premium 1
Homme portant une prothèse de jambe dans une serre de tomates.
© South Agency via Getty Images

Impact investing, design éthique… Parlez-vous Tech for good ?

Le 14 mai 2019

La Tech for good sera (encore) le thème phare du salon VivaTechnology du 16 au 18 mai 2019 à Paris. On vous rabâche les oreilles avec ce concept depuis plus d’un an, mais vous n'en maîtrisez toujours pas le vocabulaire ? On vous aide.

Cela ne vous aura sans doute pas échappé, la tech cherche à se bonifier. Lexpression « Tech for good » envahit les programmes des salons (dont Vivatech du 16 au 18 mai 2019) mais aussi les agendas politiques (Emmanuel Macron organise le sommet Tech for Good mercredi 15 mai pour la seconde année consécutive). Le concept vous paraît encore flou ? Ce lexique va vous aider.

Tech for good 

Le terme désigne l’ensemble des entreprises de la tech (numérique et hardware) qui se préoccupent avant tout de l’impact social et environnemental de leur innovation. L’expression s’est démocratisée en 2018, l’année où le grand public a pris conscience de la « tech for bad » avec le scandale Cambridge Analytica. Mais le concept n’est pas si neuf. L’entreprise microDon, qui permet d’arrondir le montant que l’on paye au supermarché pour donner quelques centimes à une association, existe par exemple depuis 2009. La plateforme FEST de France Digitale répertorie plus de 500 acteurs de l’écosystème « Tech for Good ».

Économie sociale et solidaire (ESS) 

C’est un peu l’ancêtre de la Tech for good - certains pensent même que c'est la même chose et qu'on a juste modernisé le nom. Comme la Tech for good, l’ESS désigne les acteurs de l’économie dont le fonctionnement et les activités sont fondés sur un principe de solidarité et d’utilité sociale. Alors pourquoi un nouveau blason ? Peut-être parce que la réputation de l’ESS a été un peu entachée par sa voisine, l’économie collaborative, et les entreprises qui s’en réclament comme Airbnb ou BlablaCar. Certes, elles permettent aux humains de mieux collaborer en se passant d’intermédiaire, mais le profit reste leur premier objectif, loin devant le bien de l’humanité. La Tech for good est aussi plus large que l’économie sociale et solidaire : elle regroupe healthtech, edtech, handitech, clean tech... Bref, un pot-pourri tech de tout ce qui est bien pour l’humain et la planète.

Clean tech

Le terme désigne toutes les solutions durables, inclusives et misant sur une utilisation des ressources raisonnées. Les technologies de gestion de l'eau et des déchets, la mobilité verte, les éclairages urbains peu gourmands en énergie… font partie des clean tech. En France, le secteur a enregistré un record d’investissement en 2019 : 1,2 milliard d’euros selon France Invest Climat.

Green IT (ou informatique durable)

Concevoir des ordinateurs et smartphones plus durables, développer des logiciels et des sites web moins énergivores, adopter des pratiques numériques plus responsables (débrancher sa box quand on ne l'utilise pas par exemple). Voilà les grands principes du Green IT. La marge de progression est immense pour verdir hardwares et softwares. Ce n'est un secret pour personne : l'industrie électronique et numérique ont un bilan écologique désastreux. Selon Frédéric Bordage, fondateur du site Green IT, le numérique représente 5,6 % des émissions de CO2 (contre 2 à 3 % pour l'aviation).

Impact investing 

Les financiers se mettent aussi au social (si, si). L’impact investing (ou investissement à impact social) consiste à investir dans un projet qui génère un impact social et/ou environnemental comparable à son retour financier. Cette manière d’investir a longtemps été réservée aux ONG. Mais aujourd’hui, les fonds d’investissement, les business angels et les banques s’y mettent aussi. La BNP a par exemple créé le dispositif Act for impact en 2018 pour accompagner les entrepreneurs sociaux.

Open data (ou données ouvertes) 

Il s’agit de données dont l’accès est totalement libre de droit : les plans d’une ville, des données scientifiques, environnementales… Ce ne sont généralement pas des données personnelles (sinon on s’éloigne un peu du concept Tech for good). Elles permettent aux services « Tech for good » de se développer. Par exemple I Wheel Share, une start-up qui a mis au point un chatbot au service des personnes en situation de handicap, utilise la base de données en accès libre accessibility.cloud.

Design éthique 

Plutôt que d’envahir les applications de dark patterns pour vous piéger, les designers éthiques s’appliquent à respecter votre libre-arbitre. Pas de publicité déguisée, ni d’inversion des codes couleur trompeuse. Le collectif français Designers Éthiques a mis au point une méthode (encore en construction) qui permet d’évaluer si son design manipule ou non l’utilisateur.

Inclusif 

C’est le mot à la mode employé par les start-up pour désigner leur méthode de management censée n’exclure personne, ou leur algorithme garanti sans biais raciste. Il faut dire qu’en termes de mixité, il y a du boulot dans la tech. Le mouvement #MeToo n’a pas épargné la Silicon Valley. Et la French Tech n’a pas vraiment de quoi se vanter. Le profil type de l’entrepreneur dans l’Hexagone reste le trentenaire blanc parisien - même si des programmes commencent à voir le jour pour promouvoir la diversité comme French Tech Diversité, mis en place par le gouvernement en 2017.

Low tech 

Ces technologies sont simples, peu coûteuses et peu polluantes. Elles sont souvent modulaires et fabriquées avec des matériaux recyclés. Généralement les low tech sont faites-main. Mais certaines entreprises comme Fairphone surfent sur ce concept et s'en emparent pour les proposer au plus grand nombre, y compris les non-makers.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.