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Petit Navire, gros prédateur

Le 7 oct. 2014

Greenpeace s’attaque à Petit Navire et à ses méthodes de pêche. Et la petite boite de thon nous paraît tout à coup beaucoup moins inoffensive...

La semaine dernière, Greenpeace dévoilait les résultats d’analyses d’un échantillon de vingt boîtes de thon Petit Navire achetées dans toute la France en juillet. Les résultats dévoilés par un laboratoire indépendant est sans appel : les espèces de thon sont mélangées dans une même boîte, ce qui est tout à fait interdit par la législation européenne. En cause ? La méthode de pêche, le dispositif de concentration de poissons (DCP), qui ne permet pas de faire le tri et fait office de massacre invisible, dévastateur pour les écosystèmes marins.

« Dans 2 boîtes de Petit Navire sur 20, le laboratoire a retrouvé du thon albacore, alors que la boîte est étiquetée thon obèse », souligne Hélène Bourges, chargée de campagne Océans à Greenpeace. « Au-delà même du fait que cela soit interdit, cela prouve que  Petit Navire ne peut garantir la traçabilité de ce que contient ses boîtes, parce que la technique de pêche utilisée, le dispositif de concentration du poisson, prend tout ce qui passe autour, sans égard pour les différences d’espèces. La marque doit arrêter de vendre du thon pêché avec cette pratique. »

Un coup dur pour une marque leader sur le marché et qui pour l’instant n’a pas encore réagi. Pour appuyer ses propos Greenpeace dévoile un film d’animation en noir et blanc, diffusé sur le web et les réseaux sociaux. En mettant l’Homme dans la posture du poisson pêché en masse et sans distinction, l’ONG dénonce la technique destructrice, le dispositif de concentration de poissons, DCP, qui porte également atteintes aux espèces menacées comme les requins, les tortues et les raies. Les requins sont notamment rejetés à la mer, morts ou mourants: les scientifiques estiment à 960 000 le nombre de requins soyeux tués à cause des DCP chaque année dans l’océan Indien, d’où provient près de 80% du thon vendu par Petit Navire, affirme Greenpeace.

L'organisme tient également à rappeler à Petit Navire que, selon un sondage CSA, 95% des Français sont contre les techniques de pêche industrielles destructrices qui alimentent cette industrie, et 79% sont prêts à payer environ 20 centimes plus cher une boîte de thon pêché durablement.

 

Sylvie le Roy - Le 7 oct. 2014
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