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Manger de la viande cultivée en laboratoire

Le 27 mars 2017

Les carnivores pourront bientôt se goinfrer sans avoir peur d’un regard réprobateur : arrive sur le marché, de la viande qui n’exige aucune souffrance animale.

Vegan ou pas, la souffrance animale et les conditions d’abattages concernent désormais tout le monde. Mais comment faire quand on ne peut se passer de viande ? Quelles sont les alternatives, sans tomber dans les extrêmes ? Memphis Meats a la solution : de la véritable viande mais qui ne provient pas de l’animal. Explications !

La société américaine Memphis Meats propose en effet de la viande cultivée en laboratoire et constituée à partir de cellules prélevées sur l’animal par biopsie. Un process complètement indolore pour ce dernier. Ainsi, plus de souffrance, ni d’élevage en batteries, tout en pouvant continuer à commercialiser de la viande. Un principe qui n’est pas nouveau, puisque déjà en 2016, la startup israélienne SuperMeat proposait le même ‘service’.

Is Lab Grown Meat Vegan?

Un marché de la viande artificielle qui pourrait s’avérer exponentiel pour ces précurseurs aux vues des scandales sanitaires et de la prise de conscience croissante de la souffrance animale. Aujourd’hui, Memphis Meats, qui s'est déjà attaqué au boeuf, serait prêt à commercialiser de la volaille, soit du poulet et du canard. Le poulet est la viande la plus populaire aux Etats-Unis, 41 kilos en sont consommés en moyenne, par personne à l’année et cela représente un marché annuel de 90 milliards de dollars. En Chine continentale, on consomme plus de 2,7 milliards de kilos par an, plus que tout le reste du monde combiné.

«Il est excitant de concevoir le premier poulet et le premier canard sans qu’il y ait besoin d'élever des animaux. C'est un moment historique pour le clean meat mouvement (mouvement de la viande propre)», explique Uma Valeti, cofondatrice et PDG de Memphis Meats. « Le poulet et le canard sont au centre de la table de beaucoup de cultures à travers le monde, mais la façon dont la volaille traditionnelle est exploitée soulève de grandes questions liées à l'environnement, au bien-être animal et à la santé humaine. […] Notre objectif est de produire de la viande de la meilleure manière qui soit, afin qu'elle soit délicieuse, abordable et durable. Nous croyons vraiment que c'est un saut technologique significatif pour l'humanité et une opportunité de marché incroyable – nous pouvons transformer une industrie mondiale géante tout en contribuant à résoudre l’un des plus gros problème de développement durable aujourd’hui ».

Pour rappel et selon le site viande info, l'élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre et de 80 % de la déforestation en Amazonie. Le 5e rapport du GIEC recommande une diminution importante de la consommation de viande. Ce serait aussi efficace que de diviser par deux le parc automobile mondial.

Basé dans la baie de San Francisco, Memphis Meats revendique une part du marché mondial de la viande de 750 milliards de dollars. Aujourd’hui, la société avicole travaille via une plate-forme technologique unique qui, à long terme, sera mise à disposition des entreprises. Celles-ci pourront ainsi produire de la viande sans cruauté tout en ayant la capacité d’en affiner le goût, la texture et le profil nutritionnel. Cette plate-forme permettra également aux l'entreprise d'augmenter leur production et de réduire rapidement les coûts. Memphis Meats n'exclut pas de produire de la chair de poisson dans un futur proche.

Reste à savoir si l’on est prêt à manger de la viande cultivée en laboratoire ? A noter, que la plupart des viandes vendues en rayons sont aujourd’hui dégoulinantes de résidus et contaminants chimiques, tels que les résidus de médicaments vétérinaires (dont les antibiotiques et les hormones), les pesticides, les métaux lourds ou encore les dioxines.

Commentaires
  • Bonjour. Je vous invite à lire le dossier suivant sur fausse viande ou vrai élevage http://www.inra.fr/.../Tous.../Fausse-viande-ou-vrai-elevage et en particulier le point 4 du dossier.
    A noter que des hormones, des antibiotiques et des fongicides sont nécessaires pour les cultures de cellules. Voir "La viande du futur sera-t-elle produite in vitro ?" INRA Prod. Anim., 2013, 26, 363-374.

    • Et moi je vous invite à lire Bidoche, l'industrie de la viande menace le monde de Fabrice Nicolino pour comprendre quel rôle a joué et joue toujours l'INRA dans cette équation mortifère.

  • Une fois qu'on aura donné le feu vert à cette industrie, qui pourra identifier tout ce qu'ils seront tentés de mettre dans leurs steacks ???

  • Cela signe l'extinction des espèces animales suivantes : cochons, vaches, veaux et boeufs, canards (sauf sauvages), poules, … Qui ont été développés par l’ingénierie génétique humaine dans l'unique but de l'alimentation humaine. La grande question étant : faut-il continuer à manger de la viande animale pour sauver ces espèces de l'extinction ? On attend avec impatience la réponse des protecteurs des animaux.

  • L'INRA est tout ce qu'il y a de partisan en ce qui concerne la question de l'élevage. Vous fier à la FNSEA reviendrait au même! Bizarrement chaque fois qu'il est question de défendre ce système ignoble pour les animaux on voit apparaître toujours les mêmes noms. Renseignez vous sur les races que ces scientifiques ont crées : les poulets de chair qui doivent grossir toujours plus et toujours plus vite, sans aucune considération pour l'animal dont le squelette ne suit pas, idem pour les cochons. Avez-vous entendu parler de Mr Février et de la vache à hublot? La liste est longue des méfaits commis envers les animaux de ceux qui étaient là aux premières heures de l'après guerre pour instaurer en France le modèle agricole américain, à marche forcée, sacrifiant au passage ceux qui ne voulaient pas entrer dans le rang. La disparition de ces animaux dénaturés prédisposés à toutes sortes de pathologies? Ce serait faire acte de pitié. On a même fait des poules sans plumes, mais cela ne s'est pas avéré rentable (le maître mot) car il fallait consommer du chauffage en contre partie, ces races n'ont donc pas été gardées. Quand comprendrez-vous ce qui se passe réellement? Plutôt que de lire les rapports de l'INRA (ils veulent défendre leur job!) je vous conseille plutôt la lecture de Bidoche de Fabrice Nicolino.

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