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Albert meige

Magic in the R&D

Le 17 oct. 2016

Magicien et docteur en physique, Albert Meige connecte les départements R&D des grands groupes en quête d'innovation à un réseau mondial d'experts capables de regarder autrement les problèmes - et donc les solutions...

Cheveux longs, bouc et moustache affutés, longue silhouette. On l’imaginerait artiste de music-hall ou savant fou. Albert Meige est à la fois l’un et l’autre. Magicien et docteur en physique : « Je fais de la magie depuis que je suis tout petit, je me suis produit longtemps sur scène, je pratique aussi la photographie, le dessin et l’exploration. Je change également souvent de domaine : d’ingénieur télécoms, je suis devenu docteur en physique. J’établis des liens entre toutes ces passions, je suis de ceux qui ne distinguent pas leur vie personnelle de leur vie professionnelle. , explique Albert Meige.

Après quinze ans passés dans des services innovation de grands groupes, il fait ce constat : les entreprises ont besoin de gagner en agilité, la taille n’est plus un avantage, et elles doivent tendre à fonctionner en mode start-up. Pour ce faire, elles peuvent mobiliser les talents en interne, et de nombreux outils apparaissent pour les y aider. Mais quid des ressources externes qui sont par nature plus nombreuses ? Il existe plus de 15 millions d’experts à travers le monde… comment les identifier ?

Ainsi est né Presans : « La majorité des experts laissent des traces numériques à travers leurs publications scientifiques, leurs brevets, leurs conférences… Nous avons développé des outils qui les détectent et établissent quasi en temps réel et de manière dynamique des cartographies. » Un tour de passe-passe qui permet aujourd’hui à Presans de fédérer un réseau mondial de plus de 5 millions d’experts. « Notre promesse : on mobilise à la demande, le ou les meilleurs experts, pour apporter un éclairage nouveau sur des problématiques d’innovation de nos clients. Ces derniers sont de grands groupes industriels en Europe, aux États-Unis, au Moyen-Orient, dans tous les secteurs. »

Premier défi : retravailler la problématique. « Un client voulait faire de l’huile allégée. C’est à nous de déterminer ce que cela induit réellement… Pour ce faire, nous organisons des workshops qui réunissent nos clients et nos équipes constituées majoritairement d’anciens directeurs de la R&D. » Ensemble, ils reformulent le sujet : par « huile allégée », entendent-ils une huile moins grasse ? Une huile qui resterait collée à l’assiette de manière à ce que l’on en ingurgite moins ? Une huile dont les molécules de gras ne seraient pas assimilées par le corps ?… « La manière de poser la question induit les différentes populations d’experts à solliciter. Et c’est ici que le lien entre la magie et l’innovation apparaît. Le magicien exploite des failles cognitives et psychologiques, car le cerveau ne voit pas tout et le magicien s’en sert pour dissimuler la partie secrète de ses tours. En management de l’innovation, cela s’apparente à ce que l’on appelle l’effet de fixation. »

Nos clients nous achètent du temps, de l’agilité et la capacité de sortir des sentiers battus.

Pour innover, il faut apprendre à penser comme le magicien : ne pas être aveuglé par le résultat à obtenir, pour imaginer des options nouvelles sur la manière d’y parvenir. Et cela fonctionne. Seb voulait lancer une gamme de fers sans fil mais ne parvenait pas à mettre en place des batteries suffisamment puissantes pour produire de la vapeur. Les équipes de Presans ont posé la question différemment : vaporiser de fines particules d’eau n’infère pas forcément de chauffer le liquide, certains sprays sont capables de le faire à froid. Pour travailler à partir de cette nouvelle hypothèse, elles ont réuni des spécialistes de l’industrie pharmaceutique. En trois mois, la solution était trouvée.

Cet article est paru dans la revue 8 de L’ADN – Albert Meige est un de nos 42 superhéros de l’innovation. Votre exemplaire à commander ici.
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