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Lost Androids : la révélation

Le 28 oct. 2016

Focus sur un projet artistique ambitieux qui vise à réconcilier l’homme et la machine.

Ce mercredi 26 octobre a marqué le point de départ du vaste projet Lost Androids porté par Philippe Nacson. L’évènement a eu lieu à Los Angeles au concept store Please Do Not Enter. Un projet international qui s’est donné pour mission de faciliter les interactions entre humains et androïdes de manière positive : démontrer qu’entre les deux une synergie positive est viable. Une manière de nous préparer à l’avenir ?

Au menu de la soirée : VIP (notamment deux DJ français, Jacques et Dorion Fiszel, venus spécialement de Paris pour l’occasion) ; lancement de la ligne de vêtements et d’accessoires Lost Androids ; et lancement officiel de l’album de musique dédié au label (déjà mis en avant dans la catégorie electro sur ITunes). Autant de supports artistiques qui brouillent les pistes… et les robots dans tout ça ?

Et pour comprendre ce qu’est réellement Lost Androids, il faut revenir aux fondamentaux, ou plutôt à celui qui se cache derrière le label : Philippe Nacson. Nous l’avons rencontré. Voici son portrait.

Philippe Nacson a toujours eu une appétence pour la robotique : féru de mathématiques, la physique fut son calvaire, c’est pourquoi il s’est dirigé, sans grande conviction, vers la finance. « Je travaillais pour un fonds d’investissement et j’ai tout lâché il y a un peu moins de deux ans pour faire du design, de la création de meubles et des luminaires. En tant que designer, je suis représenté à Hong Kong, Paris et New York. Mais j’avais, dans cette volonté de changement, le rêve d’être également un jour associé à la robotique d’une façon ou d’une autre. Comme je n’avais pas fait d’études d’ingénieur, c’était a priori un peu compliqué à envisager », raconte Philippe Nacson.

Une promotion tout en discrétion qui, à coup sûr, aura d’autant plus d’impact

Novembre 2014. Philippe se rend à Tokyo, centre névralgique des nouvelles technologies. C’est là qu’il rencontre pour la première fois une android au Musée national des nouvelles sciences et de l’innovation. « J’ai ressenti un mélange très fort de peur et d’attirance à la fois. Tout alors m’a semblé clair, j’utiliserais l’art comme médium pour approcher la robotique. De là est né le label Lost Androids : à travers une plate-forme comme support d’expression, il s’agit de repenser l’humain et son rapport aux nouvelles technologies, à la robotique ; inverser ce rapport de perception, via un vecteur plus ludique, et considérer le robot comme une entité positive qui tend à rendre l’humain meilleur. »

Mais derrière Lost Androids se cache en réalité un projet beaucoup plus ambitieux : le lancement d’une exposition internationale où seront exposées 7 œuvres, dans 7 villes. Les pièces proposées seront le fruit d’un travail commun entre artistes numériques et départements de R&D d’entreprises expertes en robotique. Sponsors et mécènes de cette exposition seront sélectionnés en fonction de leurs valeurs, de leur ADN. Ils devront entrer en cohérence avec un des différents axes de recherche autant au niveau mode, que musical, scientifique ou artistique. Les événements auront lieu à Maropeng (Johannesburg), lieu considéré comme étant le berceau de l’humanité et où ont été retrouvés des fossiles vieux de 3 millions d’années. Une symbolique très forte. Viendront ensuite les villes de Berlin, Paris, Londres, New York, Los Angeles et Tokyo. L’exposition se tiendra à cheval sur 2017/2018.

« Par cette exposition, nous chercherons à interpeller le public, à le questionner sur ses liens avec la machine. Les œuvres choisies transposeront le regard de chaque artiste sur leur vision d’un rapport positif entre l’homme et les nouvelles technologies », souligne Julie Miguirditchian, commissaire d’exposition pour Lost Androids.

En attendant, Philippe Nacson, plutôt qu’une campagne de communication classique, mise sur le merchandising et compte sur un panel de stars internationales afin de porter son projet. Une promotion tout en discrétion qui, à coup sûr, aura d’autant plus d’impact. Casquettes, T-shirt et sweats au logo Lost Androids sont aujourd’hui portés par des artistes tels que Nabil réalisateur des clips vidéo de Kanye West, Kendrick Lamar… En France, le label peut compter sur Dorion Fiszel, comme ambassadeur. Ce compositeur et producteur est très influent dans le monde de la musique, très sensible aux nouvelles technologies et à leur place dans notre société. Son réseau d’artistes, d’acteurs, de musiciens a déjà été alerté sur le projet. Rien d’étonnant alors de voir aujourd’hui Matthieu Chedid, Gaspard Ulliel, Thomas Bangalter des Daft Punk, ou encore Jacques, porter le label Lost Androids. « Je crois beaucoup au bouche à oreille. Il marche très bien depuis deux mois. Visuellement le logo marque les esprits. Simple et impactant, il interpelle. »

Autre étape phare avant l’annonce de l’exposition : la création d’un album déjà disponible en vinyle et sur des supports digitaux auxquels participent anonymement des compositeurs ayant travaillé avec Madonna, Grace Jones, ou encore Martin Solveig. L’objet, vendu dans des concept stores à partir d’octobre, est, comme les vêtements déjà disponibles en ligne, très sobre : noir, avec le logo en blanc, le nom des artistes n’y figurera même pas. L’objectif : véhiculer un message, une philosophie. « Ce que nous voulons c’est créer un ressenti. Faire en sorte que lorsque l’on voit le logo L.A., cela synchronise automatiquement une sensation positive, de feel good. »

Philippe Nacson déborde d’imagination : il a déjà plein d’idées pour faire vivre Lost Androids : il imagine créer des partenariats avec des marques de sneakers, des créateurs de mode ou même travailler avec des matières très avant-gardistes. « J’ai des souhaits très forts et j’ai la chance de pouvoir réaliser certains d’entre eux. Ce projet génère un énorme enthousiasme et ce, dans tous les domaines. Peu à peu va se mettre en place un collectif de musiciens, de penseurs, d’artistes… Je souhaite d’ailleurs introduire chaque exposition par un groupe de réflexion composé de personnalités du monde de la communication, de la littérature, de l’art contemporain, des intellectuels, des philosophes… ».

Philippe Nacson est né et a vécu en Afrique, il se souvient d’avoir lu, enfant, un article sur Martine Kempf : cette Alsacienne a inventé un système de commande vocale, le Katalavox, permettant à des handicapés de conduire un véhicule. « Ce fut une révélation pour moi, j’avais lu l’article une quarantaine de fois, je le connaissais par cœur. Depuis, mon appétence pour la robotique ne m’a jamais quitté. » Avec Lost Androids, c’est un bel hommage rendu à la scientifique.

Cet article est paru dans L’ADN 8 – Philippe Nacson est une de nos 42 superhéros de l’innovation. Votre exemplaire à commander ici.
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