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Amazon Echo assistant vocal

Enceintes connectées : attention à ce que vous dites à Alexa

Le 19 janv. 2018

Les conversations enregistrées par les enceintes connectées peuvent servir de preuves pour des enquêtes de police. Conscient des polémiques que cela peut créer, Amazon (Echo) reste volontairement flou sur l'utilisation de ces données.

Champagne ! Quand Amazon se vante d'avoir vendu 20 millions d’enceintes connectées Echo aux États-Unis, la firme le fait en grande pompe. En revanche, elle se montre beaucoup moins diserte quant à l’utilisation faite des informations recueillies par ces véritables micros ouverts vers l’intimité de chacun en particulier par les autorités américaines.

Dans son dernier rapport de transparence (.pdf), un document officiel aux Etats-Unis, l'entreprise ne livre aucun détail sur les notifications gouvernementales, qui lors d'enquêtes de police, lui demandent nommément d'accéder aux informations personnelles enregistrées. Amazon n'explique donc pas dans quelle proportion, ou dans quels cas, ces données sont utilisées.

Ce manque de transparence intervient pourtant dans un contexte d'augmentation des demandes d'accès aux données personnelles de la part du gouvernement. Dans ce domaine, Amazon vient de battre un record en toute discrétion : celui du nombre d’informations transmises aux autorités (FBI, tribunaux, forces de police…). Entre le 1er janvier et le 30 juin 2017, la société a fait droit à 1 200 requêtes, 189 mandats de recherche et 76 autres ordres émanant de cours de justice. Dans 42% des cas, Amazon disposait de toutes les informations demandées par les autorités.

 

Cette croissance ne doit rien au hasard. Cette recrudescence va de pair avec l’intégration d’Alexa dans de nombreux appareils électroniques. Amazon a certes tenté de tenir les autorités éloignées de ce type de demande. En vain. En décembre 2016, la police américaine a demandé à entendre l’assistant à commande vocale d’Amazon dans le cadre d’un meurtre… Les conversations enregistrées ont alors pu servir de preuve pour déterminer la culpabilité d'un accusé.

Traditionnellement, les autorités américaines ont recours à ces informations tel que le numéro de téléphone, les e-mails, l’adresse IP ou l’historique des navigateurs Web. L’arrivée d’assistants vocaux et d’enceintes connectées ouvre un nouveau champ : les conversations peuvent désormais être enregistrées puis demandées par le FBI, en cas d’enquête.

Un risque en France ?

À ce jour, l’enceinte connectée d’Amazon n’est pas disponible officiellement sur notre territoire. Il est tout de même possible de se procurer Echo et l'assistant intelligent intégré Alexa, même s'ils ne parlent pas encore le français. Les analystes tablent cependant sur une arrivée en France dans le courant 2018.

En attendant cette sortie prochaine, il est recommandé de rester prudent face à l'utilisation des ces appareils. La Cnil (Commission nationale Informatique et Libertés) a déjà indiqué que la vigilance devrait être de mise. Elle livre de précieux conseils aux utilisateurs comme le fait de couper le micro quand personne ne s’en sert où lorsqu’on ne souhaite pas pouvoir être écouté. Ou même de prévenir ses invités de l’enregistrement potentiel des conversations. Un moindre mal pour éviter d'être traqué.

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