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Ils disent non aux robots sexuels

Le 21 sept. 2015

On n'a pas encore pris conscience qu'ils existaient vraiment que certains se mobilisent déjà contre eux. En Angleterre, certains comptent bien faire front au marché florissant des robots à vocation sexuelle.

Après la banalisation des sextoys, les robots sexuels commencent à envahir le marché industriel. Il y peu Pornhub annoncait le lancement du TwerkingButt, un fessier connecté ultra-réaliste puisqu’il a une texture presque similaire à celle de la peau humaine et, en son for intérieur, assure la même température que celle du corps (36 degrés), ainsi que des vibrations et des massages personnalisés. La société RealDoll de son côté produit désormais de véritables humanoïdes, capable d’interagir pendant les rapports sexuels. Abyss Creations s’est également spécialisé sur ce marché. Mais dans ce domaine, le robot star reste certainement Roxxxy, invention de True Compagnion : l’équivalent d’une poupée gonflable disposant d’organes sexuels artificiels, de capteurs placés aux endroits « stratégiques » et d’une intelligence artificielle qui lui permet d’interagir avec son utilisateur.

Douglas Hines, directeur exécutif de la compagnie, estime que Roxxxy n’a pas été conçue pour supplanter l'épouse ou essayer de remplacer une petite amie. Elle pourrait néanmoins aider les personnes célibataires, handicapées ou veuves à retrouver une certaine forme de bonheur et d’épanouissement. Il confie d’ailleurs avoir déjà reçu des milliers de précommandes. D’autres adeptes considèrent que ces robots n’ont rien d’humiliant, au même titre qu’un sextoy ne l’est pas pour une femme. Ces nouveaux compagnons pourraient en outre réduire la prostitution ou la violence sur les prostituées.

Des arguments qui ne convainquent pas tout le monde. Si le Dr Richardson (spécialiste de l’éthique des robots à la De Montfort University, Leicester) a conscience qu’il s’agit un marché en pleine explosion, elle souhaite alerter l’opinion publique sur les dangers de ces « accessoires » et leur véritable rôle.

Selon elle, leur utilisation va renforcer les stéréotypes traditionnels sur la femme objet : une relation ne doit être rien de plus que physique. « Nous pensons que la création de ces robots va contribuer à créer des relations préjudiciables entre les hommes et les femmes, les adultes et les enfants, les hommes et les hommes et les femmes et les femmes », explique-t-elle.

Elle est aujourd’hui le porte-parole d’une campagne visant à interdire le développement de robots à vocation sexuelle« Une telle utilisation de la technologie est inutile et indésirable ».

Le Dr Kevin Curran, un membre de de l’Institute of Electrical and Electronics Engineer, a d’ailleurs déclaré à la BBC : « nous serions naïfs d'ignorer les forces de ce marché pour les« robots intimes ». Construire des robots humanoïdes est assez facile. […] La transformation de ces robots en compagnons attrayants est aisée, tout comme le fait de leur rajouter une peau ». Il pense cependant qu’une réaction est inévitable, au même titre que pour les robots tueurs. « Bientôt les humains feront pression contre les compagnons-robots ou tout au moins crieront : « pas ça chez moi » ! ».

Le site dédié à la campagne précise : « Au cours des dernières décennies, un effort croissant à la fois universitaire et industriel a été consacré à la mise au point de robots de sexe : des machines aux formes de femmes ou d'enfants utilisés comme des objets sexuels, des substituts aux partenaires humains ou aux prostituées. […] Ces types de robots sont nocifs et contribuent aux inégalités dans la société. […] Ils réduiront davantage l'empathie humaine qui ne peut être développée que par une interaction sociale. […] Nous encourageons  les informaticiens et les roboticiens à refuser de contribuer au développement de ces robots de sexe, à ne pas fournir de code, de logiciels ou d’idées. »

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