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Des femmes heureuses agitent des fleurs

Travailler chez Amazon fait-il vraiment rêver ?

Le 9 févr. 2018

Incontournable, omniprésent, Amazon et ses services vendent du rêve. Dans son QG beaucoup. Moins dans ses entrepôts. Amazon, une firme qui nous veut du bien, jusqu’à quel point ?

Mise à jour du 13/02/2018 : Amazon a tenu à apporter des précisions quant à la nature et la vocation du bracelet connecté. Le groupe nous précise : « Les spéculations autour de ce brevet sont infondées. Tous les jours dans le monde entier, de nombreuses entreprises utilisent des scanners portables pour faire l’inventaire et préparer des commandes. Cette idée, si elle devait être implémentée dans le futur, faciliterait le travail de nos collaborateurs au sein des centres de distribution. Transférer un équipement de ce type au poignet des collaborateurs pourrait libérer leurs mains des scanners et leurs yeux des écrans d’ordinateurs. »

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Lors de la publication de ses résultats financiers, Amazon s’est mis au calme. La firme de Jeff Bezos a communiqué des chiffres témoins d’une insolente réussite. Amazon pèse à présent pour 701 milliards de dollars en bourse, à quelques encablures seulement de Microsoft et de ses 711 milliards. Une réussite économique qui ne doit rien au hasard.

De la vente de livres en ligne aux enceintes connectées, en passant par les liseuses ou le cloud computing, Amazon est désormais partout. Mais cette volonté hégémonique a un prix. Social dans les entrepôts dédiés à la livraison rapide. Ethique  lorsqu’un utilisateur cède une partie de sa vie privée à des écouteurs connectés des plus curieux. En dépit des innovations et tous ses services rendus, Amazon nous rend-il vraiment plus heureux ?

Amazon soutient-il vraiment l'emploi ?

L’un des arguments les plus fréquemment avancés par Amazon pour justifier de l’implantation d’un nouveau centre dans une région est l’impact économique. Le groupe met régulièrement en avant la création d’emplois, non seulement directs mais également indirects comme autant de bénéfices de l’installation de nouvelles unités de production. En échange de cette contrepartie sur l’emploi, Amazon peut profiter de réductions d’impôts locaux conséquents.

le qg d'Amazon à Seattle

Cette logique ne tombe toutefois pas sous le sens. Un étude conduite par l'Economy policy institute contredit l’assertion selon laquelle l’emploi indirect connaitrait un essor conséquent du fait de l’installation de nouveaux locaux d’Amazon. Le rapport précise que l’emploi direct a certes augmenté, toutefois aucun changement notoire n’a été apporté au bénéfice de la région. Les entrepôts fonctionnent en circuit fermé et ne profite donc que très peu à l’économie locale.

Le groupe américain a d’ores et déjà compris ce changement de paradigme et axe sa communication autour de son QG américain de Seattle. Une serre de vie gorgée de plantes et d’enceintes connectées. Amazon donne l’image d’une société tournée vers des préoccupations aux contours flous et éloignées des difficultés et des problématiques sociales et sociétales. A l’heure où les consommateurs deviennent sensibles aux engagements sociaux des entreprises, Amazon apparaît comme un géant dont le regard tourné vers l’avenir semble faire peu de cas de ses petites mains.

La vie dans les entrepôts Amazon

La vie des petites mains du géant américain ne fait pas forcément rêver. Le quotidien des travailleurs dans les centres d’envoi des colis ressemble de près aux « Temps modernes » à la sauce connectée. Les personnes chargées d’acheminer des biens vers les plateformes d’envoi doivent travailler dans un environnement contraint. Elles ne disposent par exemple que d’un temps limité pour aller chercher un objet, puis le faire transiter vers le support d’envoi.

Depuis peu, le quotidien de ces travailleurs est davantage soumis à un contrôle régulier. Le groupe américain a mis en place un bracelet connecté que doivent revêtir les collaborateurs. Cet outil traque leurs déplacements puis envoie des vibrations pour diriger une personne dans la direction souhaitée. L’objectif est simple : rendre le travailleur plus productif, au détriment de tout libre arbitre.

Ce type d’initiative renforce les témoignages d’anciens collaborateurs au sein des entrepôts d’Amazon. Plusieurs enquêtes, notamment conduites par la BBC ont montré qu’un travailleur ne disposait que d’une quinzaine de secondes pour aller chercher un produit, le scanner afin de l’envoyer en livraison. Un marathon quotidien dont les principales victimes sont des personnes précaires, aux revenus faibles…

Aux Etats-Unis, cette situation commence à inquiéter les autorités. Récemment, le ministère de la santé publique a indiqué dans un rapport qu’environ 10% des employés du groupe basés dans l’Etat de l’Ohio percevaient une aide alimentaire. Cette aide, proposée par le gouvernement américain n’est attribué qu’aux personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté (qui touchent moins de 12 000 dollars par an).

Malgré une volonté de paraître comme une société tournée vers des problématiques d’avenir, Amazon répercute les inégalités sociales. Une attitude qui passe mal alors même que le groupe tente de mettre en avant l’impact économique positif de ses activités dans les zones où il opère.

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