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Femme en tenue de sport regarde son bracelet connecté dans la montagne.
© NickyLord via Getty Images

Google rachète Fitbit : pourquoi les GAFA veulent à tout prix nous soigner ?

Le 4 nov. 2019

Google s’offre le spécialiste des bracelets connectés dédiés à la e-santé. Une nouvelle illustration de l’incursion des GAFA dans le secteur médical.  

Après avoir pris en charge notre vie sociale, les GAFA sont-ils en train de prendre le contrôle de notre santé ? Leurs initiatives dans le secteur s’accélèrent en tout cas depuis quelques années. Le rachat de Fitbit par Google pour 2,1 milliards de dollars (soit 1,9 milliard d’euros) annoncé vendredi 1er novembre en est un nouvel exemple. Grâce à cette acquisition, Google s’impose dans le secteur des montres et bracelets connectés dédiés aux usages médicaux. La technologie Fitbit, utilisée par 28 millions de personnes, sert avant tout à mesurer son activité sportive (nombre de pas, kilomètres en vélo...), ses cycles de sommeil ou son rythme cardiaque.  

C’est loin d’être la première initiative de Google en matière de santé. Plusieurs de ses filiales travaillent sur le sujet. Verily noue des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques pour développer des dispositifs à destination des diabétiques. Son autre filiale DeepMind, dédiée à l’intelligence artificielle, planche de son côté sur la détection de maladies ophtalmologiques et d’insuffisances rénales.

Et Google n’est pas le seul des géants de la tech à lorgner sur ce secteur. Fin octobre, Facebook – qui selon The Information était lui aussi intéressé par le rachat de Fitbit – a annoncé le lancement d’une nouvelle fonctionnalité aux États-Unis : un programmateur de rappels de rendez-vous médicaux personnalisable selon l’âge de l’utilisateur. Si vous avez 52 ans, l’outil vous informe par exemple qu’il serait peut-être temps de faire une coloscopie. Apple met de son côté régulièrement à jour son Apple Watch avec des fonctionnalités santé toujours plus perfectionnées : comme la possibilité de réaliser un électrocardiogramme, un détecteur de chute...

Les hardwares pour la e-santé : un marché juteux  

L’une des motivations des GAFA à faire dans la e-santé est de pouvoir vendre plus d’équipements hardware, note la newsletter Planet. Le marché des bracelets connectés est particulièrement juteux : + 29 % de croissance en un an selon le cabinet IDC. Pour le moment Apple mène la danse, en cumulant 38 % des parts du marché des wearables connectés selon le cabinet d’étude Canalys. Mais en récupérant la communauté des utilisateurs Fitbit et un produit ayant fait ses preuves, Google, qui tente de lancer une Pixel Watch depuis plusieurs années, entend bien le concurrencer.

Deuxième enjeu : les données de santé, qui constituent une nouvelle manne financière pour les géants du numérique. Pour développer des services autour de ces données, les GAFAM misent sur les partenariats. Apple a par exemple développé l’application Attain en partenariat avec l’assureur Aetna. Celle-ci permet à l’assureur de suivre l’état de santé de ses clients via l’Apple Watch et de les récompenser (en cartes cadeaux, Apple Watch notamment) en fonction de leurs activités physiques et des défis qu'ils se fixent et relèvent.

Et la confidentialité dans tout ça ? 

N’est-ce pas un peu risqué pour les GAFA de se lancer dans un domaine aussi sensible que la santé en plein techlash ? Un scandale concernant les données de santé pourrait entacher sérieusement la confiance que les utilisateurs ont dans ces entreprises. Google devance les critiques et assure que les données récoltées via Fitbit ne serviront pas à son activité publicitaire. « Vous aurez toujours le contrôle sur vos données et nous resterons transparents sur le type de données collectées et la raison pour laquelle elles sont collectées », a de son côté précisé James Park, le patron de Fitbit dans un e-mail à ses clients. Espérons que la promesse de Fitbit soit tenue. Lors du rachat de WhatsApp par Facebook, Jan Koum, le patron de WhatsApp, promettait que cette acquisition n'aurait aucune influence sur les règles relatives à la confidentialité des données personnelles. Or en 2016, deux ans après son rachat, WhatsApp avait annoncé le partage des données de ses utilisateurs avec Facebook. 

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Commentaires

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  • Dire que Google ne touchera pas aux données personnelles, ne les partagera pas et n'en fera pas commerce (dit dans le résumé du texte du rachat par Google et Fibit), seriously ?? Non mais sans blague, on n'est plus dans l'avenir de la santé mais dans le foutage de gueule au présent !