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Jean-Louis, ce « rockeur ringard » qui décoince la mode

Le 9 mars 2018

Personnage de fiction haut en couleurs, il est le nouvel ambassadeur des salons Who’s Next et Première Classe. Sa vocation ? Se marrer, boire de la bière, soutenir les jeunes créateurs et décloisonner tout ce petit monde en mixant professionnels et férus de mode grand public.

Du 1er au 4 mars, pendant la Fashion Week parisienne, le jardin des Tuileries accueillait « la bande à Jean-Louis », comme aime l’appeler Frédéric Maus, nouveau directeur adjoint des deux salons. Il s'agit d'un collectif d’une quarantaine de jeunes créateurs et créatrices chaperonnés par un vieux rockeur folklo. À mi-chemin entre la boutique physique et la Marketplace, le lieu éphémère s’ouvrait à qui voulait bien venir moyennant 20 à 30 euros. Amateurs de mode, de bonne musique et même de bonne bouffe… on y omettait la distinction (usée jusqu’à la corde) entre B2B et B2C et on y faisait un agile pied de nez à ceux qui ne jurent que par le numérique et la mode en ligne.

salon de mode

Photo : Quentin Chevrier

Personnage principal d'une BD éponyme, Jean-Louis se décrit comme un « ovni créatif et protéiforme » dont la mission est de soutenir la création au sens large du terme. « En 1982, il se fait enlever par des extraterrestres. Il fait son grand retour en 2017, amnésique et nu comme un ver, et enchaîne depuis toute une série d’aventures aux côtés de nos 42 créateurs ! », raconte l’ancien directeur de la Marketplace La Redoute. « Cette BD, c’est le premier support que l’on a créé pour tous les mettre en valeur. La première personne que nous avons décidé d’aider d’ailleurs, c’est son illustrateur, Sutter l’Immortel », poursuit-il, tentant de l’alpaguer parmi la foule.

illustration BD jean louis

illustration BD jean louis

De façon plus concrète, Jean-Louis donne accès à ses créateurs à divers leviers (évènements, réseaux sociaux, plateforme dédiée en ligne, corner phygital au BHV…) censés faciliter leur visibilité et la distribution de leurs produits. En prime, un espace non négligeable leur est attribué sur la Marketplace de La Redoute. « Avec 11 millions de visiteurs uniques par mois, c’est une opportunité en or pour eux, surtout quand on sait qu’il est extrêmement difficile d’y rentrer », poursuit-il.

Sur place, tout est brandé aux couleurs de Jean-Louis, même la bière, fraîchement embouteillée par deux compères qui la brassaient encore, il y a peu, dans le garage de Xavier Clergerie, fondateur et directeur du salon Who’s Next. « Ici, il n’y a pas que des fringues, c’est un univers à part entière ! », s’époumone Frédéric Maus pour couvrir le brouhaha ambiant.

Entre deux stands, on y trouve aussi des cuisiniers du projet citoyen « Refugee Food Festival » et même la première moto de dirt track électrique de la startup Jambon Beurre Motorcycle, aujourd’hui incubée à Station F. « Le décloisonnement est total. Ce n’est pas pour rien que nous avons installé une table de 45 mètres en plein centre du salon. Nous voulions que tous ces gens, créateurs, professionnels et amateurs, discutent, travaillent, se posent pour manger un morceau… c’est aussi ça la mode, ça n’existe que s’il y a du sang neuf et de la création. », souligne-t-il. « L’idée, c’est de se dire que le numérique n’est pas une fin en soi. On l’a trop longtemps opposé au physique et c’est une connerie, les gens ont besoin de voir et de toucher les produits. Quand on voit qu’Amazon rachète de grandes chaînes de magasin, que toutes les marques de retail n’ont plus que le mot omnicanal à la bouche, on voit bien que le numérique n’a pas tué le physique, bien au contraire ».

Photo : Quentin Chevrier

Un vêtement vous plait ? En scannant les illustrations Jean-Louis, l’un des 5 tomes de la BD, une étiquette ou une bouteille de bière, vous êtes redirigé vers le site du rockeur ou sur La Redoute. Mais attention, pour recevoir votre commande, vous devrez parfois l’attendre plusieurs mois, soit le temps nécessaire à sa fabrication. « Une chose est sûre, on ne voit pas ces créations de la même manière que l’amas de vêtements que l’on empile dans son dressing ! L’idée, c’est de recréer de la désirabilité autour du produit et de respecter la temporalité de sa confection », explique Frédéric Maus. « Slow shopping » versus « Fast fashion » en somme : « nous n’inventons rien, nous captons seulement là où va la société. Digitalisation, montée en puissance du grand public… les grands salons de mode ne peuvent plus se contenter de rassembler des marques et des acheteurs, et notre job, c’est de les remettre au centre de cet écosystème ».
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