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déconnexion et art

Ces artistes qui déconnectent pour mieux se reconnecter

L'ADN
Le 5 sept. 2017

Contre-pieds à un monde turbulent et hyperconnecté, certains artistes conçoivent leurs œuvres en prônant un retour aux sources, à la Terre. Créativité visuelle forte ou engagement plus en profondeurs, découvrez Jim Denevan et Michael Grab.

Par Virginie Achouch.
Jim Denevan est un land artist, un artiste de la Terre. Surnommé « l’Homme des sables », sa pratique du surf l’a fait arpenter les longues plages de la Californie. Depuis, déserts et glaciers sont aussi devenus ses terrains de jeux. Dans sa quête de connexion à la nature, l’artiste utilise ce qu’elle lui offre. À partir de bouts de bois échoués trouvés sur les lieux qu’il a choisis, il dessine des figures gigantesques et éphémères visibles dans leur immensité uniquement du ciel. Armé d’un râteau, il réalise sur des étendues pouvant aller jusqu’à 200 mètres des fresques géométriques parfaitement exécutées. Son art a été remarqué par des musées tels que le MoMA Ps1 à New York qui lui a, dès 2007, fait une place de choix. Dès le début, Jim Denevan a poussé le concept plus loin. Cuisinier de formation, autour de ses fresques ou dans d’autres sites naturels d’exception, par l’intermédiaire de son association Outstanding in the Field, il organise de grandes tablées éphémères. Connecter les consommateurs à la terre, honorer les agriculteurs locaux et les artisans de la gastronomie est l’obsession de cet homme qui, en plus de ses dessins monumentaux, invite ses convives à découvrir et à savourer la puissance de leur Terre nourricière.

Peter Hinson Peter Hinson

Jonieth O'Neill

Peter Hinson
Il y a neuf ans maintenant, Michael Grab a débuté son projet Gravity Glue, pour lequel il pratique, avec grand calme, le rock balancing (l’équilibre des pierres). Aux quatre coins du monde, il va seul et librement se livrer à la création de sculptures de pierres savamment empilées. Un jeu d’équilibre et d’harmonie. « J’utilise des pierres parce qu’elles sont à la fois imparfaites et parfaites en leur état. Elles sont libres d’utilisation, et je peux les trouver presque partout... ce qui est parfait pour l’art éphémère nomade. Elles sont également chargées d’énergies et représentent en quelque sorte l’âme de leur région natale », confie-t-il. La discipline requiert de la patience, de la méditation et l’envie profonde de se reconnecter à la nature. « La notion de temps n’existe plus, il nous échappe. La paix, l’amour, la tranquillité et l’équilibre sont les sensations recherchées. Nous sommes connectés à la nature, ensemble », explique Matheus Malavazi, auteur et réalisateur, adepte du rock balancing.

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Jonieth O'Neill

Est-ce une forme de résistance à la frénésie du monde ? Ces créateurs savent pourtant utiliser avec agilité les réseaux sociaux pour partager leur déconnexion. « Je n’essaie pas vraiment de transmettre un enseignement mais le message évident de mon travail, c’est de débrancher du monde numérique et de passer plus de temps à interagir directement avec la nature. Nous ne pouvons plus éviter l’interconnexion croissante que nous avons tous sur Internet et les médias sociaux... mais je suppose que la clé est de trouver un équilibre entre la vie réelle et la vie numérique. En général, les médias sociaux remplissent mon esprit, là où l’équilibre des pierres me permet de faire le vide », conclut le fondateur de Gravity Glue.

L'ADN - Le 5 sept. 2017
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