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Elizabeth I

Une jeune Britannique veut montrer la part d'ombre des grands portraits de nos musées

Le 2 mai 2018

Passé colonial, esclavagisme, suprématie blanche… Avec « The Uncomfortable Art Tours », une jeune étudiante entend exposer au grand jour les vérités historiques peu reluisantes souvent éludées par les grandes institutions culturelles.

Mauvaise presse pour la National Gallery et la Tate Britain… Sur des portraits de la Reine Elizabeth I, de la Reine Victoria ou encore de Lord Nelson, héros victorieux de la bataille de Trafalgar, sont tagués à la bombe rouge les mots « suprémaciste », « voleuse » et « esclavagiste ». Non pas sur les peintures originales non, mais sur des affiches utilisées pour promouvoir les visites guidées d’Alice Procter, étudiante d’une vingtaine d’années en Histoire de l’art.

L'Histoire de l'art britannique est aussi l'histoire de l'Empire et du génocide.

Cherchant à mettre en lumière le contexte impérialiste au sein duquel certaines institutions ont vu le jour, elle propose aux visiteurs de certains musées londoniens (National Portrait Gallery, Tate Britain, National Gallery, Victoria and Albert Museum) de découvrir le rôle que le colonialisme a joué dans le façonnement et le financement de leurs collections. Mieux vaut donc laisser chez soi patriotisme et vieux cours d’histoire lorsque l’on y participe parce que l’orgueil en prend un sacré coup. « Comment les récits de l'Empire ont-ils vu le jour ? Qui les contrôle ? Et comment apprendre à déceler la vérité au travers du triomphalisme ? », autant de questions auxquelles Alice Procter tente de répondre durant son temps libre, au grand dam des musées.

C’est sur son site, The Exhibitionnist, qu’elle explique sa démarche, sans y aller par quatre chemins. « Dans un pays qui a échoué à plusieurs reprises à accepter son passé colonial, dirigé par des politiciens qui semblent penser que le passé est le futur, nous cherchons à résister à la nostalgie triomphaliste de l'Histoire de l'art. », peut-on y lire.

Selon Daily Mail, La National Gallery aurait déclaré ne pas consentir aux visites de la jeune femme. Un porte-parle de la Tate Britain aurait en revanche déclaré qu’une exposition sur l'art et l'empire britannique avait récemment été organisée.

Il y a des empreintes de main sanglantes sur les murs des galeries, et les corps des esclaves et des peuples colonisés dans les Fondations.

Alice Procter lance un appel à ces institutions pour qu’elles soient plus transparentes quant à l’acquisition de certaines pièces. Elle souhaite surtout déconstruire les mythes et exploits dithyrambiques véhiculés de génération en génération et aider le public à prendre de la distance avec le parcours de ceux qui ont été érigés en héros.

Une démarche militante qui rappelle celle de MoMar. En mars dernier, ce collectif d'artistes-activistes avait transformé la salle Jackson Pollock du MoMa de New York en un happening en réalité augmentée pour lutter contre l'élitisme dans les lieux de culture.


Plus d'informations sur les horaires des visites.

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