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Mr Bingo artiste numerique

Mr Bingo, l'artiste enragé qui insulte ses fans via carte postale (et qui le vit bien)

Le 6 sept. 2018

Les haters de Twitter ont trouvé leur maître ! Mr Bingo, artiste enragé, s'est fait connaitre en envoyant des cartes postales d'insultes à ses fans volontaires.

 
 
 
 
 
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Nice to see one of my Dirty Queen ‘artworks’ in @ladneu magazine 👍🏻🇫🇷

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Sur scène, il déboule en short rose et en Converses jaunes. Il cultive un humour incisif « so british », et mitraille le public d’insultes - « buttface », « cunt », « shitface »… - sans s'épargner lui-même. « Mr Bingo : Artist, speaker and twat » (comprendre « petit con »), ainsi se présente-t-il sur son propre site.

Pathologiquement réfractaire à toute forme d’autorité, cet ancien illustrateur free lance a cependant réussi à travailler près de vingt ans pour des marques prestigieuses et des médias internationaux – The New Yorker, The New York Times et The Guardian. Une expérience heureuse et traumatique à la fois, qu’il ne se lasse pas de tourner en dérision dans beaucoup de ses travaux. « C’est vrai, j’ai une attitude de petit merdeux, mais j’ai aussi travaillé plus dur que la plupart des gens ces vingt dernières années », confie-t-il.

Et puis, c’est la goutte de trop qui le fait basculer. Le magazine Dazed (anciennement Dazed and Confused) lui demande d’imiter le style de l’illustrateur Andrew Rae. « C’était insultant pour moi, comme pour lui. J’en ai déduit que ses tarifs étaient trop élevés pour qu’ils puissent s’offrir ses services et qu’ils cherchaient quelqu’un de moins cher. J’ai démissionné en acceptant une avance. Ils ont mis huit mois à me payer », explique Mr Bingo. En guise de vengeance, il achète l’URL dazedandconfusedmagazinearebunchofcunts.co.uk. Sur la page, aujourd’hui inactive, une note jetée sur un Post-it à destination du magazine : « Où est mon putain d’argent ? » Acide, claire, cash.

 
 
 
 
 
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Talking about nudity and art on stage at @forwardfestivals in Zurich last week. Amazing 📸 by @jmvotography 🙌🏻

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De son travail de cette époque, ne cherchez pas, il ne reste presque rien en ligne. Il a supprimé l’intégralité de son portfolio professionnel. Cela ne lui correspond plus. Aujourd’hui, il est artiste, à sa façon. « Quand on y réfléchit bien, tout ça n’a pas grande importance et je suis parfois surpris de voir à quel point les gens semblent prendre la vie au sérieux », déclare celui qui a trouvé son pseudo complètement bourré, dans le sud-ouest de l’Angleterre. « J’ai joué au Bingo lors d’un gala dans le Kent en 1998 et j’ai gagné 141,26 livres. C’est là que l’on a commencé à me surnommer Bingo. J’ai ajouté le préfixe “Mr” quelques années plus tard, saoul dans une cuisine, à Bath », poursuit-il.

Le reste coule de source. Un soir de 2011, il lui prend l’envie d’envoyer une carte postale à un inconnu. Sur Twitter, il écrit : « J’enverrai une carte postale avec un message offensant à la première personne qui me répondra. » L’heureux gagnant s’appelle Jonathan Hopkins. Il se voit récompensé d’un billet, premier d’une longue série, sur lequel est inscrit : « Fuck you Jonathan, fuck you and fuck your shit legs », phrase illustrée par un dessin de jambes. « Je ne savais même pas à quoi ses jambes ressemblaient, ni même s’il en avait », plaisante-t-il.

 
 
 
 
 
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Design for a tea towel. Let me know if you want one 👍🏻

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Postée sur les réseaux, sa première carte génère un engouement inattendu. Très vite, des twittos réclament leur courrier personnalisé. Ils sont même prêts à payer pour se faire insulter par leur illustrateur préféré. Sur son site, Mr Bingo ouvre alors le service « Hate Mail » et se met à croquer ses fans en les injuriant, moyennant quelques pounds. Les requêtes sont tellement nombreuses qu’il finira par délaisser le projet. En 2015, il lance un Kickstarter (et un clip de rap) pour financer une rétrospective en livre.

« Sur les réseaux, j’essaie d’être drôle, attachant et provocateur. J’y consacre du temps et je discute avec tous ceux qui me parlent. C’est intime, personnel et cela crée beaucoup de loyauté. Je recherche naturellement l’attention et je veux que les gens aiment mon travail, c’est un débouché très naturel pour moi, je le fais presque sans y penser », rapporte Mr Bingo.

Il semblerait que le sale gosse qui fulmine contre « les cons » soit plein d’égards pour ses fans. Dans la vraie vie, il leur donne des rendez-vous. Avec certains d'entre eux, il lui est arrivé de se soûler dans un train, d’autres fois de les dessiner nus. De temps à autre, il organise des rendez-vous galants. Sur son shop en ligne, on retrouve ses créations les plus emblématiques : de la reine d’Angleterre dans son plus simple appareil avec un timbre officiel en guise de tête, jusqu’au rouleau de papier peint sur lequel il dessine des managers dans des postures absurdes et parodie la futilité des réunions de bureau.

 
 
 
 
 
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« Tous ceux qui m’ont entubé dans la vie se retrouvent aujourd’hui dans mon travail. J’en tire une satisfaction immense. J’aime faire référence à des choses qui m’ennuient ou m’ennuyaient dans le passé, cela fait que j’apprécie d’autant plus ce que j’ai aujourd’hui ! »

 

À SUIVRE

Site : mr.bingo

Instagram : mr_bingstagram

Twitter : @Mr_Bingo

 

Crédit photo : Claudia Rocha

 


Cet article est paru dans le numéro 15 de la revue de L'ADN consacré aux Générations. Pour vous procurer ce numéro, n'hésitez pas... cliquez ici !


 

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