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Un meurtrier condamné à cause de son appli Santé

Le 22 janv. 2018

Le meurtre parfait n’existe pas. Il est encore plus compliqué si l’on utilise un objet connecté. Un meurtrier allemand a été confondu à cause de l’application Santé de son iPhone.

Pour résoudre certains meurtres, nul besoin de Sherlock Holmes ou de Hercule Poirot. Une simple application de tracking de l’activité préinstallée sur un smartphone peut suffire. En Allemagne, la justice a utilisé les données contenues dans une application pour renforcer la culpabilité d’un homme, accusé d’avoir violé et étranglé une jeune femme.

L’homme avait déjà avoué son crime mais restait muet sur une bonne partie des circonstances du drame. Son iPhone a été, lui, plus loquace. Les données contenues dans l’application Santé, présente sur les iPhone tournant sur iOS 8, ont révélé une activité cardiaque vive ainsi qu’un nombre de pas élevé lors du drame.

Selon le quotidien allemand Die Welt, l’application a enregistré des informations pouvant être interprétées comme une action de monter et descendre un escalier. Une activité parfaitement cohérente, selon les enquêteurs, au fait de traîner le corps de la victime vers une rivière, pour ensuite remonter la berge. Et en effet, une reconstitution utilisant la même application a livré des résultats très similaires…

Quand les tribunaux se basent sur des preuves 2.0

Aux États-Unis, la police américaine a demandé à entendre l’assistant à commande vocale d’Amazon dans le cadre d’un meurtre commis fin 2015… Les conversations enregistrées ont été inscrites au dossier mais la justice n’a jamais précisé si les informations d’Echo ont été utilisées pour innocenter l’individu.

En 2014, c’est au tour du bracelet connecté Fitbit de servir de preuve dans le cadre d’un accident corporel : les informations enregistrées par l’appareil ont permis d'invalider la demande d'un homme en dommages et intérêts. Deux ans plus tard, le FBI s’y met également pour confondre l’un des auteurs de la tuerie de San Bernardino en Californie. L’organisme avait utilisé un iPhone 5C pour déterminer les responsabilités de chacun, en demandant au passage à une société privée de débloquer le téléphone.

Des données de santé qui en disent beaucoup

Les traqueurs d’activité et autres smartphones sont inévitablement des mouchards. Que ce soit pour livrer des détails sur notre bien-être ou servir dans d’autres cas, plus critiques. La justice rend recevable depuis plusieurs années déjà ce type d’éléments pour confondre les auteurs de crimes.

Les outils connectés et leur utilisation quotidienne peuvent en dire beaucoup sur nos activités, et pas uniquement physiques. A l’origine, l’application Santé était censée servir (tout du moins aux États-Unis) de base centralisée de comportements. Des hôpitaux mais également des assurances pouvaient y puiser des données pertinentes. La justice peut désormais, en cas de besoin et en respectant le cadre légal, y avoir recours.

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