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Le nu version selfie

Le 9 nov. 2014

Jillian Mayer met à nu les lois étranges du ‘selfie nude’ qui consistent à protéger notre identité tous en s’exposant. Elle livre une exposition composée de 400 Selfies du genre à Montréal.

En marge de l’affaire des photos volées de Jennifer Lauwrence, puis de Kate Upton, qui avaient été diffusées sur le net, force est de constater la tendance est au revenge porn : ce phénomène qui consiste à mettre en ligne des photos ou vidéos dénudées de son ex. à la suite d'une rupture. Des faits qui posent sérieusement la question des données privées sur internet et de leur sécurité. Pour autant, si les internautes ont conscience des dangers de cette pratique (notamment rapport aux proches, à la famille, au milieu scolaire ou professionnel), Jillian Mayer pointe du doigt le nombre croissant de ‘selfies nude’ sur la toile et postés directement par de jeunes femmes. L’artiste et cinéaste qui vit dans le sud de la Floride, a alors décidé de s’intéresser, sous couvert d’une exposition artistique, à cette démarche et d’en explorer toute la complexité inhérente.

«Lorsque j’ai commencé à me documenter sur leur sujet, j’ai trouvé un site donnant des conseils aux jeunes filles qui souhaitent se prendre nues en selfie. Le conseil qui m’a semblé le plus intéressant est de ne surtout pas montrer son visage. Fondamentalement, cela signifie dépouiller votre corps de votre identité et envoyer une image à quelqu'un dans l’unique but que celle-ci soit sexualisée. J’ai pensé que c’était intéressant et drôle, mais aussi réellement terrible. Il est évident que ces conseils visent à protéger les jeunes filles, mais aussi à les préparer au fait qu'elles seront trahies. », a confié Jillian Mayer au Huffington Post.

L’artiste a alors décidé d’universaliser le propos en collectant 400 selfies du genre sur Tumblr, Google ou encore Reddit : des ‘égoportraits’ de femmes nues de tous les âges, formes et races. Elle a ensuite organisé des séances de photographie à Miami, où elle réside, pour les reprendre en modifiant numériquement les photos composites et en remplaçant réalistement les visages originaux par le sien. Les photos ont ensuite été re-téléchargées sur différentes plateformes d’internet.

 

«400 Nudes (2014) s’attaque aux questions d’identité, d’authenticité et de sexualité à travers un prisme transhumaniste. L’œuvre aborde des débats actuels dans la culture populaire sur le revenge porn, le féminisme à l’heure de Snapchat et la nature de l’exhibitionnisme, du voyeurisme, de la honte, de la sécurité et de la vie privée dans le paradigme des moteurs de recherche et leurs flux de contenu apparemment infinis. », précisent les organisateurs de la Biennale de Montréal.

400 nudes est actuellement exposé au Musée d’art contemporain de Montréal jusqu’au 4 janvier 2015.

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