Professeur Xavier avec un casque sur la tête
© XMen/20th Century Fox

Flippant ! Les IA peuvent scanner notre cerveau pour noter notre intelligence et nos compétences

Le 19 nov. 2018

Les intelligences artificielles sont désormais capables d'analyser le fonctionnement de notre cerveau et de prédire notre quotient intellectuel ou nos compétences motrices. Et même les professionnels les plus qualifiés peuvent se faire saquer.

« Hum je vois beaucoup de courage. Des qualités intellectuelles, également, il y a du talent et… ho ! ho ! Mon garçon, tu es avide de faire tes preuves, voilà qui est intéressant… Voyons, où vais-je te mettre ? » Vous vous souvenez sans doute la fameuse scène du choixpeau dans Harry Potter. Après l'avoir mis sur sa tête, ce dernier semble scanner les compétences et le profil psychologique du jeune sorcier pour déterminer dans quelle maison il doit aller. Eh bien, ça n'est presque plus de la fiction ! Grâce aux technologies d’enregistrement de l’activité cérébrale et du machine learning, plusieurs centres de recherche sont capables de déterminer avec plus ou moins de précision le quotient intellectuel d’un individu. 

Un moyen de calculer un QI plus rapide que les tests 

En juin 2018, les chercheurs du California Institute of Technology (Caltech) ont sorti un article dans lequel ils expliquaient comment la simple observation d’un cerveau au scanner leur permettait de déterminer le QI d'un individu. Pas besoin de questions ou de test de logique, l’enregistrement de l’activité cérébrale au repos suffit à donner des notes fiables à 80% en les comparant à 900 scans et tests d’intelligence, réalisés au sein du Human Conectome Project.  « Les informations que nous utilisons sont bonnes, mais nous somment encore loin d’obtenir des résultats aussi fiables qu’un test de QI d’une demi-heure », explique Julien Dubois post doctorant au Centre médical Cedars-Sinai, interrogé par le site du Caltech. 

 Avec cette base de données, les chercheurs ont aussi essayé de prédire le profil psychologique des participants. L'IA devait noter des critères comme l’ouverture d’esprit, la sensibilité aux émotions ou bien la sociabilité. Mais d’après Julien Dubois, les mesures en sont restées à un stade expérimental. « Les scores des tests de personnalité venaient d’une liste plutôt courte de questionnaire remplis par les candidats eux-mêmes, explique-t-il. Nous n’avions pas de mesures vraiment précises et fiables de la personnalité avec lesquels comparer nos résultats. » Les recherches devraient toutefois se poursuivre, surtout quand on sait que de nombreuses universités utilisent les tests de QI et de personnalité pour sélectionner leurs candidats. Sur ce point Poudlard n'a donc rien inventé...

Faites confiance à l'I.A. pour choisir votre chirurgien

Si les résultats sur l’intelligence globale doivent encore être affinés, l’IA sait se faire plus précise quand elle se penche sur des compétences plus restreintes. Ainsi, le docteur Arun Nemani, du département d’ingénierie médicale de l’institut polytechnique Rensselaer à New York, a mis au point un système permettant de noter le degré d’expertise de chirurgiens. Plutôt que de les mettre dans un scanner, il a équipé ces derniers d’un casque fNIRS (utilisant lumière proche de l'infrarouge) pouvant enregistrer l’activité cérébrale pendant qu’ils s’entrainaient à opérer. 

Après avoir passé les résultats dans un algorithme, il a pu distinguer les chirurgiens qui avaient les gestes les plus sûrs et les plus automatiques et ceux qui réfléchissaient encore à leur action. « Pour le moment, les chirurgiens sont testés sur une série de tâches qu’ils doivent réussir pour être certifiés explique Arun Nemani sur le site cbc.ca. Avec cette méthode, on peut évaluer directement les novices et ceux qui ont de l'expérience. » Et tant pis si certains chirurgiens ont « refusé de passer le test » sous prétexte qu’une machine ne serait pas aussi bonne à juger qu’un humain. Arun Nemani imagine déjà utiliser son système sur d’autres professions techniques comme des ingénieurs ou des pilotes d’avions.

Mais ne pensez pas que seules les professions les plus qualifiés soient concernées. Plusieurs géants de la tech, dont Facebook en tête, ont investi des millions de dollars dans les technologies proches de ce fameux casque fNIRS. Et si leur objectif officiel est de nous permettre d'envoyer des textos par la pensée, on se doute bien que notre QI pourraient bien les intéresser de très très près.

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