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Un homme énervé tenant un cookie dans sa main
© AaronAmat via Getty Images

Des cookies ou des euros ? Sur certains sites, il faut désormais choisir

Le 6 avr. 2021

Votre porte-monnaie ou vos données, c’est le choix qu’imposent certains sites des groupes Webedia et Prisma Media depuis quelques jours. La CNIL doit trancher au cas par cas sur la licéité de ces cookie walls.

Accéder au site pour 2 euros pendant un mois sans cookie publicitaire... ou accéder au site gratuitement en acceptant les cookies publicitaires… Vous avez peut-être vu ce type de messages s’afficher sur votre écran en allant sur les sites d’AlloCiné, Jeuxvideo.com, Purepeople, Cuisine Actuelle, Geo… Impossible d’accéder au contenu sans faire ce choix. Depuis le 1er avril, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) impose à tous les sites affichés en France de demander le consentement clair de leurs visiteurs sur l’utilisation des cookies, ces petits fichiers informatiques permettant de suivre les internautes.

La plupart autorisent la navigation sur leur site avec ou sans traceurs, mais d’autres demandent à leurs utilisateurs une contrepartie monétaire en cas de refus. C’est le cas de certaines entités des groupes Webedia et Prisma Media.
Sur Jeuxvideo.com et AlloCiné notamment, Webedia justifie son choix en expliquant que le modèle économique de son site repose sur l’affichage de publicités personnalisées, permises grâce aux cookies qui suivent les internautes, et que la nouvelle réglementation ne lui permet plus de s’appuyer sur cette seule source de revenus. 

Faire choisir entre un internet payant ou des cookies, est-ce bien légal ?

Sur les réseaux sociaux, ces cookie walls sont reçus plutôt froidement. Plusieurs twittos et médias s’interrogent sur la licéité d’un tel procédé. La CNIL s’était initialement opposée à son usage, estimant que l’internaute ne devait pas subir d’inconvénients en cas d’absence ou de retrait du consentement. Mais en juin 2020, le Conseil d’État a jugé que la CNIL ne pouvait interdire de manière générale et absolue les cookie walls. Le gendarme de la vie privée a publié le 2 avril un texte expliquant qu’il devrait juger au cas par cas les sites utilisant ce procédé. « Elle (la CNIL) sera, dans ce cadre, très attentive à l’existence d’alternatives réelles et satisfaisantes, notamment fournies par le même éditeur, lorsque le refus des traceurs non nécessaires bloque l’accès au service proposé. »

Vers une société de la data à deux vitesses ?

En attendant les conclusions de la CNIL, ce choix imposé aux internautes ravive l’idée d’une société numérique à deux vitesses. Où une partie des internautes seraient contraints de payer avec leurs données, et l’autre pouvant s’offrir une vie privée pour quelques euros par mois.

Marine Protais - Le 6 avr. 2021
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