gos plan sur une dose de proteines en poudre

Peut-on manger écolo sans être vegan ? Réponses avec les protéines de substitution

© Kelly Sikkema

À trop débattre du sexe des chipolatas, on oublie l’essentiel : notre modèle alimentaire actuel n’est pas tenable. Les avancées des biotechnologies proposent des alternatives. Sommes-nous prêts à les accepter ?

Chaque mois, L’ADN vous invite à la rédaction pour tenter d’avoir un demi-temps d’avance, mieux comprendre pour mieux agir. C’est Tendances & Mutations, le podcast de L’ADN dont le deuxième épisode est consacré à l’évolution de notre alimentation. 

Pour évoquer les leviers de la transition alimentaire, nous avons réuni une entrepreneure des protéines de substitution (la cofondatrice de Bon Vivant, Hélène Briand), un spécialiste des biotechnologies (le directeur startups et entreprises de Génopole, Olivier Tomat), une romancière ex-critique gastronomique (la rédactrice en chef web de Femme actuelle et Cuisine actuelle, Marie Aline qui a récemment publié Les Bouffeurs Anonymes) et la directrice du planning stratégique de l’agence NAMIBIE (l'autrice de Spiritualité alimentaire, Louise Laclautre).

Nos assiettes émettent (beaucoup) de CO2

Nous aurions tort de nous détendre du barbecue. L’élevage est à l’origine de 14,5 % des émissions de CO2 et occupe 27 % des sols, l’équivalent de tout le continent américain. Or, d’après l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la demande en protéines animales augmentera de 50 % à 100 % d’ici à 2050.

La carte présente les émissions totales régionales de CO2 et leur profil par espèces.
Émissions de CO2 par l'élevage par région.
Source : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.

D'après une étude publiée dans la revue Nature, remplacer seulement 20 % de notre consommation de bœuf et d’agneau par un substitut de viande d’ici 2050 pourrait réduire de moitié la déforestation et les émissions de gaz à effets de serre associées à l’agriculture. 

Quels sont ces substituts ? Comment répondre à ce besoin grandissant de protéines sans dépasser les limites planétaires ?

La transition écologique passe par notre assiette

Les biotechnologies affichent des performances environnementales remarquables. Les protéines de lait produites par Bon Vivant grâce à la fermentation de levures ont une empreinte carbone inférieure de 88 % à un litre de lait de vache. En revanche, pas question pour Hélène Briand de remplacer les agriculteurs : ces protéines sont à destination des industriels.

Comme pour toutes les innovations, la question du passage à l'échelle est clé. Mais pour Olivier Tomat, ces technologies sont désormais presque matures. Il compare même la révolution des biotechnologies à la révolution numérique.

Reste à faire passer ces produits dans nos assiettes ! Louise Laclautre rappelle le principe d’incorporation, c’est-à-dire la charge symbolique de ce qu’on ingère : notre régime nous positionne dans la société, dans des communautés presque religieuses.

Cela a inspiré Marie Aline pour imaginer ses Bouffeurs Anonymes, roman qui dépeint une société de l'ultra-modération, une aseptisation de l’existence imposée par une autoresponsabilisation. Mais l'ex-critique gastronomique nous rassure, dans la réalité, cela fait bien longtemps qu'on en a fini avec « le véganisme chiant ».

La question centrale est de savoir comment rendre l’alimentation durable désirable ? Nos invité.e.s ont quelques pistes : il est question de rapport au terroir, de goûts, de plaisir et d'égalité. La discussion ci-dessous est à consommer sans modération.

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