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Ces bibliothécaires qui s'improvisent détectives pour sauvegarder le patrimoine de l’Ukraine

Sur Internet comme sur le terrain, des archivistes tentent de sauvegarder le patrimoine physique et digital de l’Ukraine en guerre. 

« Joignez-vous à moi pour une session virtuelle de sauvetage des données axée sur les collections de musique dans les institutions d’héritage culturel en Ukraine qui sont en danger pendant l’attaque de la Russie. » Cet appel lancé par la bibliothécaire spécialisée en musique Anna Kijas le 27 février dernier a été le point de départ d’une drôle opération de sauvegarde intitulée Saving Ukrainian Cultural Heritage Online ou SUCHO. Depuis plusieurs semaines, près de 1 300 bibliothécaires, historiens ou simples internautes venant du monde entier ont répondu à cet appel qui a vite concerné l’ensemble du patrimoine culturel numérique ukrainien. Et leurs méthodes ont de quoi rappeler celles des enquêteurs du web qui documentent les crimes de guerre

Parcourir l'Ukraine sur Google Maps

Les volontaires remplissent de manière collaborative un gigantesque fichier Excel sur lequel ils inscrivent les bibliothèques ou les musées du pays. Pour en retrouver le plus possible, ils comptent sur le bouche-à-oreille de leurs collègues, mais certains vont même jusqu’à utiliser Google Maps et parcourir les rues des principales villes du pays pour localiser les bâtiments les moins connus. Une fois renseignés, les archivistes cherchent si ces bibliothèques ou ces musées ont un site internet. Toutes les pages de ces derniers sont ensuite sauvegardées sur le moteur de recherche Wayback Machine de l’ONG Internet Archive. D’après le Washington Post, près de 2 500 sites de ce type ont été enregistrés, soit l’équivalent de 25 térabits de données contenant notamment l’histoire des villes juives d’Ukraine, des photos de sites archéologiques en Crimée ou bien des expositions numériques du musée littéraire de Kharkiv. 

Les scanneurs de statues

Ces archivistes du web ne sont pas les seuls à tenter de sauvegarder le patrimoine culturel du pays. Un autre projet intitulé Backup Ukraine, monté par plusieurs organisations dont l’UNESCO, le groupe Vice Media ou bien Ukraine’s Heritage Emergency Rescue Initiative, consiste à scanner « tout ce qui peut présenter une valeur culturelle. » À l’aide de smartphones équipés de l’application de scan 3D Polycam, les habitants sur place peuvent enregistrer des modèles en trois dimensions de bâtiments historiques ou de statues qui sont ensuite hébergés sur ce site pour les cinq prochaines années.

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