de DRH, de directeur financier de la start-up.

On dit souvent qu’un patron de PME doit tout faire. Chez EDF, un intrapreneur doit tendre vers la même logique d’autonomie. C’est un patron de PME avec ce que cela implique en termes de développement technologique, de gestion des clients, etc. EDF Nouveaux Business les appuie dans cette tâche au moment où ils en ont le plus besoin.

 

En 2017, le sens de l’innovation est clairement vers l’Internet des objets (IoT). Quel regard portez-vous dessus ?

M. V. : Pour nous, c’est un « enabler » (facilitateur). L’Internet des objets est avant tout un système de télécommunication qui permet de transmettre de manière fluide et beaucoup moins onéreuse de grosses quantités de données grâce à des capteurs qui coûtent beaucoup moins chers qu’auparavant. L’IoT rend beaucoup plus économique la transmission d’un très grand nombre d’informations que nous n’aurions pas pu collecter auparavant.

Nous sommes d’ailleurs déjà présents sur ces objets connectés. EDF a des filiales comme par exemple Edelia ou Sowee dans le domaine du smart home. Dans le domaine du B2B ou du smart business, je peux également vous citer Netseenergy qui est capable d’offrir aux clients smart business des services d’efficacité énergétique qui reposent beaucoup sur l’IoT et l’analyse de données.

Notre vision de l’IoT est simple. Si nous voulons permettre à nos clients de consommer mieux et moins, il nous faut ce type de pilotage décentralisé. Pour piloter, il faut des données. Pour collecter des données, il faut de grosses bases et transmettre de grosses quantités d’informations. C’est ici que l’IoT intervient. C’est la raison pour laquelle elle est au cœur de toutes nos offres d’efficacité énergétique. En résumé les systèmes de bases de données et l’IA sont les cerveaux du smart home, du smart business et du smart city et l’IoT en est le système nerveux.

 

Comment coordonnez-vous les innovations que vous détectez en interne avec celles venant de l’externe et de start-up ?

M. V. : Tout d’abord l’innovation est partout. Nous cherchons donc à détecter les bonnes idées autant dans nos métiers qu’auprès des start-up externes.

Notre ambition est de réussir nos projets en créant des écosystèmes dans lesquels nous voulons coordonner acteurs internes et partenariat avec des start-up externes. Nous croyons beaucoup en cette complémentarité, entre l’ancrage dans nos métiers et l’ouverture nécessaire à l’innovation externe. Le secteur de l’énergie est en pleine transformation. EDF s’adapte aussi en étant très ouvert à l’innovation, d’où qu’elle vienne.


Cet article a été réalisé en partenariat avec le Groupe EDF dans le cadre des Prix EDF Pulse. L'énergie est notre avenir, économisons la !


A consulter :

edf.fr/nouveaux-business

edf.fr/startup 

sowee.fr

edelia.fr

netseenergy.fr

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.