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Poussin

Manger de la viande sans tuer d'animaux

Le 19 sept. 2016

Manger de la vraie viande sans se soucier de la souffrance animale sera peut-être bientôt possible. La startup SuperMeat envisage de vendre du poulet issu de culture cellulaire.

Tout cela n’est encore qu’à l’état de projet, mais le groupe de recherche israélien SuperMeat croit fermement en sa matérialisation et à la mise sur le marché de cette chair, créée artificiellement, dès 2021. Le principe est simple : il suffit de prélever des cellules de l’animal par biopsie ce qui, selon SuperMeat, est parfaitement indolore. Ces cellules sont ensuite « élevées » dans un environnement approprié jusqu’à ce qu’elles atteignent et forment une texture de viande.

A long terme, la firme israélienne espère pouvoir fournir des machines d’élevage appropriées pour équiper les restaurants, les supermarchés et même les particuliers.

SuperMeat. Poulet cultivé artificiellement

Pour faire ses preuves, SuperMeat doit encore récolter 50K$ afin de mettre au point un prototype de ces fameuses machines. Avec 1M$, elle pourrait mettre en place une méthode de production rentable des tissus de poulet. La startup a donc lancé une campagne de financement participatif sur Indiegogo.

 

En sus, du bien-être des animaux préservés, cette innovation permettrait de réduire considérablement les fléaux engendrés par l’industrie de la viande : gaz à effets de serre (l'élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre en France) et pollution de l'eau. En France, il faut environ 8250L d'eau pour produire la nourriture quotidienne d'un omnivore, de plus l'élevage émet des quantités importantes de nitrates, phosphates et autres substances qui s'accumulent dans l'eau et provoquent la prolifération des algues vertes. Pour finir, et, par un argument qui n’est pas des moindres, l'élevage est responsable de 80 % de la déforestation en Amazonie. SuperMeat affirme également que sa viande, même si créée artificiellement, serait plus saine que celle distribuée sur les marchés, puisque sans OGM et sans antibiotiques.

SuperMeat. Poulet cultivé artificiellement

Vouloir produire de la viande sans nuire à l’animal n’est pas une intention nouvelle. Déjà en 2013, des scientifiques avaient proposé à Londres des burgers de bœuf cultivé en laboratoire. Le steak provenait de viande développée à partir de cellules musculaires provenant d’une vache vivante (non modifiée génétiquement).

2013. Burger créé in vitro

Convaincus ? SuperMeat affirme que cette viande cultivée artificiellement est biologiquement identique à la viande provenant d'animaux et qu’en plus de tous les arguments présentés précédemment (diminution de la déforestation, de la pollution atmosphérique et de l'eau, du réchauffement climatique, des déchets de l'eau…), elle présenterait encore de nombreux autres avantages comme la réduction du gaspillage d'énergie et de l'extinction des espèces (animales et végétales).

Ainsi, dans un futur proche, la viande pourrait être cultivée au même titre que les fruits et les légumes… Et si vous doutez d’avoir envie de manger de la viande créée dans un laboratoire, n’oubliez jamais que tout ce que vous mangez y passe déjà pour améliorer le goût, la texture, l'apparence, la durée de vie… on reparle du nitrite de sodium dans le jambon, dénoncé par Elise Lucet ?

Sylvie le Roy - Le 19 sept. 2016
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