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un anonymous dans sa chambre

Mule, pirate, hacker : le darknet recrute ! Découvrez les offres d'emploi du cybercrime

Le 7 nov. 2018

Bonne nouvelle : l’économie du darknet se porte très bien et le marché de l’emploi n’y a jamais été aussi florissant. Entre la livraison de drogues, le piratage de cartes de crédit ou le hacking de système bancaire, découvrez les opportunités de carrières les plus porteuses de la cybercriminalité !

« Nous cherchons à recruter un membre, homme ou femme, qui possède une bonne orthographe. Vous devrez être familier avec la gestion ergonomique des pages web. Il faudra que vous puissiez vous connecter au moins une heure et demie, quatre fois par semaine. Vous serez en charge de la correction des posts du forum et responsable de leur bonne lisibilité. Vous devrez aussi corriger des douzaines de posts à chaque connexion. Vous aurez votre propre tableau de bord afin que vous puissiez travailler en toute autonomie. »

Cette petite annonce pourrait passer inaperçue si elle n’avait pas été publiée sur Liberty Market, une place de marché accessible depuis le réseau Tor. Repérée en septembre 2018 par le site DarkWebnews, cette offre d’emploi proposait aux candidats une rémunération alléchante de 700 euros mensuels en « biens ou en données bancaires volés ». Et c’est loin d’être la seule. Des jobs de livreur de drogue à celui de hackers, le darknet regorge d’emplois bien rémunérés et totalement illégaux.

Le darknet, c’est quoi ?

Pour rappel, le darknet est un réseau parallèle au web classique. Ce dernier n’est pas répertorié sur les moteurs de recherche comme Google. On y accède de manière anonyme en utilisant, par exemple, le navigateur Tor. Cette relative protection permet notamment à des journalistes ou des dissidents politiques de communiquer sans risquer la censure d’un État. Cependant, le darknet est aussi utilisé pour héberger de nombreuses places de marché sur lesquels il est possible d’acheter des produits et des services illégaux. D’après le SpiderLabs de Trustware, une entreprise spécialisée en cybersécurité, cette économie illégale ressemble beaucoup à l’économie classique. On y trouve des TPE du délit comme des multinationales du crime. Et cette économie regorge d'opportunités d’emploi. 

Recherche responsable de spam junior, débutants acceptés

SpiderLabs a répertorié les différents jobs que le darknet peut proposer. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas nécessaire d’être un hacker expérimenté ou un criminel endurci pour commencer une carrière ! Parmi ces jobs peu qualifiés, on trouve par exemple le métier de publicitaire local pour certaines places de marché. Pour 15 dollars par jour, un vrai salaire de débutant, il vous faudra écrire sur les murs de votre ville des identifiants de messagerie Telegram et prendre une photo du graffiti comme élément de preuve. Grâce à cette messagerie chiffrée, les dealers peuvent entrer en contact avec leurs futurs clients sans risquer d’être découverts. 

D’autres offres d’emploi ne demandent même pas de traverser la rue. Il suffit d’utiliser Facebook et Telegram pour envoyer du spam à d’autres utilisateurs ou bien de remplir à la chaîne des captchas, ces fameux tests anti-bot. Ces offres s’approchent des fameuses micro-tâches que l’on voit fleurir sur les plateformes comme TaskRabbit ou Mechanical Turk, mais semblent offrir des revenus beaucoup plus confortables.

L’aaaaaaamour du risque

Une fois sorties de la catégorie « petit job étudiant », les offres deviennent plus rémunératrices mais aussi plus risquées. D’après SpiderLabs, on recherche des « mules ». Le travail consiste à transporter de la drogue ou du cash d’un point A à un point B sans se faire attraper par la police. Pour cela, ces transporteurs doivent laisser un dépôt de garantie en cash à l’endroit où ils prennent possession de la marchandise. Une fois la livraison effectuée, ils retournent au point de départ pour récupérer leur mise ainsi que leur salaire. Ce dernier s’élève en moyenne à 1 000 dollars pour une semaine de travail environ. Dans la même catégorie, certains jobs consistent à retirer de l’argent dans des distributeurs de monnaie en utilisant des cartes de crédit piratées

L’un des jobs les plus populaires reste celui de « dropper ». Il s’agit d’une personne qui reçoit de l’argent ou des produits illégaux sur son compte ou chez lui. Il doit ensuite les renvoyer à un autre dropper afin de brouiller les pistes d’approvisionnement. 

Ces réseaux de droppers et de mules ont besoin d’être organisés. On cherche donc des managers locaux pouvant gérer ces équipes de manière efficace et discrète. Bien évidemment, il existe aussi des annonces pour des jobs plus « brutaux ». Il est donc possible d'être payé pour brûler les voitures sur demande (pour des arnaques à l’assurance) ou bien d'embaucher des gros bras. Pour les tueurs à gages, c'est autre chose. Eux prennent les devants et font leur propre publicité sur des pages spécialisées. SpiderLabs précise toutefois qu’il est impossible de savoir avec certitude si les annonces concernant ces fameux « hitmans » sont bien réelles ou de simples arnaques. 

Au royaume du darknet, les hackers sont rois

un texte vert sur fond noir

Qui dit darknet dit aussi hacker. Et de ce côté-là, les recrutements vont bon train. Mais plutôt que de concerner les pros du code, les annonces visent surtout des employés de banque. En effet, les hackers tentent de recruter par le biais de ces annonces des personnes pouvant donner accès à des informations. Le but est bien évidemment de trouver des failles de sécurité et permettre la mise en place de larges opérations comme des cyber-casses. Côté rémunération, ces offres proposent plus de 3 000 dollars par mois pour une à deux heures de « travail » par jour. D’autres offres visent aussi des fonctionnaires des impôts ou des cadres administratifs de grandes sociétés pour des renseignements. Les salaires vont de 6 000 dollars pour deux semaines à 800 dollars par jour, selon la sensibilité des informations. Plus rarement, SpiderLabs note qu’il est aussi possible de trouver des annonces pour des développeurs de malwares et de spywares. Dans ce cas, les annonces sont beaucoup plus professionnelles et affichent de très classiques listes de compétences techniques. 

Et que fait la police dans tout ça ?

D’après Cédric Pernet, un chercheur de Trend Micro, interrogé par darkwebnews, ces derniers risquent d’être impuissants. Une fois que les criminels auront sécurisé les moyens de paiement, notamment grâce aux crypto-monnaies, il est fort à parier que le « dark pole-emploi » continuera à créer des vocations.

Crédit photo : South Park/Comedy Central

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