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des melons dans un soutien-gorge blanc sur fond rose
© junce via Getty Images

Les films X bientôt tournés avec des personnes virtuelles

Le 7 févr. 2020

Explosion des deepfake, ces vidéos qui font du faux plus vrai que nature, et porno peuvent-ils faire bon ménage ? Avant que les premières envahissent le second, il semble que ce ne soit qu'une question de temps.

Petite pensée pour Taylor Swift et Gal Gadot qui ont essuyé les plâtres de la tendance en voyant leur visage incrusté sur des vidéos à la fois très explicites et très acrobatiques… Sauf que maintenant, l'industrie ne se contente plus d'accoler des visages de personnes célèbres (ou pas) sur des corps dénudés. Elle prévoit carrément de créer des films mettant en scène des personnes qui n'existent pas, générées des pieds à la tête par d'ingénieuses intelligences artificielles.

Une brève histoire des deepfake

Apparu en 2017 sur le forum Reddit, le terme deepfake n’en finit pas d’affoler.

Mais à l'usage, les deepfake cartonnent surtout dans le porno. Fin 2019, Deeptrace, une entreprise hollandaise spécialisée dans la détection de deepfake, précise que 96 % de ces photos et vidéos sont à caractère pornographique. (Surprise surprise, 100 % d’entre elles visent à harceler ou humilier des femmes. Le Revenge porn a encore de beaux jours devant lui).

En parallèle, un autre phénomène s'observe : de plus en plus de start-up spécialisées dans l’intelligence artificielle vendent aux marques des visages générés par ordinateur, notamment pour doper l’attractivité des app de rencontre grâce à l'apparition de visages séduisants. Phil Wang, ex-designer chez Uber, a créé thispersondoesnotexist.com en s’appuyant sur un code baptisé StyleGAN (pour « Generative Adversarial Network »). D’un simple clic, la plateforme génère de faux visages à l’infini. Au Japon, une autre start-up permet de générer des corps en mouvement de manière automatique.

Les applications pour l’industrie du porno sont évidentes : « Ces nouvelles technologies permettent de faire dire et faire faire n’importe quoi à n’importe qui », explique Hany Farid, professeur d’informatique à Berkeley, au Guardian.

Chez les producteurs de films porno, le concept est alléchant. La technologie permettrait de créer facilement des scénarios plus innovants, plus extrêmes, auxquels les acteurs ne souhaiteraient pas participer. Dans un contexte où la prolifération des contenus gratuits, disponibles partout tout le temps, a noyé l'industrie, attirer des consommateurs est un enjeu de taille.

Le porno à la sauce deepfake ne passera pas le test de Turing

Mais rassurons-nous. Si l’IA peut nous tromper en image et en vidéo, singer le langage est pour l’instant en dehors de sa portée. Certes, les films porno ne brillent pas par leurs dialogues. Quoi qu'il soit, sur ce terrain, les IA ne peuvent pas (encore) supplanter les humains.

En témoigne cette conversation générée via la plateforme thispersondoesnotexist.com sur la base de la série américaine Friends.

Un dialogue enter deux personnes

Si la machine capte et reproduit les tics de langage, elle est à côté de la plaque pour tout le reste...

Bref, que les acteurs se rassurent, les personnages virtuels ne sont pas encore capables de tout faire.

Laure Coromines - Le 7 févr. 2020
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