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La Bolivie heurtée par le dernier jeu d'Ubisoft

Le 7 mars 2017

Le dernier jeu d’Ubisoft donnera-t-il lieu à une crise diplomatique entre la France et la Bolivie ? Le pays y est dépeint comme contrôlé par les trafiquants de drogue. Une image qui déplaît fortement au ministre de l’Intérieur…

La fiction a-t-elle un impact sur nos représentations ? Evidemment que oui, et c'est même toute la bataille du soft power... Les Etats ont bien conscience que le cinéma a drainé des clichés tenaces... le cinéma hier, et aujourd'hui les jeux vidéos...

La promo du nouvel opus de la saga Tom Clancy’s Ghost Recon, intitulé Wildlands bat son plein. Et si elle ravit les joueurs, elle n’est pas du tout au goût du gouvernement bolivien. Les équipes d’Ubisoft, à l’origine du jeu, ont dépeint une Bolivie fictive (mais amèrement réaliste), en proie au cartel de La Santa Blanca. Les dealers font la loi, le peuple souffre, et l’image du pays en prend un coup.

Tom Clancy's Ghost Recon Wildlands : Ruthless Director's Cut

Le succès annoncé du jeu, qui a été téléchargé dans sa version beta par près de 7 millions de fans, inquiète le ministre de l’Intérieur, Carlos Romero. Ce dernier a signalé aux journalistes s’être emparé du sujet : dans un courrier envoyé à l’ambassadeur français, il demande que le gouvernement intervienne au plus vite. Il se réserve même la possibilité de présenter le problème à la justice !

Si Ubisoft a beau se défendre que le jeu reprend un univers fictionnel et que la Bolivie a été choisie pour ses « paysages magnifiques et la richesse de sa culture », le ministre a l’air de voir l’intention d’un autre œil…

Une polémique qui pourrait prêter à sourire si elle ne faisait pas douloureusement écho à la situation du pays, qui est le troisième producteur de feuilles de coca (qui servent elles-mêmes à produire de la cocaïne, au cas où le doute subsisterait).

L'histoire prouve à quel point l'influence dans l'univers du jeu vidéo est importante : là où les marques-pays comptaient plutôt sur la TV pour la promotion de leur image, elles sont désormais inquiètes de ce qu'elles peuvent renvoyer à travers une console.

On se demande où en serait Hollywood si la Russie ou la Chine s’étaient élevées contre tous les producteurs qui caricaturent leurs pays… Pas sûr qu’on aurait eu grand-chose à se mettre sous la dent niveau films d’action…

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