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Une femme assise en tailleur habillée comme uen hippie joue du tambourin.
© RODNAE Productions via Pexels

La doula : de la hippie new age à la business woman

Le 30 avr. 2021

Non, les doulas ne sont pas des wannabe chamanes à mi-chemin entre la prof de yoga et la sage-femme senteur patchouli. D'ailleurs, elles lancent aussi des start-up et lèvent des millions.

Alors qui est la doula ? L’humoriste américaine Ali Wong la décrivait dans un sketch comme : « une sorcière blanche hippie, qui vous asperge la chatte de quinoa et fait disparaitre la douleur de l’accouchement comme Keyser Söze. » Bon, peut-être un peu, mais pas que.

Soutenir les femmes enceintes

En grec ancien, le terme « doula » désigne « la femme esclave ». Au temps de Socrate et Périclès, les doulas étaient les domestiques chargées de soins de la maitresse de maison, depuis la mise en beauté jusqu’à l’accouchement. Aujourd’hui, le terme décrit une femme qui soutient la femme enceinte et son entourage, en leur apportant un soutien physique et émotionnel durant et après l’accouchement. Le mantra des doulas : accompagner sans discriminations religieuses, ethniques, raciales ou sociales et œuvrer de concert avec les sages-femmes.

En France, l'appellation a fait son entrée dans le dictionnaire Hachette en 2011, importée des États-Unis où la pratique était alors bien plus répandue. Plébiscitée par de nombreuses femmes, le phénomène est reconnu pour ses nombreux bienfaits, comme le rappelle l’association Doulas de France. Chez les femmes qui choisissent de s’entourer d’une doula, on observe : - 50 % de césariennes, – 25 % de temps de travail, – 60 % de péridurales, – 30 % d’analgésiques, et – 40 % de forceps.

Chaque doula accompagne sa pratique d’un certain degré de spiritualité ou puise dans des disciplines, comme le yoga ou la sophrologie. Il n’est pas rare non plus de les voir pratiquer le rebozo, un rituel holistique pour l’après grossesse, ou confectionner un fœtus en argile à dissoudre dans le bain pour dire au revoir à un bébé perdu…

Avec toujours deux mots d’ordre : écoute et empathie.

Traditions ancestrales ou business, il ne faut plus choisir

Loin d’être marginales, les doulas ont maintenant aussi un pied dans le business. C’est le cas de la doula américaine Erica Chidi, qui vient de lever 3 millions de dollars pour développer sa plateforme Loom, dédiée à l’éducation des femmes et personnes non binaires sur la santé sexuelle et reproductive via une approche holistique.

La doula-entreprenenuse a expliqué au Guardian : « Nous partons du principe que les expériences de santé sexuelle et reproductive sont interconnectées. (…) Nous ne devrions pas isoler le post-partum de la ménopause, le sexe de la fertilité, ou le contrôle des naissances d'une fausse couche. »

Peu à peu, le phénomène s’institutionnalise, comme le montre le témoignage de Vanina au média Milk. Assistée dans sa grossesse par une doula, la jeune femme avance qu’il serait judicieux d’envisager la déduction d’impôt ou le remboursement de la prestation par la Sécurité sociale. À ce jour en France, les séances coûtent entre 40 et 70 euros, et 200 et 400 euros pour le jour de la naissance.

Pas étonnant lorsque l’on constate le regain d'engouement pour les médecines douces et les thérapies alternatives, à l'instar du yoga kundalini, une forme de yoga supposée relancer le système nerveux, lymphatique et digestif, ou encore la pratique de l’hyperventilation, censée accélérer la pensée et provoquer des hallucinations éclairantes... À l'heure où l'on prône le retour à des modes de vie plus naturels et à des soins médicaux moins invasifs, les doulas ont de beaux jours devant elles.

Laure Coromines - Le 30 avr. 2021
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